Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 18 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Quand la nécessaire lutte contre le racisme et l’antisémitisme en ligne penche dangereusement vers le rétablissement du blasphème

Karim Amellal a été chargé par le président de la République de mener une mission dédiée à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur internet. Mais en observant son angle d'approche, on s'aperçoit que la lutte contre la cyberhaine est aussi le moyen de créer un délit de blasphème envers l'islam, sans le dire.

En creux

Publié le
Quand la nécessaire lutte contre le racisme et l’antisémitisme en ligne penche dangereusement vers le rétablissement du blasphème

 Crédit Daniel SORABJI / AFP

Karim Amellal est un "écrivain et enseignant à Sciences Po [qui] a été chargé par le président de la République de mener une mission dédiée à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur internet. Aux côtés de Gilles Taïeb, vice-président du Crif et Laetitia Avia, députée LREM, il réfléchit à la pertinence d’une loi." (1)

Pour être aux premières loges, nous sommes nombreux à confirmer qu'une telle mission est nécessaire.

Or, en observant son angle d'approche, on s'aperçoit que la lutte contre la cyberhaine est aussi le moyen de créer un délit de blasphème envers l'islam, sans le dire. Les mots utilisés sont importants. Karim Amellal en utilise certains pour tenter de judiciariser ce qui relève pour l'instant de la liberté d'expression.

Les actes et propos discriminants et haineux envers des individus en raison de leur religion sont condamnables de la même façon que les actes et propos racistes. Le problème ne vient pas du degré de sanction mais de la catégorisation. En incluant les propos anti musulmans dans la notion de racisme, Karim Amellal s'inscrit dans le logiciel des islamistes et des indigénistes : le musulman n'est plus le fidèle d'une religion. Il devient membre d'un peuple, d'une ethnie.

Il déclare qu'"on assiste à une banalisation de la parole haineuse à l’encontre des musulmans, des juifs, des homosexuels, des femmes". La parole haineuse envers les juifs, les homosexuels et les femmes s'exprime envers des individus pour ce qu'ils sont en tant qu'Êtres humains. La parole haineuse envers les musulmans (tout comme envers les chrétiens, les boudhistes ou autres) s'exprime envers des individus pour leur choix religieux. Encore une fois, la sanction est la même, mais pas son origine.

L'histoire de notre laïcité s'est construite notamment suite aux guerres de religions du XVIème siècle. En suivant la logique de Karim Amellal, les catholiques auraient été coupable d'actes et propos racistes envers les protestants et inversement. Les haines au sein même de nombreuses familles où le père pouvait être catholique et le fils protestant, le frère protestant et la sœur catholique, auraient été du racisme. Ce qui est parfaitement ridicule. Ces guerres étaient bien religieuses, pas raciales.

En racialisant un choix religieux, Karim Amellal essentialise tous les musulmans. Plus grave encore, et c'est tout l'intérêt de cette racialisation, cela ouvre les portes au rétablissement du délit de blasphème. En effet, si un individu est humainement musulman, toute critique de l'islam serait logiquement une attaque contre son humanité, donc du racisme. C'est tout l'art du terme "islamophobie". A ce jour, l'islamophobie n'est pas un délit puisque la peur, la critique ou la moquerie de l'islam relève de la liberté d'expression au même titre que pour les autres religions.

Jusqu'à présent, la critique du christianisme et les multiples caricatures de Jésus, de Moïse, du pape et de tout ce qui compose le clergé sont acceptés par la société au nom de la liberté d'expression. Les parodies des Guignols de l'info ou les caricatures de Charlie Hebdo n'ont jamais gêné personne, à part quelques intégristes chrétiens inaudibles. Il en va tout autrement de l'islam : procès, pressions, menaces de morts, etc. Si l'État n'a pas (encore) fait de l'islamophobie un délit, les islamistes djihadistes en ont fait un crime. La sanction : la peine de mort. Depuis janvier 2015, qui a osé caricaturer le Prophète Mohamed ?

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Benvoyons - 22/06/2018 - 18:17 - Signaler un abus Merde je ne pourrai plus parler du livre le Coran en

    parlant qu'Allah dans la Sourate 23 & le verset 6 dit que le musulman peut vivre sa vie sexuel avec ses femmes & ses esclaves. Donc en fait Allah valide le fait d'avoir des esclaves donc l'esclavage & cerise sur le Gâteau le Maitre peut utiliser sexuellement son esclave. Comme elle n'a pas son mot à dire cela veut dire qu'Allah est d'accord sur le viole. Donc de montrer ça comme abjecte & bien sera un Blasphème alors que les droits de l'homme l'interdit. Ma préférence sera la Prison car me soumettre à ça alors que c'est parfaitement abjecte m'est impossible.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Naëm Bestandji

Naëm Bestandji est militant laïque et féministe. Il a longtemps travaillé dans le domaine socio-culturel auprès des enfants et adolescents des quartiers populaires, où il a été très tôt confronté à la montée de l'intégrisme religieux.

Son blog : naembestandji.blogspot.fr

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€