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Sarkozy, Juppé, Fillon : qui a le plus à craindre du retour de Jean-François Copé ?

Si l'ancien dirigeant de l'UMP a déserté les médias depuis un an et demi, il n'en demeure pas moins une personnalité importante dans l'opinion. Reste à savoir s'il ne sera pas paralysé par l'affaire Bygmalion.

Qui sursaute du sursaut ?

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Sarkozy, Juppé, Fillon : qui a le plus à craindre du retour de Jean-François Copé ?

Atlantico : Après 18 mois d'abstinence médiatique, Jean-François Copé signe son retour en politique avec la publication de son livre "Le sursaut français". Quels électorats peuvent-ils être séduits par le discours de Jean-François Copé ?

Jérôme Fourquet : Jean-François Copé est un nouvel entrant dans la course aux primaires et donc fatalement et mécaniquement sa candidature, qui s’ajoute à celles déjà existantes, représente la possibilité de prendre des voix à ses concurrents. Il représente un compétiteur de plus au sein des Républicains qui risque d’aller prendre des voix à peu près à tout le monde à droite et donc de gêner en effet les autres candidats. Jean-François Copé pourrait ainsi remplacer Xavier Bertrand qui a jeté l’éponge. Et, si Jean-François Copé se présente, il aura pour ambition d’être un candidat rassembleur - n’oublions pas qu’il bénéficie d’un poids politique non négligeable- et non un candidat qui représente une sensibilité minoritaire. 

Si on se réfère à ses prises de positions avant sa cure d’abstinence médiatique, Jean-François Copé était sur la ligne de la droite décomplexée, celle de Nicolas Sarkozy et celle de Bruno Lemaire.

18 mois plus tard, a-t-il changé de ligne ? Dans son livre, il souhaite montrer qu’il veut surprendre. Il ne sera pas dans le duo de tête mais sa candidature est  loin d’être anecdotique et risque de peser surtout en fonction de ses futures prises de positions. Il peut aller mordre sur les voix de Fillon avec ses convictions libérale en matière d’économie ou celles de Alain Juppé grâce à sa prestance médiatique. 

Quels électeurs peuvent-ils séduits par le discours copéiste ?  Ses futurs électeurs seront-ils les mêmes que lorsqu’il était à la tête de l’UMP ?

Jérôme Fourquet : Comme la nature a horreur du vide, on peut penser qu’il y a eu des pertes pendant ces 18 mois d’absence. Un certain nombre de ses militants qui l’appréciaient se sont peut-être aujourd’hui détournés. Mais la campagne pour prendre la tête de l’UMP et la campagne pour les primaires ne sont pas de même natures, le contexte électoral n’est pas le même non plus. Il faut rappeler qu’il s’agit d’une primaire ouverte et ce ne sont donc pas les adhérents qui votent comme ce fut le cas lorsqu’il a été élu comme président de l’UMP, mais un public plus large. Il faut aussi se souvenir qu’à l’époque de l’élection pour prendre la tête de l’UMP, Copé a bénéficié du soutien des lieutenants de Sarkozy pour faire barrage à François Fillon et remporter la majorité. Du coup, son espace politique reste encore à être identifié surtout pour pouvoir affronter maintenant les poids lourds des primaires. On attend donc les premières enquêtes d’opinion pour voir quels thèmes politiques vont le plus peser auprès des sympathisants et des électeurs de droite. Mais parmi les grands électeurs et les barons locaux à droite, Jean-François Copé a conservé, malgré son absence et sa période difficile, tout un réseau de fidèles qu’il a pris soin d’entretenir. Ces soutiens politiques n’ont pas fait défection y compris pendant son absence. Il a donc à sa disposition tout un archipel d’élus prêts à le parrainer pour sa candidature à la primaire et à s’engager à ses côtés pour sa campagne en ramenant des militants.

 
Commentaires

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  • Par jurgio - 15/01/2016 - 14:31 - Signaler un abus Cela dépendra du génie politique de Copé

    puisqu'il se trouve dans une situation où aucun de se concurrents ne domine vraiment. Excepté, pour l'instant et avec fragilité, Juppé qui est le candidat avéré de Le Point, sans plus. Cet hebdo nous avait fait jadis (hélas !) le coup du « Chirac qui débaroule en tête » Copé vient d'achever sa retraite médiatique qui, en France, vaut rémission de toutes les fautes.

  • Par Liberte5 - 15/01/2016 - 14:33 - Signaler un abus Coppé, pourquoi faire.?

    Très franchement il ne m'a pas manqué. Ils traîne des casseroles, comme Sarkozy et je crois que leur destin est scellé.

  • Par zouk - 15/01/2016 - 17:01 - Signaler un abus J.F. Copé

    Tous y compris les citoyens que nous sommes ont tout à redouter d'un Copé candidat, il est capable de toutes les manipulations, traitrises.... et autres manoeuvres, souvenez vous des élections à la Présidence de l'UMP en septembre 2012.

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’IFOP.

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Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, responsable, au sein de cet établissement, du parcours de master « Métiers du politique ». Il a co-publié aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

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