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10e assises nationales de la lutte contre le négationnisme : les difficultés de la reconnaissance du génocide arménien et les ravages de l'explosion du complotisme sur les réseaux sociaux au coeur des enjeux de 2020
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10e assises nationales de la lutte contre le négationnisme : les difficultés de la reconnaissance du génocide arménien et les ravages de l'explosion du complotisme sur les réseaux sociaux au coeur des enjeux de 2020

Les 10e assises nationales de la lutte contre le négationnisme étaient organisées le 10 janvier dernier. Frédéric Encel revient sur cet événement.

Frédéric Encel

Frédéric Encel

Frédéric Encel est Docteur HDR en géopolitique, maître de conférences à Sciences-Po Paris, Grand prix de la Société de Géographie et membre du Comité de rédaction d'Hérodote, l'auteur a fondé et anime chaque année les Rencontres internationales géopolitiques de Trouville-sur-Mer dont la 5è édition se tiendra  les 26-27 septembre 2020 sur le thème "Mémoire et géopolitique". Il vient de publier Les 100 Mots de la  guerre, coll. Que Sais-Je? (PUF).  

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Atlantico.fr : Vous organisiez le 10 janvier dernier les 10e assises nationales de la lutte contre le négationnisme. Lorsque l'on pense au négationnisme, on pense avant tout à une position idéologique qui consiste à nier l'existence des camps d'extermination nazis. Pourtant le terme est plus large, comment le définiriez-vous ?

Frédéric Encel : Oui il est plus large à deux titres. D’abord, le négationnisme concerne aussi le génocide arménien de 1915 et, dans une moindre mesure, celui subi par les Tutsi rwandais en 1994. Ensuite, plus « techniquement » dirais-je, le négationnisme prend au moins trois aspects différents : il consiste soit à nier purement et simplement les faits, soit à les minimiser ou les contextualiser outrancièrement (les chiffres ou les faits sont très exagérés, c’était la guerre, etc.), soit enfin à confondre délibérément bourreaux et victimes dans le même statut. 

Vous organisez ces assises chaque année depuis 10 ans, dans une société où, la théorie du complot a notamment le vent en poupe, observez-vous une montée du négationnisme ?

Pas réellement, notamment grâce à la loi Gayssot de 1990, comme l’a rappelé Serge Klarsfeld, sauf en ce qui concerne le négationnisme d’Etat vis-à-vis du génocide arménien. À cet égard, nous avons clairement appelé à l’interdiction de la négation de celui-ci. En revanche, le complotisme explose littéralement par le truchement des réseaux sociaux. Or tous les négationnistes sont de près ou de loin des complotistes. C’est un sujet que je traite d’ailleurs dans mes enseignements de géopolitique à la Paris School of Business - ou l’on forme aussi des citoyens - et à Sciences-Po.

Si la connaissance, la culture sont deux moyens efficaces de lutter contre le négationnisme, selon vous que pourrions-nous faire davantage ? 

Oui, on peut et on doit toujours faire davantage ! D’ailleurs, nombre d’intervenants l’ont bien démontré et, le principal d’entre eux à ces Assises, le Ministre Jean-Michel Blanquer, a très justement insisté sur la nécessité d’exiger des GAFA une attitude responsable sur les complotisme et négationnisme. Le Mémorial de la Shoah, représenté par mon ami et collègue de Sciences-Po François Heilbronn, mène un travail remarquable et acharné dans la diffusion des connaissances non seulement de la Shoah mais des trois grands génocides du XXè siècle. Hommage aussi à la Dilcrah - qui nous a soutenu immédiatement - à Conspiracy Watch, à Ibuka, au Collectif Van, à Sos Racisme ainsi qu’à l’Uejf ; ils apportent tous culture et connaissance sur cette peste génocidaire et sa négation qui, hélas, a caractérisé le siècle passé. Le combat continue ! 

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