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©DAMIEN MEYER / AFP

LES ENTREPRENEURS PARLENT AUX FRANÇAIS

2020, l’année des nuls ou nulle année pareille ?

Denis Jacquet se penche cette semaine sur la désintégration des GAFA.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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Certains journaux prédisent la désintégration des GAFA. Cela semble beaucoup exciter la presse économique Européenne, France en tête. C’est une manie chez nous. Comme pour les riches et les pauvres, il vaut mieux décapiter les riches « d’en haut », que de pousser à l’enrichissement « du bas ». Ces riches, des gens très énervants, car ils réussissent par le travail et la persévérance. On ne peut quand même pas les laisser faire, dans ce pays où l’égalitarisme a atteint le stade de religion, et le nivellement par le bas, une croyance absolue. Si les pauvres ont de l’espoir, à quoi serviraient alors nos politiques ? ☺

Pour les GAFA c’est la même chose. Faute de pouvoir leur damer le pion, faire mieux, avoir de l’ambition, rêver à plus haut, il est tellement plus simple, par paresse, de décapiter ces géants afin qu’une fois débarrassé de cet appendice insupportable, ils soient remis à la même hauteur que les autres. 

On oublie 2 détails. Le premier, c’est qu’un géant, même décapité, reste toujours plus grand que le nain (no offense comme disent les Américains, pour les personnes de petite taille). Mais surtout, derrière les quelques géants Américains, il y a d’immenses baobab Chinois ! Et ces « gladiateurs » de l’internet, sont prêts à prendre la place vacante, de façon plus subtile que les rouleaux compresseurs américains. Ils prendront la place et sauront la conserver, non seulement par la qualité de leurs services, mais pas leur capacité à partager plus habilement la valeur. Plus encore, il n’existe pas en Chine une notion comparable au démantèlement, à la décapitation. Un géant est fait pour inspirer le respect, par la jalousie. Et s’il est fort, il est utile à la Chine et l’objectif de la Chine, n’est ni de s’excuser d’être puissant, ni de se diminuer pour se mettre à la hauteur du sous-performant. En revanche, il aura l’habilité de faire tout ce qui est en son pouvoir, pour se rendre acceptable, ce qui pourrait faire naître de nouveaux modèles économiques, partageant un peu la valeur, ce que les GAFA ne font pas et leur coûtera cher effectivement.

L’Europe pourra continuer à taper le porte-monnaie des GAFAM, et comme disait Chirac, cela « chatouillera l’une, sans toucher l’autre ». Ils ont pour eux un consommateur complice, incapable d’avoir, ni la conscience nécessaire pour donner la puissance aux siens, à ses propres acteurs, à ses propres créateurs de richesse, ni l’intelligence d’enrichir son pays et lui-même, par ses choix de consommation. Nous pourrons donc continuer via Super Margaret (Vestager) de taper leur bourse, elle en sera légèrement endolorie, mais à la marge, en superficie, car cette bourse est enflée des achats sans réflexion, ni conscience, du consommateur Européen. Le chiffre d’affaire, la part de marché, la destruction de la concurrence, l’emportera sur toutes les amendes du monde.

Ne nous faisons pas d’illusion, pendant qu’une poignée de syndicalistes irresponsables, soutenus (en théorie) par cette partie des français, qui sont à la fois incultes économiquement et préservés des effets de la grève, nous empêcherons de nous concentrer sur des sujets d’avenir, que le Gouvernement n’a pas pris en charge il est vrai, nous ne sommes pas prêt de penser à la puissance Européenne. Embourbés dans nos petits calculs de retraite, nous préférons préserver l’héritage du passé, intenable, à la construction d’un avenir. Cette incapacité à préférer s’offrir un futur, par l’adaptation d’un héritage désormais inadapté, en dit long, sur ce pays trop gâté, qui n’attribue de valeur qu’au présent et refuse de se projeter au-delà. Faute et honte aux politiques, pour avoir contribué, voire alimenter, la machine à tuer le long terme, au profit du petit gain quotidien. Nous sommes devenus des gagne-petit, nous deviendrons des bons à rien.

Je rêve que passée cette négociation, qui ne devrait même pas avoir lieu, nous puissions espérer que ce gouvernement qui nous promettait tant de ruptures, nous offre enfin une vision d’avenir que ce pays mérite pourtant. Ne pas avoir lieu, car les syndicalistes du privilège, nous ont gâché la période de fin d’année, sans respect pour ce pays et ses travailleurs, qui vont le payer, durement. Alors, pourquoi leur faire la moindre concession ? Ils n’ont même plus de pouvoir de nuisance, car quand on a tout cassé, de quoi peut-on bien menacer l’ennemi ? Et finalement, les français, même ceux qui soutiennent la grève, méritent un peu d’attention. Il faut les aider à changer, afin qu’ils aient l’occasion de réaliser que les réformes peuvent être vecteur d’avenir, de promesses de mieux. Mais au service d’une vision, d’un avenir dans lequel ils ont une place et une vraie. Faire leur bonheur contre eux-mêmes. Ce devrait être le propre d’un pouvoir politique. Celui de dépasser l’avis des sondés. La gestion du temps et des étapes pour l’atteindre. 

Nous ne sommes que le 6 Janvier, on peut toujours rêver !

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