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Azerbaïdjan Haut-Karabakh
©STRINGER / AFP

Rôle de la France

Le conflit du Haut-Karabakh ou la faillite de l’humanisme français

Depuis le début du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabakh, les pétitions de soutien aux Arméniens se sont multipliées en France suite aux liens d’amitiés entre le peuple français et arménien. Ces liens sont-ils suffisants pour que la France rompe avec sa neutralité et s’engage résolument aux cotés des Arméniens ?

Mirvari  Fataliyeva

Mirvari Fataliyeva

Mirvari Fataliyeva est Présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan et Secrétaire Générale de l’Association des Amis de l’Azerbaïdjan. 

 

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A la faveur de la guerre qui, depuis le 27 septembre dernier, a opposé l’Arménie à l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabakh et de sept provinces adjacentes, nous avons vu fleurir en France nombre de pétitions de soutien aux Arméniens.

Même si cela peut surprendre, nous azerbaïdjanais et amis de l’Azerbaïdjan comprenons les liens d’amitiés entre le peuple français et arménien qui sont le fruit d’une histoire commune ancienne.

Même si cela peut continuer à surprendre, nous azerbaïdjanais et amis de l’Azerbaïdjan prenons en compte le poids de la communauté arménienne en France, son implication dans la société civile, comme dans le jeu politique de nombreuses villes et circonscriptions.

Mais ces liens sont-ils suffisants pour que la France rompent avec sa neutralité et s’engage résolument aux cotés des arméniens, comme l’inflation d’initiatives, de  pétitionnaires et  de votes parlementaires le demandent ?  Ces liens permettent ils l’omission de la souffrance du peuple azerbaïdjanais ?

En effet, c’est tout d’abord oublier la grande détresse des 800 000 déplacés internes azerbaïdjanais, chassés de leurs terres natales, victimes de la purification ethnique pratiquée de façon violente et méthodique par les Arméniens dans les années 1990. C’est aussi faire fi de la mémoire des 613 civils azerbaïdjanais massacrés en une seule nuit dans la ville de Khodjaly le 26 février 1992 bien que ces crimes aient été dénoncés dans le rapport de « Human Right Watch» de 1992 et  reconnus par la communauté internationale. Ces 613 civils exécutés semblent réduites à ne jamais émouvoir, pas plus aujourd’hui qu’hier…et à ne jamais bénéficier de l'élan compassionnel ni de l'aide humanitaire français.

Ensuite, c’est aussi oublier que l’armistice signé le 9 novembre par les belligérants qui  consacre la défaite militaire de l’Arménie permet tout simplement la restitution à l’Azerbaïdjan de ces territoires illégalement occupés depuis 1993.

Enfin, c’est ne pas vouloir entendre ce que les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont publiquement dénoncé tel que l’usage dévastateur, par l’Arménie, de bombes à sous-munitions interdites par les traités internationaux et c’est donc oublier que durant ces 44 jours de combats, une centaine de civils, parmi lesquels de nombreux enfants en bas âge, ont été tués par des missiles balistiques arméniens délibérément tirés sur des quartiers résidentiels de villes azerbaïdjanaises.

Aussi, comment expliquer cet humanisme français à géométrie variable ?  

Comment expliquer cet humanisme à géométrie variable alors que ce conflit  a révélé la présence de combattants français d’extrême droite dans le Haut-Karabakh au plus fort de la guerre de consternantes campagnes de haine orchestrées par des activistes arméniens en France contre des journalistes et des élus de la République refusant tout partisanisme dans ce conflit.

Comment expliquer cet humanisme à géométrie variable alors, comme l’ont noté plusieurs sources de médias en France la politique de terre brûlée menée par les Arméniens qui dans leur retraite des territoires occupés, ont conduit certains à profaner des cimetières, des mosquées, raser des forêts, et détruire des traces de la présence culturelle ancestrale des Azerbaïdjanais.

Comment expliquer cet humanisme à géométrie variable qui risque d’entraîner dans son sillage la débâcle d’un certain humanisme français.

Sous couvert d’arménophilie, nous regrettons qu’une parole, que nous jugeons, nauséabonde pointe son nez, déshumanisant les victimes azerbaïdjanaises, au point d’occulter jusqu’à leur existence et leur tragique destin. Nous regrettons qu’au nom d’une solidarité ethnique, ou religieuse, des crimes de guerre soient volontairement tus et des appels vindicatifs soient lancés pour que les autorités françaises violent leurs engagements internationaux.

Face à ces signaux particulièrement alarmants, nous appelons au sursaut et à la mobilisation tous les humanistes de bonne volonté et tous les partisans d’une paix juste et pérenne entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

A chacun, Nous rappelons à cet égard que le droit international établit de façon claire la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur les territoires libérés après 27 ans d’occupation arménienne. Quatre résolutions ont d’ailleurs été votées par le Conseil de Sécurité de l’ONU et donc par la France, exigeant le retrait total, inconditionnel et immédiat des occupants arméniens. Ces résolutions, soutenues par la France, engagent et obligent les autorités françaises.

Nous notons que Jean Yves Le Drian a  jeudi dernier affirmé ne «pas partager» cette demande de reconnaissance, en soulignant que «nos amis arméniens ne le demandent pas eux-mêmes» et qu’une telle décision «reviendrait à nous exclure nous-mêmes de la co-présidence du groupe de Minsk» qui associe Paris, Moscou et Washington dans la recherche d'une solution et que «Ce serait renoncer à notre rôle de médiateur».

Espérons que ses paroles soit l’annonce que l’humanisme français n’est ni mort, ni à géométrie variable.

Mirvari FATALIYEVA 

Présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan

Secrétaire Générale de l’Association des Amis de l’Azerbaïdjan

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