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Les entrepreneurs parlent aux Français

La coupe est pleine. Insurrection ? Désobéissance ? Révolte ? Les PME et TPE ont-elles encore le choix ?

Denis Jacquet évoque cette semaine les injonctions contradictoires du gouvernement et des autorités dans le cadre de la lutte contre la Covid-19.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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La démocratie est-elle l’obéissance aveugle à un pouvoir qui serait légitime sur tout à partir du moment où il a été élu librement ? Ou, au contraire, la démocratie consiste t-elle à garder le contrôle sur les élus, quand ils sombrent dans une dérive liberticide pour laquelle personne ne les a élu ? Est-ce que la Loi d’un pays démocratique doit être respectée sans discussion ou est-il sain de la contester voire de lui désobéir quand elle quitte les rails de la justice, de l’équilibre et du bon sens ? Doit-on s’opposer à la Loi, serait-ce même un devoir, le jour où elle est utilisée au mépris de nos libertés ? N’est-il pas indispensable pour le peuple de refuser la loi quand son application est injuste et détournée de son objectif ? Quand elle est traînée dans la boue par ceux qui pensent pouvoir la tordre aux besoins de leurs délires technocratiques ? C’est la question que nous devons nous poser. Maintenant !!

Le gouvernement, le nôtre comme un certain nombre d’autres en Europe principalement (mais pas tous, loin s’en faut), a choisi son camp. Celui de la vie à tous prix, même si cela doit coûter la vie, à tous ceux qui restent. Le plus petit nombre doit l’emporter et personne ne doit contester une politique censée éviter des morts supplémentaires. La discussion est sèche et sans relief. On ferme, on étouffe, afin d’éviter le débordement de nos services de réanimation, et il n’y a pas à discuter, c’est ainsi. C’est le choix de la vie. Malheureusement le problème n’est pas seulement mal posé, il est vicieusement émasculé, car le vrai débat n’est pas celui-là. Le véritable débat c’est de comparer avec précisions les dégâts des 2 situations extrêmes possibles : Celle de laisser l’économie ouverte face à celle consistant à reprendre son blocage. 

Or personne, ne pose le débat en ce sens. On aborde timidement de temps en temps, l’impact économique, pour nous leurrer, en nous indiquant que le plan de relance y pourvoira. Bruno Lemaire, osait même il y a 10 jours, alors que ce plan n’est pas vraiment en place, qu’il produisait déjà ses effets !! Ils doivent vivre à Bercy, une situation d’apesanteur que nous, pauvres humains ignorons totalement. Pour faire un choix, il faut évaluer les conséquences de chaque choix, et, en politique, choisir à priori, le bénéfice au plus grand nombre. Nous faisons tout le contraire. Raison pour laquelle, il nous faut entrer en résistance.

Quelques questions que nous pourrions nous poser :

Pourquoi un malade du covid (à l’heure de report d’hospitalisations) serait-il plus essentiel qu’un malade d’une autre maladie. Y aurait-il dans cette nouvelle démocratie à géométrie variable, une égalité devant l’impôt, la loi, mais plus devant la maladie. Ces enfants leucémiques que l’on tient parfois éloignés de l’hôpital, ces malades chroniques qui souffrent le martyr et dont l’hospitalisation devra attendre, sont-ils devenus des malades au « petit microbe », qui doivent laisser leur place à des patients majoritairement (plus de 45%) de plus de 84 ans et atteints de comorbidité ? Je ne donne pas la réponse. Je dis simplement, qui pose la question ?

Pourquoi serions-nous contaminants à partir de 22H dans les bars, mais pas avant ? Dans les restaurants mais pas dans les avions, les transports en commun ? Pourquoi avons-nous envisagé qu’un évènement de plus de 5000 personnes soit interdit, quand il restait possible à 4999 ? Pourquoi serait-ce les bars qui favoriseraient la contamination, plus que l’école, la rue, les transports, le travail ? Pourquoi toujours punir les mêmes ?

Pourquoi la police a pu, en hélicoptère, patrouiller à 1436eur de l’heure pour verbaliser des gens se baladant seuls près de la dune du pila, pendant le confinement, pendant que les consignes, pour ne pas embraser des banlieues confinées, ont été de les laisser continuer tranquillement leur deal de drogues et violences diverses, que les rodéos motos continuaient impunis ? La gestion du Covid et sa justice répressive aurait-elle choisi la facilité, en punissant les plus faciles à abattre ? Les gens qui bossent ? Qui tentent de continuer à vivre ? Il y aurait donc une prime à la délinquance et une punition du travail ? Même les communistes n’y avaient pas pensé…

Et surtout qui a pensé à ces conséquences ?

1.6 milliards d’enfants, sont toujours privés d’éducation, pour protéger quelques milliers de victimes supplémentaires ? Est-ce un désastre que nous trouvons juste et démocratique, surtout que la plupart des victimes en sont les personnes déjà les plus fragiles, les plus éloignées d’une chance dans la vie, que seule la formation peut ébaucher ? Est-ce que quelques vies sauver pour condamner la leur est bien raisonnable ?

200 Millions de personnes vont rejoindre le seuil de l’extrême pauvreté du fait ce blocage mondial. Le fait que les occidentaux riches télé-travaillent depuis leur résidence secondaire pour échapper à la contamination, ne leur parle qu’assez peu. On avait mis 50 ans à les en sortir, ils y resteront peut-être encore 50 années de plus, pour extraire de leurs mains nues, les métaux rares qui composent les smartphones que nous utilisons pour suivre l’épidémie qui nous terrorise. Est-ce bien humain ? Juste ? Légitime ? Proportionné ? Eux rêvaient d’un travail tout court, et ils voient le travail s’éloigner, et pas au sens télétravail du mot.

L’Inde a stoppé le confinement. Oui. Les gens mouraient de faim ! 50 000 morts sur plus de 1.8Mds d’individus, c’est un prix bien faible à payer, face à la souffrance possible de centaines de millions.

Je pourrais continuer cette liste, elle est à « couper le souffle », elle me laisse sans oxygène, sans même souffrir du Covid. J’ai la nausée et nous aurons, si nous ne faisons rien, les mains sales, et aucun gel hydro-alcoolique ne pourra rien y faire. Cela restera comme un tatouage sur la face de nos démocraties. Nos « démocraties » occidentales sont à la traîne et enchaînent avec retard, sur les pays les plus efficaces (l’Asie), les erreurs les plus stupides. Au final, le seul pays disposant d’un potentiel de croissance pour 2020 est la Chine, où le masque n’a presque plus court à Shang-Hai depuis quelques jours. L’isolement des seuls malades, traqués sans faille, de façon peut être autoritaire, mais au moins efficace, quand nos démocraties, elles, nous  condamnent à la disette et à la souffrance.

Posé en ces termes, la fermeture des bars et restaurants, le « rouge » écarlate d’un gouvernement tout à coup passionné de prisme chromatique, est une mesure indigne, ridicule, insignifiante. L’interdiction des évènements également. Devant le monstre social et humain que nous sommes en train de créer, avec une évaluation sans cesse revue à la hausse de PME et TPE qui vont passer l’arme à gauche, il est temps de dire NON. De résister. De refuser. De retrouver notre « virilité », ce temps béni où nous avions le courage de descendre dans la rue pour refuser aux pouvoirs absolus et injustes, le droit d’utiliser des outils de justice pour la violer. Cessons de céder à ceux qui prétextent de notre santé pour nous priver de notre liberté.

Si nous laissons tout ouvert, en nous masquant partout, en isolant les personnes testées positives, en laissant les hôtels, les restaurants, les bars, les discothèques, les évènements se faire à nouveau que risquons-nous ? De vivre !! Ce n’est pas de risquer la mort, c’est de conserver la vie. Certainement, nous perdrons quelques-uns de nos concitoyens, mais nous épargnerons tous les autres, y compris les malades d’autres maladies. 

Selon l’INSEE, il y a eu moins de morts en mars 2020 qu’en Mars 2018, et nous avons chaque jour, en moyenne 1670 morts en France, donc en risquer un peu plus, se justifie quand on estime, que la démocratie consiste à tout faire pour chacun, mais jamais sacrifier une minorité pour une majorité. Cela n’a rien d’inhumain, c’est même tout le contraire. Préférer sauver 1000 ou 5000 de plus, et sacrifier la vie des 68M restant le serait. 

Installons des lieux prêts à recevoir les malades, utilisons ces corticoïdes qui désormais soulagent facilement les crises respiratoires, montrons que nous savons utiliser les respirateurs que nous sommes censés avoir commandé au consortium mené par Air liquide. Et vous verrez. Tout ira pour le mieux.

Je propose donc aux PME, TPE, de la culture de l’évènementiel, de la restauration de rentrer en résistance. Ne fermez pas. SI on vous ferme, ré-ouvrez. Si nous restons TOUS ouverts, ils ne pourront venir nous fermer, ils ne sont pas assez nombreux et la population nous soutiendra. Ils sont à bout aussi. De nôtre côté, mobilisons nous, et mettons en place une cagnotte pour venir en aide à ces restaurateurs merveilleux, qui font la fierté de notre pays, dont plus 30% sont en train de disparaître, et nous paierons les amendes qu’une police devenue militaire et répressive vis-à-vis des travailleurs, ne manquera pas de leur infliger pour ne pas se déjuger et financer son plan de relance, qui ne sauvera que ceux qui sont déjà sauvés. 

Nous sommes prêts à vous soutenir, lançons le mouvement, il est temps d’interdire d’interdire, retrouvons l’esprit 68, reprenons nos esprits et donnons une leçon de démocratie et de courage à ceux qui nous volent notre liberté et nous enferme toujours, 6 mois après le début de la crise, dans nos propres frontières. STOP. Cela suffit

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