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©FRANCK FIFE / AFP

Football

Lyon/Barcelone: 0/0 Au courage, les Lyonnais arrachent le match nul

Dans un match sans buts ni vainqueur face à l'ogre Catalan, le club Rhodanien a tenu le choc. Le 13 mars prochains, les gones joueront au Camp Nou pour créer l'exploit.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Sept années. Cela faisait sept longues années que l'Olympique Lyonnais attendait de pouvoir goûter à nouveau à l'atmosphère magique des grandes soirées de la Ligue des Champions. Une vraie pénitence. Ce retour dans la cour des grands était donc l'occasion pour ce club de se réconcilier avec sa culture et son passé. Du fait de cette parenthèse excessive, on ne savait pas vraiment quoi attendre ou espérer de la part d'un effectif à haut potentiel et à forte tendance schizophrénique. Car, depuis le début de la saison, le propre de cette équipe jeune et audacieuse, était d'être autant capable de perdre des causes gagnées que de gagner des causes perdues. Hier soir, pour cette renaissance européenne, le défi était gigantesque, puisque c'est le grand Barcelone, avec son génie et ses stars, que l'OL recevait. 
Comme maître étalon, il était difficile de faire mieux. Ou, si vous préférez ,comme mise à l'épreuve, il était difficile de faire pire.

Aussi, face à une telle adversité, le match nul de l'Olympique Lyonnais a des allures de victoires. Après ce premier round, l'OL est toujours debout et l'espoir demeure puisque le club garde intactes ses chances de qualifications. Si l'on était en droit d'attendre mieux de la part du Barca (voir par ailleurs), il faut aussi admettre que les Lyonnais n'ont pas déçu. Leur équipe peut désormais se flatter d'avoir battu des cadors tels que Manchester City ou le PSG et d'avoir tenu la dragée haute à un crack comme Barcelone. Dans ce drôle de match, dans lequel les gardiens furent les acteurs les plus influents, on peut estimer que les Espagnols auront finalement affiché des carences sur leurs points forts habituels. De leur côté, les courageux Lyonnais, dans un match où rien ne fut simple pour eux, auront davantage montré les qualités de leur jeunesse que la jeunesse de leurs qualités. S'ils n'ont pas réussi à marquer le petit but qui aurait fait une grande différence, les gones auront au moins eu le mérite de ne pas en encaisser. Et tenir 90 minutes face à cette équipe n'est pas donné à tout le monde. 

Des deux mi-temps se dégagent les mêmes tendances: le Barca, dominateur dans la production du jeu comme dans la possession, jouait plutôt correctement sans toutefois parvenir à trouver la faille. Avec un Messi au four et au moulin (mais est-ce bien son rôle ?) et égal à sa légende, le club Catalan profitait des espaces mais péchait immanquablement dans l'avant-dernier ou le dernier geste. Jouant sur un faux rythme stérile, l'imagination lui faisait défaut dès lors qu'il abordait la surface de réparation adverse. Manquant systématiquement de ces petits riens qui font un grand tout, sa finition défaillante aura montré un manque de justesse étonnant pour une équipe de ce calibre. Comme symboles de ces manquements, citons Suarez et Dembele. Le premier fut trop lent et dépassé, le second, incroyablement maladroit, semblait tergiverser et toujours vouloir corriger le brouillon alors que la lettre était partie. En conclusion, si ce Barcelone paraissait toujours souriant dans ses intentions, il fallait bien reconnaître qu'en ces moments, il était édenté. 
Côté Lyonnais, la résistance fut héroïque. Pour compenser leurs nombreuses pertes de balles et la domination adverse, les locaux coururent beaucoup. Et certainement beaucoup trop. Une dépense d'énergie évidemment préjudiciable à leur capacité à jouer plus haut et à leur volonté de construire. A la lecture de ces constats, une pensée s'invite: un Fekir, de par sa propension à garder le ballon et à orienter le jeu aurait fait le plus grand bien à une équipe subissant autant. Les satisfactions Lyonnaises sont bien entendu à chercher du côté de la défense. Lopes, Denayer et Dubois auront livré une sacrée bataille et tenu le choc sous les nombreuses vagues adverses. Côté déceptions, il nous faut évoquer Depay. Un Depay en manque d'inspiration et qui n'aura pas été à la hauteur de l'arrogance de ses récentes déclarations. Ignorant les appels de Mendy durant l'intégralité de la rencontre, insuffisant dans le replacement  défensif, il aura finalement mit le sujet au service de sa technique alors qu'on aurait souhaité l'inverse. Nous espérons, pour lui comme pour son équipe, que ce seizième match sans marquer saura l'aider à retrouver un minimum d'humilité.

En conclusion, Il est évident que les Lyonnais et leur coach sont sortis soulagés de ce premier round. On peut avancer, sans prendre trop de risques, qu'avant le match, Bruno Genesio aurait certainement signé des deux mains pour un résultat pareil. 
Avec le retour de Fekir, souvent décisif dans les grandes occasions, et un poil de sublimation, l'équipe aura certainement de bons coups à jouer dans le cadre exceptionnel du Camp Nou. L'essentiel est là, les Lyonnais ont conquis de haute lutte le droit, avec leurs supporters, de croire en l'exploit. Un exploit rendu possible par une solidarité et un courage exemplaires. Nous vivrons donc un match retour emballant, un match de tous les possibles. Celui qui n'a pas vécu ses matchs couperets ignore l'enthousiasme qu'ils font naître. Un enthousiasme dont des dizaines, des centaines de matchs ne guérissent pas. Et comme c'est heureux. Cette fois encore, l'occasion nous sera donnée d'admirer Lionel Messi et ses dons exclusifs, puisque si certaines actions ressemblent aux siennes, ses chefs d'oeuvres sont uniques. Ces derniers ont tous ceci de commun: ils servent de modèles et n'en ont pas eu. 

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