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Ce que signifie vraiment l’engouement grandissant pour le naturel

Paradoxe ! Dans une société marquée par la technologie et les avancées scientifiques, le "naturel" envahit toujours plus notre univers consumériste et comporte-mental.

Paradis artificiel

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Ce que signifie vraiment l’engouement grandissant pour le naturel

Des produits alimentaires aux cosmétiques, des médicaments aux insecticides, l’offre de produits dits naturels s’élargit, bien soutenue par un marketing dynamique et opportuniste. Naturopathie, homéopathie, aromathérapie et produits bio ont le vent en poupe et bénéficient largement de cette nouvelle passion.

Le « naturel » est tendance. Ses apôtres zélés très présents dans les médias ne prouvent pas pour autant leur connaissance de la réalité de la nature.Cet attrait du naturel devient pour certains un mode de vie marginal se voulant proche d’une nature sacralisée. Ce choix du « naturel » est  naïf et souvent peu raisonné.

Les pesticides, malgré les contrôles rigoureux imposés avant leur mise en marché et les progrès des fabricants et des agriculteurs,  suscitent un rejet sans nuances.

Ainsi le glyphosate, matière active du désherbant Roundup®, fait l’objet de nom-breuses campagnes de dénigrement en vue de son interdiction dans un réel déni des services rendus à l’agriculture et de son bon profil toxicologique reconnu depuis 40 ans. Pourquoi ? Parce qu’une étude* parmi des centaines d’autres prouvant l’innocuité de cet herbicide, l’a imprudemment classé «cancérogène probable»… comme la viande rouge !

Beaucoup de pesticides naturels (substances synthétisées par les plantes pour se défendre contre leurs agresseurs) sont souvent toxiques pour l’homme et couram-ment consommées. Qui en parle ? Pourquoi échappent-ils aux contrôles réglemen-taires ?

Le gouvernement encourage des méthodes de protection des cultures alternatives aux pesticides comme l’agriculture biologique (AB) autorisant l’emploi de pesticides jugés plus naturels. Le sont-ils ? S’agissant du sulfate de cuivre, composé chimique qui s’accumule dans les sols ? Ou des extraits végétaux comme le pyrèthre, neuro-toxique ? Ou l’huile de neem dont le composant majeur, l’azadirachtine, est un per-turbateur endocrinien ?

S'il est admis que les aliments bio contiennent moins de résidus chimiques, ils sont en revanche plus exposés aux contaminants biologiques «naturels» dangereux comme les mycotoxines, les salmonelles ou les bactéries dont une souche mutante et pathogène d’Escherichia coli est à l’origine de nombreux malades et près de 50 décès en 2011 en Allemagne. 

Pourtant l’AB bénéficie d’une étonnante dérogation : elle est soumise à une obliga-tion de moyens mais non de résultats !

Le biocontrôle faisant appel à la lutte biologique au moyen d’organismes vivants an-tagonistes (insectes, virus, …)  ou à des médiateurs chimiques (phéromones) est une autre alternative à la protection chimique des plantes. Méthode séduisante mais limitée dans ses applications, elle présente de nouveaux risques biologiques comme l’invasion de coccinelles asiatiques introduites en France pour lutter contre les puce-rons.

 
Commentaires

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  • Par belette - 17/03/2017 - 10:01 - Signaler un abus belette

    Quel bonheur de lire cet article ! Enfin des propos censés.

  • Par Michèle Plahiers - 17/03/2017 - 11:21 - Signaler un abus L'attrait pour le produit non-toxiques.

    Et d'abord, que signifie le mot naturel. Le pire (quand il se ramène à l'origine et la race en compétition avec la spiritualité, la culture) le meilleurs quand il pointe la toxicité et la sur-abondance économique (les déchets, le surplus,..). Etre naturel et sans artifice est un bien (excepté quand cela encourage le laisser-aller). L'amour de la nature sans éstérification est au contraire nocif exemple, le charbon par rapport à l'électricité et le gaz). Dégager le subtil de l'épais est un bien. Dégrader le vivant pour travailler sur du mort est toxique (exemple: les OGM).

  • Par Michèle Plahiers - 17/03/2017 - 11:24 - Signaler un abus Suite

    Cela ne répond pas à la question. Pourquoi cette obsession pour le naturel? Peut-être une manière "magique" de nettoyer ce qui est toxique dans le mental. Donc, si on ne travaille pas à la source, c'est inutile. Exemple: ne pas manger de viande. Si dans votre mental vous avez la haine, rien ne sert de manger Hallal.

  • Par Michèle Plahiers - 17/03/2017 - 11:27 - Signaler un abus Les toxines naturelles

    Un corps et un psychisme en bonne santé sont capable d'éliminer "naturellement" la salmonelose. exmple: si vous êtes obligés de fréquenter des personnes toxiques pour vous (manipulateurs pervers). Si vous émettez des ondes inverses, la personne s'éloignera de vous. Idem pour notre corps.

  • Par arvensis - 18/03/2017 - 10:34 - Signaler un abus Les bons conseils de l' "agrofourniture"

    Les propos de Mr Kafadaroff doivent être lus en conservant à l'esprit ce qu' Atlantico précise dans sa biographie : " il a longtemps travaillé pour le secteur de l'agrofourniture". Agrofourniture : mot à connotation plutôt sympa ou apparemment neutre, mais en réalité qui désigne les industries des engrais, semences et biocides ( ces derniers pudiquement appelés "phytosanitaires" ) C'est le monde efficace, puissant et influent de Bayer, Syngenta, Vilmorin, Nufarm, Cargill, etc. Merci pour votre vigilance. Arvensis agriculteur retraité.

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Gérard Kafadaroff

  1. Gérard Kafadaroff est ingénieur agronome, auteur de plusieurs livres sur les OGM dont OGM : la peur française de l'innovation (préface du professeur M.Tubiana ; éditions Baudelaire). Il est également le fondateur de l’Association française des biotechnologies végétales et a longtemps travaillé dans le secteur de l’agrofourniture.  

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