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Xavier Niel : Irrésistible ou irrésisté ?

Dans une récente interview sur le plateau de C à vous, Xavier Niel a réussi (sans difficulté) à évincer une question gênante à propos de la politique de dividendes d'Iliad.

Sans défense

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Xavier Niel : Irrésistible ou irrésisté ?

Ces jours-ci, Anne-Sophie Lapix interviewait Xavier Niel dans son émission "C à vous" sur France 5.

Une nième occasion pour Xavier Niel d’exercer son talent de super-communicant, pour ne pas dire de comédien, face à un plateau de journalistes qui, une fois encore, a démontré son incompétence et sa complaisance à l’égard de l’invité. La presse et les médias contre-pouvoir, c’est fini. Nous n’avons plus que des "talks" ou "des talk-show", dignes de conversation du café du commerce, souvent autour d’un verre ou d’une cuisinière en fond de plateau, où de brillants communicants viennent soigner à leur image, sans aucun risque d’être contredits par des journalistes faussement impertinents.

Bref retour sur ces 45 secondes d’interview, dont voici les échanges extensifs, et le nombre de mensonges, erreurs, imprécisions, contenu dans cette interview :

  • Anne-Sophie Lapix : Elise Lucet nous expliquait que certaines boites, Sanofi pour ne pas la nommer, reversait 50% des bénéfices en dividendes. Vous, vous êtes à combien ?
  • Xavier Niel :  Je ne sais pas.  0,… ? enfin rien
  • Anne-Sophie Lapix  : Les dividendes, ça représente combien de vos…
  • Xavier Niel  : Ah, chez nous, on ne fait pas de dividendes. On est réputé pour ne pas faire de dividendes. Non.
  • Anne-Sophie Lapix  : Vous ne versez aucun dividende ?
  • Xavier Niel  : je crois qu’on verse 20 millions d’euros, sur un profit de 1,3  milliard d’EBITDA l’année dernière
  • Patrick Cohen : Vous êtes côté en course
  • Anne-Sophie Lapix  : Ça c’est le profil d’entreprises…
  • Xavier Niel : … de croissance.
  • Anne-Sophie Lapix  : De croissance
  • Xavier Niel  :  Donc c‘est ce qu’on aime faire.
  • Anne-Sophie Lapix  : donc on ne reverse rien aux…
  • Xavier Niel :  donc on prend notre cash pour investir
  • Anne-Sophie Lapix  : Bravo !

 

Passons sur le fait que Sanofi n’ait pas reversé 50% de ses bénéfices en dividendes, mais 100% (cf page 14 du rapport Ricol Lasteyrie). Ce qui nous intéresse ici sont les réponses inexactes, si ce n’est mensongères, de Xavier Niel.

"Je ne sais pas, zéro virgule… rien, quoi … on est réputé pour ne pas faire de dividendes" (voir la vidéo pour les talentueuses mimiques du visage accompagnant ces réponses), avec le détail du calcul qui suit "je crois qu’on verse 20 millions sur un profit de 1,3  milliard d’EBITDA l’année dernière"

Première remarque, comparer la pression des actionnaires de Sanofi est celle de ceux d’Iliad-Free, pour maximiser leurs dividendes reçus, est absurde de la part de la journaliste. Dans le cas de Sanofi, les actionnaires sont extérieurs à la société, près de 90% du capital étant détenu par le "public", le plus gros actionnaire n’atteignant pas 9% du total. Dans le cas d’Iliad-Free, la société est majoritairement détenue par son créateur Xavier Niel, co-dirigeant de l’entreprise. C’est très différent. Celui-ci est donc libre de faire les arbitrages que bon lui semble entre dividendes, investissement et plus-value personnelle.

 
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  • Par raslacoiffe - 23/03/2015 - 16:36 - Signaler un abus Archétype de la gauche caviar

    Ce personnage tant vanté par la gauche bobo est surtout un apparatchik profitant des subsides de l'Etat (subventions à la presse). Les dividendes de sa petite entreprise sont surtout rétrocédées à son bénéfice personnel. Il est dans le droit fil de cette gauche qui prône le partage des richesses sauf pour soi même bien évidemment. Merci M. Dormann de nous donner un autre éclairage sur cette personne que celui du discours convenu de cette presse bienpensante.

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Benjamin Dormann

Benjamin Dormann a été journaliste dans la presse financière et trésorier d'un parti politique. Depuis 18 ans, il est associé d'un cabinet de consultants indépendants, spécialisé en gestion de risques et en crédit aux entreprises. Il est executive chairman d'une structure active dans 38 pays à travers le monde. Il est l'auteur d’une enquête très documentée : Ils ont acheté la presse, nouvelle édition enrichie sortie le 13 janvier 2015, éditions Jean Picollec.

Le débat continue sur Facebook : ils.ont.achete.la.presse et benjamin.dormann@gmail.com.

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