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©FRED TANNEAU / AFP

Résilience face au climat

Canicules, inondations et tempêtes : la vulnérabilité humaine et économique diminue avec les années

D'après une récente étude sur les conséquences du changement climatique, une baisse de la vulnérabilité sociale et économique a été constatée face aux risques environnementaux. Comment expliquer cette situation et ce constat ? Un PIB fort est-il un gage de protection face à l'impact du changement climatique ?

Michel Ruimy

Michel Ruimy

Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.

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Atlantico.fr : Une étude publiée cette année par deux chercheurs français et italien sur l'impact du changement climatique vient de constater une baisse de la vulnérabilité sociale et économique face aux risques environnementaux. Comment sont-ils arrivés à une telle conclusion ? 

Michel Ruimy : L’italien Giuseppe Formetta et le Français Luc Feyen ont tenté de mieux appréhender les liens spatio-temporels de la vulnérabilité des personnes et des biens économiques face aux risques climatiques. Leur travail s’inscrit dans la volonté de réduire les impacts futurs des catastrophes naturelles. Pour cela, ils ont essayé de quantifier, sur la période 1980-2016, la dynamique temporelle de la vulnérabilité socio-économique aux aléas climatiques à travers deux ratios : le premier rapporte le nombre de décès à la population exposée, le second les pertes économiques au Produit intérieur brut. 

Les résultats montrent une nette tendance baissière de la vulnérabilité humaine et économique, avec des taux moyens mondiaux de mortalité et de pertes économiques qui ont diminué de 6,5 et près de 5 fois, respectivement, de 1980-1989 à 2007-2016. En d’autres termes, le nombre de morts et les pertes économiques dues aux risques naturels continuent de s’accroître dans de nombreuses régions du monde.

Ces deux auteurs observent également une relation inverse entre vulnérabilité socio-économique et niveau de richesse, plus robuste pour les revenus les plus faibles. Ainsi, les pays à revenu élevé convergeraient vers un même niveau de fragilité. De même, pour les pays à faible revenu sachant qu’il existe un écart considérable de vulnérabilité aux risques climatiques entre les pays les plus pauvres et les plus riches.

Le fort PIB d’un pays est-il un gage de protection face aux dangers du changement climatique ? 

Il est une opinion largement répandue : les pays riches vont profiter du réchauffement climatique tandis que les États les plus pauvres vont en pâtir. En effet, selon certains, plus un pays est développé, plus les investissements visant à se protéger contre les risques naturels, les systèmes d’alerte précoce et les stratégies de gestion des risques de catastrophes… sont importants et facilitent non seulement la réponse à une catastrophe naturelle mais soutiennent également la phase de rétablissement qui s’ensuit. Excepté pour les vagues de chaleur, ceci confirmerait la relation inverse entre vulnérabilité socio-économique et développement économique.

Cependant, face aux risques environnementaux, les pays à faibles revenus se sont adaptés relativement plus rapidement que les Etats plus fortunés, réduisant leur écart de vulnérabilité avec ces derniers. Il n’en demeure pas moins que cet écart reste élevé pour des risques spécifiques tels que les inondations côtières, les taux de mortalité et de perte économique liés au vent… Ceci suggère que d’importants investissements ou changements dans ces sociétés pourraient être nécessaires pour réduire leur vulnérabilité à ces risques. 

Pourtant, l’idée que les pays riches et tempérés soient économiquement immunisés contre le changement climatique et vont voir s’accroître leur richesse semble tout simplement invraisemblable. En effet, chaque changement climatique (vague de froid ou de chaleur, inondations, sécheresses, ouragans...) qui dévie des normes d’un pays, riche ou pauvre, a des effets néfastes sur l’économie. Ainsi, tous les pays, qu’ils soient riches ou pauvres, froids ou chauds, vont souffrir, au plan économique, du réchauffement climatique d’ici 2100 si des efforts nécessaires ne sont pas déployés pour l’endiguer. Reste que les pays développés, moins vulnérables économiquement, peuvent davantage faire face aux impacts du réchauffement climatique que les pays du Sud.

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