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5 mots incontournables pour tout présidentiable sérieux.
5 mots incontournables pour tout présidentiable sérieux.
©Pixabay

Des mots pour les maux économiques

En quête de vision pour la présidentielle 2017 : 5 mots incontournables pour tout présidentiable sérieux

Il ne reste plus que quelques mois aux hommes politiques pour concevoir, élaborer et présenter aux électeurs un programme à défendre. Dans ce dernier, le spin doctor aura pour tâche de trouver le "bon slogan", c'est-à-dire les mots justes. Espérons que "confiance", "profit" ou encore "durabilité" ne seront pas délaissés, dans un contexte et des perspectives économiques plus que mornes.

UE Bruxelles AFP

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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Les présidentielles s’approchent ! Les rédacteurs de discours présidentiels sont sur la brèche. Ils cherchent le mot qui fera la différence, la phrase qui "imprimera". Le problème est qu’après le "travailler plus pour gagner plus", on a vu aussi ce qu’a donné le "je n’ai qu’un ennemi, la finance sans visage". Voici cinq mots qu’on pourrait retrouver. Ce serait si bien !

1 – Confiance, dans "pas de croissance sans confiance". Les Français sont prêts à faire des sacrifices, encore faut-il que ceci ait du (bon) sens. Il ne s’agit plus d’opposer droite à gauche, offre à demande, Keynes à Schumpeter… mais "modernité" à "avantages acquis". Pour en sortir, il faut une stratégie claire de modernisation, pour gagner à la fois en compétitivité privée et publique. La confiance dans le changement, avec ses avantages pour tous et dans la transparence, est cruciale. Aussi longtemps que la conquête de la confiance, puis son renforcement, ne seront pas au cœur de la démarche politique, rien ne marchera. On le voit.

2 – Profit, dans "le désendettement sans le profit, c’est la déflation". Ce sera le plus compliqué, mais c’est obligatoire. Il faut cesser de faire peur avec le mot déflation pour pousser aux changements. Parce que ça la fait arriver, en inquiétant tout le monde. Il faut parler de son antidote : le profit. C’est la vraie base de la remontée économique du pays dans cette phase de désendettement. Il doit être recherché et encouragé, comme aux Etats-Unis. On voit que ça marche, et surtout qu’il en faut bien plus que pour sortir des crises "normales". Le point de départ est la baisse de l’impôt sur les sociétés, avec homogénéisation des bases fiscales avec l’Allemagne. Ajoutons que les candidats populariseront l’idée (de bon sens aussi) selon laquelle la hausse des salaires ne peut excéder les gains de productivité. Ils devront faire la leçon aux syndicats de salariés, et aux patrons. Patrons pas "voyous" mais trop doux sur les salaires et pas assez communicants, ceci expliquant cela.

3 – Unique, dans "contrat de travail unique". Le contrat de travail doit être simplifié, unifié et complété, ceci voulant dire que les conditions de rupture doivent être établies dès le début. Ce contrat de travail deviendra valable pour toutes les activités non régaliennes. Les écarts de situation entre privé et public seront réduits, en liaison avec l’uniformisation du contrat de travail pour les nouveaux entrants et la possibilité de l’accepter pour les personnels sous "ancien" contrat public. Personne ne peut comprendre que des activités identiques n’obéissent pas aux mêmes logiques de mesure et de rémunération. C’est une question de justice, donc de progrès économique et social.

4 – Récompenses, dans "risque et implication méritent récompenses". Le profit rémunère le risque, le salaire rémunère le travail, les primes (sous toutes leurs formes) galvanisent l’implication. Aucune raison de les taxer pareil. Ils doivent être encouragés, selon des modalités différentes. S’impliquer plus et mieux doit être soutenu d’un côté, risquer plus de manière responsable d’un autre, selon des grilles à revoir. La liberté d’entreprendre permet la prise de risque, donc le profit, la croissance et l’emploi – dans un cadre légal s’entend. Les limites et freins à l’emploi (travail dominical, seuils…) seront supprimés, moyennant rémunérations adaptées et dans un cadre légal et négocié bien sûr (comme toute économie basée sur le contrat et la confiance). Partout, l’implication sera favorisée.

5 – Durable dans "prendre en compte la durée fera le succès de nos économies". Les investisseurs vont chercher des projets pour financer les retraites, la santé, la formation, la croissance durable, efficace et rentable. C’est plus que jamais la base de toute stratégie économique. "Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés". C’est dans la Déclaration de 1789.

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