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Ce secret du succès du handball français qui n'a rien à voir avec le sport

Acadomia et la Fédération française de handball ont conclu un partenariat afin de garantir aux jeunes joueurs un bon niveau scolaire. L'accès à l'équipe de France est impossible sans un bon socle de connaissances malgré le niveau sportif. C'est un modèle d'ascension sociale

Philippe Coléon

Philippe Coléon

Philippe Coléon est me directeur général d'Acadomia. 

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Atlantico : Quelle est l'importance du lien entre formation professionnelle et pratique du sport au haut niveau ? En quoi peut-on faire un lien entre le succès du Handball français et cet équilibre ?

Philippe Coléon : Chez Acadomia, nous nous positionnons sur la formation scolaire. En France, on oppose réussite sportive et réussite scolaire par contradiction avec les modèles anglo-saxons ou le sport est un moyen de s'élever. Aux Etats-Unis, un étudiant peut rentrer dans les plus grandes universités par ses performances en sport. En France, il est très difficile de conjuguer réussite scolaire et réussite sportive. Beaucoup de clubs et de fédérations essayent de trouver des solutions pour résoudre cette situation. Les entrainements nécessitent de plus en plus d'exigences au niveau des horaires notamment. Les horaires aménagés, consistent à laisser le choix aux jeunes de la possibilité de manquer des cours. Il ne s'agit pas d'une pédagogie adaptée à leurs problématiques. 

Des solutions existent. Nous avons passé un accord avec la Fédération Française de Handball. Dans leur philosophie, ils associent complètement la réussite scolaire et la réussite éducative. Un jeune handballeur âgé de 14 ou 15 ans doit pour réussir à entrer en équipe nationale avoir de bons résultats scolaires. La particularité de certains sports comme le handball, c'est d'exiger de la jeune élite de bons résultats  scolaires. La philosophie développée par le handball se retrouve dans l'autogestion et la responsabilisation des jeunes via l'éducation. 

Quel est l'apport réel de cet équilibre entre formation professionnelle et carrière sportive sur un joueur de handball ou d'un autre sport ? Comment cet équilibre se construit-il au fil des années ? A partir de quel âge ?

On regarde les résultats de l'équipe de France de handball depuis vingt ans. La gestion de l'équipe de France passe par la responsabilité et l'auto gestion de chaque joueur. Les racines de cette autonomie vient de l'éducation. Dans d'autres sports comme le football, la partie scolaire n'est pas jugée comme importante ou indispensable. Un joueur peut être très bon sur le terrain et ne pas savoir lire. Ils n'associent pas l'exigence éducative par rapport à l'exigence sportive. Pour ce qui concerne le handball, l'accès à l'équipe première n'est pas possible sans une bonne éducation.

A partir de 14 ans, il y a les premières sélections en équipe de France junior. Quand la Fédération détecte des jeunes à très fort potentiel sportif, elle va s'assurer d'aider ces jeunes dans la partie scolaire. C'est là ou Acadomia intervient. Nous allons nous occuper d'une vingtaine de jeunes dans leur scolarité. La Fédération va financer des programmes d'études. Les enfants sélectionnés ne vont pas décrocher mais vont acquérir un bon niveau scolaire. Il ne s'agit pas pour autant de penser à une logique de reconversion. La philosophie de la Fédération de Handball est de dire qu'un jeune qui aura des difficultés scolaires aura plus de mal à s'intégrer dans le groupe, il aura plus de mal à comprendre les consignes demandées et aura plus de mal à vivre en collectivité. Cela fait des années qu'ils pensent ainsi. Leurs résultats sportifs s'en ressentent depuis quelques années. Quelques autres fédérations ont essayé de mettre en place ce système, mais cette exigence d'excellence dans les deux domaines, c'est vraiment la particularité du handball. Grâce à cet équilibre, l'enfant va s'épanouir. Tous les jeunes ne vont pas forcément devenir professionnels à cause des accidents, des blessures. Le souci de reconversion va se poser. La Fédération a la conscience de la gestion des individus dans leur globalité. 

Les joueurs professionnels sont-ils suffisamment encadrés sur ces questions ? Peut-on faire des comparaisons avec des sports qui ne prennent pas suffisamment ces questions en compte ?

Cette année, on suit les joueurs partout en France, y compris en Martinique afin qu'ils gardent un bon niveau scolaire. On travaille avec plusieurs clubs et c'est une particularité au niveau du handball.  Il n'y a pas la même exigence avec le football par exemple. Il ne s'agit cependant pas de dénigrer les autres sports. On sent que les motivations des fédérations peuvent être différentes et les exigences scolaires ne pas être forcément au même niveau que ce que l'on ressent avec la fédération de handball. 

C'est la même analyse des problèmes dans le football français, au moins d'un point de vue comportemental des joueurs de l'équipe de France. On a tous en mémoire l'épisode du bus lors d'une précédente coupe du monde. Hors du terrain, les joueurs n'ont pas bien réagi face à une situation d'hommes. 

Néanmoins, certains clubs de football comme l'AJ Auxerre excelle dans la formation sportive et a monté une école au sein du club pour leurs jeunes. 

 
 
 

 

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