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L'Humanité se surpasse dans le comique. « Le gouvernement a fait appel à des cars privés pour briser la grève ! », s'indigne le journal. Rions un peu.
©PHILIPPE LOPEZ / AFP

Implacable justice prolétarienne

L'Humanité se surpasse dans le comique. « Le gouvernement a fait appel à des cars privés pour briser la grève ! », s'indigne le journal. Rions un peu.

Le ridicule ne tue pas en France. Sinon, il y a longtemps que l'organe du Parti communiste français serait mort.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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D'un ton grave, le procureur Patrick Le Hyaric, également directeur de L'Humanité, ouvrit la séance du Tribunal du Peuple. « Camarades, nous sommes réunis ici pour juger un crime inexpiable. Un de ces crimes monstrueux dont seule la bourgeoisie est capable ». La salle retenait son souffle.

Le procureur continua. « Les valets de l'impérialisme ont une fois de plus obéi aux ordres des vautours de la finance dont ils sont les laquais stipendiés. Pour briser le magnifique élan du prolétariat révolté qui s'est mis en grève, ils ont fait appel à des cars privés ! ». Un frémissement d'horreur parcouru l'assistance.

Retenant sa colère, Patrick Le Hyaric continua : « Le châtiment doit être exemplaire, juste et implacable. Il faut apprendre à ces hyènes qu'on ne bafoue pas impunément la volonté du peuple ». « À mort ! À mort ! », crièrent les camarades hors d'eux.

L'un d'eux se leva. « La mort, ce serait trop rapide. Et si on essayait le knout ? Nous en avons un stock offert par le bien-aimé camarade Staline en 1950 ». « Hélas, non, répondit tristement le procureur. Nous avons dû les vendre pour renflouer les finances du journal qui allaient mal ». Un silence de deuil accueillit ses propos.

Un autre camarade pris la parole. « Je tiens aussi à dénoncer un autre crime : les fabricants de chaussures continuent à vendre leurs équipements pour briser la grève ». Le visage de Patrick Le Hyaric s'illumina. « Oui, voilà ce qu'il nous faut. La vermine réactionnaire sera placée dans un camp de rééducation sur le plateau du Larzac. Et là, tous les jours, elle devra parcourir, pieds nus, 100 kilomètres ! ».

Un enthousiasme indescriptible s'empara de la foule. Avec une fausse note, toutefois. Un camarade, plutôt mal intentionné, lança : « Et si on rendait les 4 millions de subvention que nous verse chaque année le pouvoir aux ordres des capitalistes ? Ils sont entachés de sang car issus de l'exploitation des masses populaires ». « Euh... », fit Patrick Le Hyaric. Le provocateur fut abattu sur-le-champ.

Certes, nous forçons un peu le trait. Mais voici quand même la citation exacte de L'Humanité. "L'entorse au droit constitutionnel de grève n’empêche pas le gouvernement de dormir. Partout en France, des cars privés ont été sollicités pour tenter de réduire l'impact de la mobilisation." Par pure méchanceté, et bravant les foudres du Tribunal du Peuple, il nous plaît d'indiquer que toutes les municipalités communistes de la région parisienne ont affrété des cars privés pour amener des manifestants à Paris...

L'Humanité est devenu un journal drôle. Bête et méchant, mais pas comme le regretté Hara-Kiri avec ses talentueux collaborateursSi vous voulez rire et vous détendre, achetez L'Humanité ou, à défaut, volez-le...

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