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Finkielkraut, apologiste du viol ? Bullshit au carré sur les réseaux sociaux
©ERIC FEFERBERG / AFP

Rhétorique hochet

Finkielkraut, apologiste du viol ? Bullshit au carré sur les réseaux sociaux

Alain Finkielkraut était invité de La Grande confrontation sur LCI ce mercredi 13 novembre 2019. Le philosophe est évidemment aussi hostile au viol que la première Caroline de Haas venue, mais qu’est-ce qui pousse une armée d’indignés à prétendre le contraire sur les réseaux sociaux ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Ça n’est pas scientifique pour un rond, adossé à aucune stat, juste de l'ordre de l'intuition, mais je crois que les gens aiment bien communier dans la haine. Que c’est une satisfaction plus grande que l’inverse. Dans le cas contraire, il y aurait certainement moins de gilets jaune, de skinheads en bombers et de syndicalistes étudiants (sic) fracassant tout sur leur passage au nom de leurs « valeurs » et davantage de bénévoles aux Restos du coeur.

Toute cette énergie collective négative se transformerait en énergie collective positive et, qui sait, il n’y aurait peut-être même plus besoin de Restos du coeur au bout d’un moment…

Cette réflexion me vient à l’observation d’un petit clip circulant sur les réseaux sociaux, permettant à des milliers d’outragés du clavier de réclamer la tête de Finkielkraut, lequel aurait fait l’apologie du viol en direct à la téloche ! Du viol ! A la téloche ! Excusez du peu.

Bon, bien entendu, à l’exception d’une poignée d’authentiques demeurés totalement inaccessibles à l’art de la rhétorique, on saisit bien que la majorité de ces indignés de circonstance aura parfaitement compris que le bonhomme répond en fait par antiphrase à Caroline de Haas, la start-uppeuse identitaire avec laquelle il tente d’échanger, et que non, il ne viole pas vraiment sa femme tous les soirs ! Et que, pas davantage, il n’appelle ses camarades porteurs de bistouquettes à faire de même !

Mais qu’importe, ça re-poste et ça re-tweete à tire-larigot car, on l’a vu, ça permet d’être sur la même longueur d’ondes conformiste que son voisin et, à la limite, c'est tout bénéfice parce qu’on n’a pas besoin de braver le crachin automnal pour intégrer la lynch mob du jour en cramant une bibliothèque universitaire, un abribus ou un Arc de Triomphe.

Ce qui est tout de même ironique (et je ne dis pas ça pour être méchant car on a vu que je préférais la gentillesse), c’est que cette Caroline de Haas si scandalisée par le rhéteur Finkie l’était beaucoup moins par certains de ses co-randonneurs du 10 novembre, lesquels portent pourtant un regard autrement plus dérangeant sur le viol conjugal.

Bah, elle doit préférer la litote à l'antiphrase...

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