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L’expatriation dans les paradis fiscaux intéresse des foyers fiscaux qui déclarent un minimum 25.000 - 30.000 euros par an.
L’expatriation dans les paradis fiscaux intéresse des foyers fiscaux qui déclarent un minimum 25.000 - 30.000 euros par an.
©Pixabay

L'Edito de Jean-Marc Sylvestre

Impôts sur le revenu : les paradis fiscaux destinés aux classes moyennes font le plein

La baisse d’impôts promise par François Hollande devrait profiter à quelques 8 millions de contribuables. Ces derniers ne semblent pourtant pas convaincus. Résultats, il n'y a pas que les riches qui fréquentent les paradis fiscaux. Les classes moyennes aussi préparent leur expatriations.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Il faut dire que les invitations au voyage pullulent. Les cabinets en expatriation, les avocats d’affaires, les grandes banques françaises ont établi une listes des pays à fiscalité "light" qui peuvent intéresser les classes moyennes. Les décisions annoncées hier, par le Président ne vont pas renverser la tendance de ce matraquage. Il n'y a donc pas que les riches qui ont fait leurs valises. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas attendu l’arrivée de François Hollande pour s’expatrier.

Ces très riches se retrouvent en Belgique où ils ne paient pas d’impôt sur la fortune, en Suisse où ils  négocient un forfait, à Londres où ils ne paient pas d’impôts sur le capital. Les plus exotiques peuvent tenter leur chance aux Bahamas, à Antigua ou à Barbuda, aux Iles Caïman. Mais quel ennuis que de vivre toute l’année entre le ciel et l’eau. A l’ombre des palmiers...

Depuis trois ans, tout s'accélère et cela concerne les Français qui ne sont pas riches mais qui dispose de revenus moyens ou supérieurs. L’expatriation dans ces lieux à faible fiscalité intéressent des foyers fiscaux qui déclarent un minimum 25.000 - 30.000 euros par an. Ces foyers paient de l’impôt, et cet impôt s’est beaucoup accru depuis deux ans.

Il faut dire que les moyens de communication permettent beaucoup de facilité aujourd'hui. Il y a beaucoup de salariés qui se partagent entre la France et un autre lieu où ils ont installé leur famille. Cela concerne surtout une majorité de retraités et beaucoup de fonctionnaires notamment. Quels sont les paradis fiscaux les plus attirants pour ces classes moyennes ?

Le Portugal tout d'abord.  Depuis un an, le pays offre un impôt sur le revenu très light à ses résidents étrangers et cela sur une durée de 10 ans. Les Français, mais pas seulement, se sont précipités du coté de Lisbonne. Le Maroc, qui espère devenir la Floride de l’Europe du Nord, offre l’exonération fiscale des revenus transférés au Maroc à ses résidents qui choisissent de vivre sur place au moins six mois dans l’année.

A Malte, les résidents peuvent être exonéré de l’impôt local sur le revenu. Les Anglais sont de très bons clients. A Gibraltar, on offre un passeport européen et une fiscalité très avantageuse avec des plafonds d’imposition très bas.

Dubaï, offre zéro impôt à ses résidents étrangers. Du coup Dubaï attire des retraites riches, des artistes et surtout des jeunes entrepreneurs. Sur l'île Maurice, vous aurez droit à un impôt sur le revenu plafonné à 15%. On y parle français et on y joue au golf. La première année ça va, la seconde année est déjà plus difficile à supporter... l’Europe est trop loin.

Londres est intéressant pour les jeunes qui ont créé leur entreprise. Les résidents non domiciliés peuvent y travailler et ne pas être imposés sur leurs revenus extérieurs pendant 7 ans. Les terrains d’atterrissage sont donc nombreux, mais le passé récent montre aussi que les classes moyennes ont du mal à évoluer et à vieillir loin de leurs racines où sont restés leurs enfants. Beaucoup rentrent après avoir passés deux ans au Maroc ou au Portugal. Ils rentrent pour des raisons d’écosystème et d’environnement, de niveaux d’équipement, de santé notamment.

Tout cela montre que les Français qui s’expatrient le font contraints et forcés par le risque d’étouffement fiscal. Et la plupart, jeunes ou vieux ne réclament qu’une chose : des conditions favorables à leur retour. Moins d’impôts et surtout une stabilité dans la règlementation fiscale et administrative.  

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