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Atlantico Business

Avec la revente massive des cadeaux le lendemain du réveillon, le père Noël est devenu un champion du monde de l’économie circulaire

La veille de Noël, la surconsommation aggrave le réchauffement climatique, mais le lendemain, le marché de l’occasion travaille avec Greta Thunberg.

Aude Kersulec

Aude Kersulec

Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 

Voir la bio »Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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La revente sur le marché de l’occasion des cadeaux de Noël a décomplexé les consommateurs. Chaque produit non désiré ou reçu en double peut être revendu ou échangé. 

Greta Thunberg doit appeler ça le commerce collaboratif, un des volets et non des moindres de l’économie circulaire. Selon un sondage OpinionWay pour Rakuten, acheter un cadeau d’occasion, 38,5% des cadeaux l’ont déjà fait et pour des raisons différentes : la disponibilité, le prix, la proximité mais aussi de plus en plus pour des raisons écologiques. Un autre tiers de sondés répondent qu’ils n’y avaient pas pensé, mais qu’ils vont y réfléchir à l’avenir.

Les produits de luxe et technologiques sont les plus recherchés sur le marché de l'occasion. «Pour les achats de Noël, nous constatons une augmentation de  100% de nos ventes de produits tech remis à neuf à cette période, comparé à la même période en 2017. Les Français n'hésitent plus à offrir des produits reconditionnés en cadeau.

Et on ne parle pas seulement des smartphones!», explique Vianney Vaute, co-fondateur de Back Market.

Même Amazon ou la marketplace de la Fnac s’y sont mises, en proposant sur la page des produits neufs les mêmes produits d’occasion. Et plus peur de se tromper sur l’état de la marchandise, puisque celui-ci est indiqué et que les retours sont également généralement acceptés.

Quant à ceux qui revendent, Bruno Bée, directeur de Cash Converters, magasin de revente physique, explique que les CSP + sont les catégories les moins complexées à revendre un cadeau de Noël non désiré : "Un diamant à près de 20 000 € s'est déjà vendu dans l'une de nos boutiques, et les iPad ne font pas long feu". Les 35-44 ans ainsi que les femmes sont aussi largement représentées parmi les vendeurs. Chez les aînés, la revente est moins acceptée.

Acheter et revendre des produits sur le marché de l’occasion a plusieurs vertus.

La première c’est de développer de nouvelles structures et plateformes de ventes. Revendre dans des boutiques physiques n’est pas le premier moyen de revente (seulement 10%). Loin devant, on retrouve les sites tels que Le Bon Coin pour la moitié des sondés, qui voit le nombre de ses annonces augmenter de 40% le lendemain de Noël.

Deuxième effet, celui de ne pas se priver ou de frustrer pour le premier achat de première intention, avec la peur de se tromper. "Les consommateurs hésitent moins à investir, car ils savent qu'ils pourront in fine récupérer de la valeur en revendant leur produit plus tard".

Entre 2011 et 2017 les dépenses pour les cadeaux de Noël ont augmenté de 25%, au même rythme que les reventes de cadeaux. L’un n’empêche pas l’autre, pour les médisants qui y verraient à redire. au contraire, l’un nourrit l’autre.

Enfin, selon une enquête Kantar TNS, 35% des personnes qui revendent leur cadeau le font pour acheter ce qui leur fait vraiment plaisir. 40% des vendeurs gardent l’argent. Ce sont surtout les hommes d’ailleurs. D’autres, 23% des Français s’en servent pour rembourser des frais engagés à Noël.

Ce qui est amusant dans ce phénomène assez récent  c’est qu’il existe tout un courant de l’opinion qui refuse la surconsommation. On les entend grogner au moment du Black Friday, on les entend encore plus au moment des fêtes de fin d’année. Ils ont leur raisons à la fois éthiques, écologiques, et financières. Mais au lendemain de Noël, on n’a pas observé dans les études les signes que les mêmes thuriféraires de la consommation se privaient d’aller faire leur emplettes sur le marché de l’occasion. On ne les a pas vu bouder « le bon coin ».  

La surconsommation de produits neufs serait donc un pêché mortel ... mais la surconsommation de produits d’occasion serait une vertu progressiste pour les écolos. Si on achète pour Noël, on aggrave le réchauffement climatique, mais si on attend le lendemain on se retrouve aux côtés de Greta Thunberg.

Mais au fait, pour que le marché de l’occasion existe, il faut quand même bien que le marché du neuf ait fonctionné. Non ?  Qu’en pense Greta ?

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