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Comment la repentance anti-occidentale est devenu le moteur psychologique et idéologique du totalitarisme islamiste
©CHRIS YOUNG / AFP

Bonnes feuilles

Comment la repentance anti-occidentale est devenu le moteur psychologique et idéologique du totalitarisme islamiste

Plus l’on tue on nom de l’islam, plus l’Occident combat "l’islamophobie", plus on parle en bien de l’islam pour ne "pas faire l’amalgame"... Tel est le paradoxe de "l’islamiquement correct" signifiant le fait que la médiatisation des attentats jihadistes ne déclenche pas dans nos sociétés culpabilisées une mise à l’index des préceptes sacrés qui justifient la violence islamiste, mais renforce au contraire la propension à présenter toujours l’islam de façon positive. Extrait de "La stratégie de l'intimidation" d'Alexandre Del Valle, aux éditions du Toucan / L'Artilleur.

Alexandre Del Valle

Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient dans des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan) ou bien encore La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur). 

Son dernier ouvrage, coécrit avec Emmanuel Razavi, Le Projet: La stratégie de conquête et d'infiltration des frères musulmans en France et dans le monde, est paru en novembre 2019 aux éditions de L'Artilleur. 

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Nous avons vu tout au long de cet ouvrage et dans un essai précédent (Le complexe occidental), que ce qui choque le plus les tenants de l’islamiquement correct n’est pas tant l’identité radicale en elle-même, mais celle des seuls Européens-blancs judéo-chrétiens, sommés de saborder leur civilisation pour se faire «pardonner leurs fautes» passées. En revanche, on constate que tout ce qui va dans le sens de la (re)valorisation des identités non-occidentales et non-judéo-chrétiennes, en particulier la culture islamique, est présenté comme une « acceptation de la diversité» et une nécessaire manifestation de «tolérance».

A l’époque du «white is bad » et du « black is beautiful», le christianisme doit être «honteux » et rime nécessairement avec l’obscurantisme, tandis que l’islam et l’arabité doivent être « fiers» et sont censés évoquer la Science et la philosophie. Élites politiques et intellectuelles, stars bien-pensantes, groupes de rap «muslim», célèbres footballeurs convertis, journalistes moralisateurs et ligues de vertu fustigent de concert l’Occidental appelé à blâmer son Histoire, sa couleur et sa religion puis vantent en revanche les «Lumières de l’islam» et la nécessaire «fierté» des minorités exotiques supposées immaculées, spécialement la minorité islamique y compris la plus militante. Les musulmans «issus de la diversité» ou les «souchiens» convertis qui ont reçu les lumières de «la meilleure des religions» sont ainsi appelés à s’enorgueillir de leur communauté «sans tâche» face aux autochtones «croisés-mécréants» dont l’identité est noircie à jamais par les heures les plus sombres de l’Histoire occidentale. Selon cette vulgate manichéenne, ce n’est donc pas le suprémacisme qui est fustigé en lui-même, mais celui du seul Occidental condamné à perpétuité par le tribunal de la repentance. Ce ne sont donc pas les identités, même extrêmes, qui sont bannies au nom de la diversité et du melting pot, mais seulement celle du «petit-blanc» judéo-chrétien diabolisé. Les autres appartenances, spécialement l’arabo-islamique, la plus offensive et la plus revendicative de toutes, sont quant à elles appelées à être «préservées» en tant que victimes éternelles du bourreau judéo-chrétien-européen.

En réalité, les véritables responsables de cette situation de tolérance à sens unique ne sont pas les pôles de l’islamisme conquérant, lesquels sont – somme toute – cohérents avec leurs valeurs et «missions» lorsqu’ils profitent des contradictions internes des sociétés repentantes pour les pénétrer. Les premiers responsables de cette situation léonine sont les élites occidentales qui se laissent intimider par les professionnels de l’auto-sabordage identitaire, eux-mêmes alliés aux minorités tyranniques et aux lobbies islamiques mondiaux étudiés dans cet ouvrage.

Tout se passe en fait comme si les Européens étaient tellement culpabilisés pour leur histoire (croisades, Reconquista, Inquisition, colonisation, Shoah, «impérialisme», sionisme), que n’importe quelle disposition inverse visant à «réparer» ces fautes – quitte à encourager les appétits de conquêtes des prédateurs islamistes – serait la bienvenue. C’est en vertu de cette logique masochiste d’auto-sabotage expiatoire que chaque jour, d’innombrables associations islamistes anti-occidentales, rappeurs anti-blancs, souvent admirateurs de jihadistes, ou autres blogueurs « alternatifs» en vogue «issus de la diversité», comme Mehdi Meklat (chapitre VII), sont encouragés dans leur action de propagation de la haine banalisée et impunie envers les Européens « de souche». L’extrême indulgence et l’incroyable impunité dont ces «facilitateurs» de haine exotique jouissent n’est pas à mettre sur le compte des pôles de l’islamisme totalitaire, qui ne jouissent que des prébendes qui leur sont allouées par les «mécréants», mais sur celui des complices directs ou indirects du suprémacisme islamique: politiques, «faiseurs d’opinion », juges «islamiquement corrects», intellectuels «repentants», Ligues de vertu, idéologues et militants «islamo-gauchistes», et, bien sûr, affairistes prêts à brader leur civilisation et les intérêts de leurs patrie pour des gros contrats et des bakchichs. Sans oublier bien sûr les «idiots-utiles» culpabilisés prêts à tout pour donner des gages de tolérance, y compris en tolérant ceux qui ne les tolèrent pas.

Dans son essai impérissable paru juste à la fin de la seconde guerre mondiale, The Open society and its enemies, le philosophe et épistémologue anglo-autrichien Karl Popper, qui avait fui le nazisme pour trouver refuge à Londres, où il deviendra l’un des meilleurs connaisseurs du phénomène totalitaire, avait déjà averti de façon prémonitoire les sociétés libéral-démocratiques que le pire danger pour elles ne viendrait pas tant de l’extérieur que de leur propension suicidaire à ouvrir leurs portes et à tolérer, au nom de l’ouverture, leurs pires ennemis, y compris leurs prédateurs totalitaires. Son essai n’a pas pris une ride, comme celui d’Orwell 1.

Extrait de "La stratégie de l'intimidation" d'Alexandre Del Valle, aux éditions du Toucan / L'Artilleur

"La stratégie de l'intimidation" d'Alexandre Del Valle

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