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Rétropédalage de Ségolène Royal sur le dossier Fessenheim : le gouvernement pense-t-il encore à autre chose qu’aux élections ?

Alors qu'EDF a récemment demandé 36 mois de délai supplémentaire de mise en œuvre de l'EPR de Flamanville, condition indispensable selon Ségolène Royal à la fermeture de Fessenheim, la ministre de l'Ecologie a exigé en début de semaine que "le dépôt effectif de [la] demande de fermeture de Fessenheim [...] ne dépasse pas l'échéance de la fin du mois de juin 2016".

Machiavel

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Rétropédalage de Ségolène Royal sur le dossier Fessenheim : le gouvernement pense-t-il encore à autre chose qu’aux élections ?

La centrale de Fessenheim. Crédit Reuters

Pourquoi cette date, à quoi ce rétropédalage peut-il répondre ?

Bruno Cautrès : Au-delà des engagements et convictions de Ségolène Royal en matière d’environnement et d’écologie, ce que personne ne lui conteste, nous sommes là au cœur de la stratégie actuelle de l’exécutif : le compte à rebours pour les échéances électorales de 2017 a commencé depuis un bon moment et il s’agit de préparer une séquence minutieusement calibrée en termes d’agenda et de communication politique. Cette séquence vise à montrer deux choses : d’une part que le gouvernement a bien tenu l’une des promesses importantes de 2012 en matière de « transition énergétique » et d’autre part que des écologistes peuvent à nouveau rentrer au gouvernement.

Le départ de personnalités comme Jean-Vincent Placé ou François de Rugy de EELV et la recomposition d’un mouvement écologiste de centre-gauche et « Hollando-compatible » prépare sans aucun doute l’entrée de l’une ou deux de ces personnalités au gouvernement après les élections régionales. Et tout cela fait sens avec l’organisation de la COP21 et le  « référendum Cambadélis ». En terme de communication politique il s’agit d’un « story telling » assez bien ficelé, mais quand même assez visible…..Et surtout qui ne parle plus aux électeurs.

Co-auteur du baromètre 2015 du Cevipof sur les Français et la politique, la perception des politiques par la société est globalement mauvaise : parmi les reproches effectués figure dans les premières places l'absence supposée de l'intérêt public au profit de l'intérêt partisan. Le quinquennat de François Hollande ne manque pas de mouvements interprétés comme s'ils répondaient à un agenda politique, à l'actualité immédiate... Quels sont selon-vous les plus emblématiques ?

Tout d’abord, il faut rappeler que la gestion tactique de l’agenda politique, la communication et le calage des décisions politiques vis-à-vis du calendrier électoral ne sont nullement l’apanage du pouvoir actuel. Il en allait de même avec l’action de François Fillon et Nicolas Sarkozy, ou leurs prédécesseurs. Il s’agit en fait d’une donnée fondamentale de l’action politique, une tendance qui s’est sans doute accentuée avec le flot ininterrompu d’information dans lequel nous vivons aujourd’hui. Par ailleurs, nos dirigeants tentent, dans le contexte de forte défiance politique que vous avez rappelé, de montrer que malgré les « rétro-pédalages », les zigzags ou promesses reportées ou non-tenues, ils tiennent un cap. A cet égard, François Hollande représente un cas très intéressant : l’affichage d’un « cap » (un mot que François Hollande emploie très souvent, souvent accompagné d’un geste de la main vers l’avant) est très important pour lui, alors même que l’un des principaux reproches qui lui est adressé tient à cette question : à droite on lui reproche de naviguer à vue ; à gauche on lui reproche d’avoir viré de cap. L’une des mesures qui restera emblématique des changements de cap et d’une gestion politique délicate est la fameuse « taxe à 75% », dont plus personne d’ailleurs ne sait si elle existe ou plus. De même, certaines franges de l’électorat peut avoir le sentiment de « cadeaux » distribués à ceux qui donnent de la voix (agriculteurs, chauffeurs de taxis, etc…). Mais dans le cas de François Hollande, au-delà de quelques épisodes que l’on pourrait encore citer de « rétro-pédalages » (comme l’éco-taxe), le plus difficile pour lui reste à montrer que certaines de ses inflexions les plus importantes (politique de l’offre, pacte de compétitivité, nomination de M. Valls, E. Macron à Bercy) prennent sens de manière cohérente dans un récit racontable aux électeurs en 2016/2017. Ce n’est pas gagné…

 
Commentaires

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  • Par vangog - 22/10/2015 - 11:33 - Signaler un abus Magouilles pré-électoralistes!

    Ces magouilles gauchistes vont encore faire exploser le prix du KW-heure et les Français modestes trinqueront...comme toujours avec la gauche!

  • Par Pourquoi-pas31 - 22/10/2015 - 12:48 - Signaler un abus Madame Ségolène est encore fleur bleue et

    amoureuse. Elle veut faire plaisir à son François. Ainssi, il respecterait presque une de ses promesses et pense t-elle pourrait enfin l'épouser !

  • Par Pourquoi-pas31 - 22/10/2015 - 12:50 - Signaler un abus j'ai bien dit ainsi et pas aussi.

    les deux ss, c'est une vieille réminescence du nazisme.

  • Par zouk - 22/10/2015 - 13:05 - Signaler un abus Fremeture accélérée de Fessenheim

    Méprisable manoeuvre pour racoler quelques crétins verts.

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Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections (Panel électoral français de 2002 et Panel électoral français de 2007, Baromètre politique français). Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques.  En 2014 il a publié Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? aux éditions de La Documentation Française.

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