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Nouvelle technique de diagnostic
de la trisomie 21 : l'intérêt des laboratoires n'est pas forcément celui des patients

Une nouvelle technique pour dépister la trisomie 21, effectuée directement à partir du sang de la mère, déferle actuellement en Europe et est déjà annoncée en France. Présentée comme un progrès, elle présente en réalité de grands dangers et pose de sérieuses questions éthiques.

Diagnostic

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Nouvelle technique de diagnostic
de la trisomie 21 : l'intérêt des laboratoires n'est pas forcément celui des patients

Plus besoin de subir une amniocentèse pour dépister une éventuelle trisomie 21. Les futures mères vont bientôt bénéficier d'un test diagnostique sanguin innovant beaucoup moins dangereux.  Crédit Reuters

Dans les pays européens déjà concernés par cette nouvelle technique (Allemagne, Autriche, Liechtenstein, Suisse), des responsables politiques et de santé publique, des associations de défense des droits des personnes handicapées ont manifesté leur  vive inquiétude à ce sujet. La France doit prendre la mesure du problème.

Cette nouvelle technique est l’objet d’un marché stratégique particulièrement lucratif puisqu’il concerne l’ensemble de la population féminine qui souhaite procréer. Or une communication déformante a tendance à confondre marketing de laboratoire et information scientifique.

Le premier argument de vente repose sur la fiabilité à 100 % de la nouvelle technique, qui aurait pour avantage de ne cibler que les bébés anormaux. En effet, elle permettrait de faire l’économie de l’amniocentèse qui entraîne 1 % de fausses couches. Autrement dit, le progrès annoncé repose sur un principe de discrimination qui considère que la vie des normaux vaut plus que celle des anormaux. Affirmer que le dépistage de la trisomie sera bientôt « moins dangereux » signifie donc que la mort n’est dangereuse que pour les bébés sains. Pour ceux qui seraient imparfaits, c’est leur destin !

Le second argument de vente consiste à affirmer que la liberté de choix de la mère sera toujours garantie. Mais depuis quinze ans, la courbe des interruptions de grossesses trisomiques suit précisément celle du dépistage. Plus il y a de dépistage, moins il y a de naissances trisomiques. Aujourd’hui 96 % des bébés trisomiques diagnostiqués sont déjà éliminés. Ce pourcentage n’est pas un marqueur de liberté. L’effet incitatif de l’offre de dépistage et la pression qu’elle implique sont évidents. Son économie aussi : on ne dépiste pas si on veut garder son bébé. Pourquoi vouloir améliorer encore une « performance » de 96 % ?

La combinaison de ces deux arguments de vente conduira au résultat suivant : on n’éliminera plus que des bébés anormaux, mais on les éliminera tous.

A ce résultat s’ajoute une donnée absolument nouvelle liée à la précocité du diagnostic. Celui-ci pourra être pratiqué à un moment où l’IVG est encore possible. Or les femmes n’ayant pas à en justifier, les causes de ces IVG sélectives resteront inconnues, ce qui n’est pas le cas de l’IMG aujourd’hui. A l’extermination des bébés trisomiques s’ajoutera l’assassinat de leur mémoire. Ils seront victimes d’un eugénisme silencieux et indécelable.

La Fondation Jérôme Lejeune, reconnue d’utilité publique, qui a créé la plus importante consultation de personnes touchées par la trisomie 21 et qui est le premier financeur de la recherche sur la trisomie dans une perspective thérapeutique, engage les autorités sanitaires qui auront à prendre des décisions sur ce nouveau dépistage à réfléchir à plusieurs questions :

  • A combien de centaines de millions d’€ /an s’élève déjà et s’élèvera demain le coût du dépistage généralisé de la trisomie 21 pour l’Assurance maladie et pourquoi la recherche à finalité thérapeutique sur cette pathologie n’est-elle pas financée au même niveau ?

  • La non-fiabilité (marqueurs sériques et échographie) et les risques inhérents à la pratique d’examens invasifs (amniocentèse, choriocentèse) du dépistage actuel sont évoqués dans les arguments de vente du nouveau test. Mais quelles avaient été les mises en garde sanitaires sur ces risques connus depuis quinze ans ?

  • Les CPDPN (centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal) délivrent automatiquement des autorisations d’interruption de grossesses en cas de trisomie 21. Ce systématisme ne correspond pas à la mission qui est la leur. Pourquoi sont-ils toujours agréés par l’Agence de la biomédecine Quel pilotage assume-t-elle dans ce domaine ?

  • Certains praticiens appartenant à la fonction publique vont être à la fois promoteurs du nouveau dépistage et conseillers des laboratoires concernés qui fabriquent et commercialisent le nouveau test. Qu’en est-il de la transparence des rémunérations et de l’indépendance de jugement ?
 
Commentaires

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  • Par trapanel - 07/09/2012 - 10:51 - Signaler un abus désolé, cher monsieur...

    vous partez d' un principe de base qui est le votre, le foetus est un être vivant qui doit vivre....Désolé mais votre comité Théodule est ,comme toutes ces associations soi-disant d'utilité publique,d'une partialité qui n'a aucun intérêt puisque préorientée par la religion .Désolé, mais au niveau du droit , un foetus n'est rien où pas grand chose. De plus les parents n'ont pas à subir, pendant toute leur vie, les malheurs inhérents à cette trisomie 21. Ceux vraiment concernés savent ce qu'est un calvaire et, s'il est subi et accepté, c'est vraiment à contre-coeur. Ils n'ont pas envie de devenir, eux, les "saints" de votre religion; Ceux qui ont eu ce genre de malheur savent de quoi je parle, mais que ceux qui n'en n'ont pas eu se taisent car ils ne parlent que de principes qui, comme chacun sait, ne résistent pas longtemps à l'épreuve de la vie.

  • Par golvan - 07/09/2012 - 10:53 - Signaler un abus Le masque et la plume

    Monsieur Le Méné est un opposant à l'avortement qu'il soit thérapeutique ou non. Il convient de le savoir avant de lire son article et de lui ôter son masque. Pour monsieur Le Méné, l'embryon étant un don de Dieu et la vie étant sacrée, une femme qui porte en elle un enfant trisomique a le devoir de le mettre au monde. C'est une conviction religieuse tout-à-fait honorable s'il parle de lui-même et de son épouse, laquelle ne sera d'ailleurs pas forcément d'accord, mais i est inutile de dissimuler ces convictions religieuses derrière le paravent d'une démonstration pseudo-rationnelle et scientifique. Si autant de femmes qui portent un enfant trisomique refusent de le mettre au monde, c'est que ce sont les femmes qui souffrent ensuite toute leur vie à s'occuper de lui, et elles savent certainement mieux que ce monsieur Le Méné ce qui est bon pour leur famille et pour elles-mêmes.

  • Par egiron - 07/09/2012 - 11:44 - Signaler un abus @trapanel

    Je suppose que vous avez un enfant trisomique, car si tel n'était pas le cas, et en suivant votre logique (je site : "que ceux qui n'en n'ont pas se taisent") vous n'auriez pas laissé de commentaire. Pardonnez moi, mais j'en doute. En effet, la plupart des personnes que je connais ayant un enfant porteur de la trisomie 21 vivent avec bonheur la relation avec celui-ci, même si, au quotidien, cela n'est pas toujours facile. Maintenant, su le principe de base, je vous rappelle le préambule de la loi sur l'avortement de 1975 (article 1er) : "La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi." (article abrogé en 200 par ordonnance, donc sans débat, car il faisait tâche...). Maintenant, légalement, il est vrai qu'un foetus n'est rien car en effet, vous avez le droit de demander une img pour un enfant trisomique tant qu'il n'est pas né, c'est à dire jusqu'au jour même de l'accouchement. Libre à vous de penser que cela relève de la liberté de chacun... Quelle logique : avant l'accouchement, aucun problème, et 5 mn après, c'est un crime.

  • Par Ganesha - 07/09/2012 - 12:24 - Signaler un abus Article Tendancieux, Mensonger et Sectaire

    Egiron nous dit : "vivent avec bonheur la relation avec celui-ci". Sans doute espérez vous influencer quelques jeunes-femmes naïves, n'ayant jamais rencontré cette situation. Un conseil : avant de poursuivre la grossesse d'un enfant trisomique, allez visiter les centres dans lesquels ils vivent...

  • Par egiron - 07/09/2012 - 12:45 - Signaler un abus Chère Ganesha

    Je me suis occupé d'enfants handicapés (entre autres porteurs de la trisomie 21), en France, au Liban et à Madagascar. Actuellement mon épouse travaille dans le secteur du handicap, notamment pour la promotion de projets destinés à améliorer leur conditions de vie et en soutien à leur famille. C'est donc d’expérience que je me permets d’émettre un avis sur le sujet et de rapporter ce que j'ai vécu et l'état d’esprit des familles rencontrées ayant un membre porteur de cet handicap. Maintenant, je suppose que pour me traiter de menteur, de tendancieux et de sectaire, vous devez certainement avoir quelques arguments et expériences à nous relater. Votre commentaire de 4 lignes est péremptoire et ne s'appuie sur rien. Donc à vous lire.

  • Par trapanel - 07/09/2012 - 12:53 - Signaler un abus a Egiron

    Merci pour votre réponse...Justement là est tout le débat... Vous dites " même si au quotidien cela n'est pas toujours facile", vous plaisantez par cet euphémisme j'espère. car si la relation avec l'enfant , largement adulte d'ailleurs, ne pose aucun problème , le quotidien est un labeur harassant de tous les jours , ceux que vous avez déjà vécu avec lui et ceux qui vous reste encore à vivre, et avec la sempiternelle question angoissante , la vieillesse arrivant " Que va-t-il devenir quand nous ne serons plus là"....Vous voulez être utile..proposez à ceux que vous connaissez de s'occuper du cher bambin , ce qui leur permettraient de ne penser qu'à eux, pendant quelques jours ( et encore ce n'est pas sûr) ils vous remercieront plutôt 2 fois qu'une. Ah ces théoriciens...

  • Par pehm - 07/09/2012 - 12:58 - Signaler un abus @ Trapanel

    Vous semblez confondre droit et morale en affirmant qu'un foetus n'est rien. Alors, à partir de quand vous fixez qu'un être est humain? Ces enfants qui naissent avec un handicap, en quoi sont-ils moins dignes de vivre que des enfants normaux? Et si un enfant en bonne santé devient, à la suite d'un accident ou d'une maladie, handicapé moteur ou mental, doit-on le supprimer au nom du confort des parents et de la société? Petite précision avant d'être qualifié de catho intégriste: je ne suis pas croyant (pas athée non plus ) et si j'ai bien une bible comme livre de chevet (au sens strict du terme), je la considère comme écrite par des hommes, peut-être "inspirés", mais capables de dire des âneries...

  • Par trapanel - 07/09/2012 - 13:04 - Signaler un abus ah pardon

    je n'avais vu votre réponse à Ganesha...Justement là est toute la différence entre s'occuper pendant ses activités d' handicapés , même et surtout trisomiques,et avoir un cas avec soi depuis plus de 40 ans... et tout ça pour un foetus de plus où de moins..Si on me l'avait proposé il y a 40 ans j'aurais certainement refusé, mais aujourd'hui j'accepterais et je ferais même un chèque..

  • Par ghislfa - 07/09/2012 - 14:00 - Signaler un abus Quand on a un enfant sain

    on méconnaît, dieu merci, le souci d'avoir un enfant que en a, des soucis. On s'attache bien plus à ces enfants parce qu'on mesure tout l'effort qu'ils doivent faire pour affronter la vie avec moins d'armes que les autres et combien ils sont humains, méritent d'être aimés et méritent de vivre. Ce n'est, cependant, pas une raison, dans la mesure où on peut l'éviter, d'imposer aux parents l'épreuve terrible de les concevoir. En effet, les autres enfants de la fratrie, même s'ils participent à l'affection générale pour leur frère/sœur, voient leur vie troublée (c'est un faible mot) L'article ci-dessus est empreint d'un préjugé anti-avortement doctrinaire et, donc, inhumain. Qu'il se taise!!!

  • Par cednono - 07/09/2012 - 14:55 - Signaler un abus à mon tour

    je plante le décor : je vis avec un enfant handicapé mental et moteur (hydrocéphalie à la naissance). Le quotidien lourd, le stress du futur quand je ne serai plus là, les impacs sur les frères et soeurs, le regard des gens dans la rue et dans les grandes surfaces, sur la plage etc je connais par coeur. Ce que je pense, c'est que le foetus est un être humain dès le début, d'ailleurs on recommande de ne pas boire et de ne pas fumer enceinte. Quelle importance si la mort d'un foetus n'est rien ?... Je ne jugerai jamais quelqu'un qui avorte face au handicap annoncé mais je dis que si le handicap est dur à vivre en France spécialement, mais partout en général, ce n'est pas la faute du handicap mais de la société et de notre propre regard. Je m'explique : pour les gens aujourd'hui une vie réussie c'est du pognon, un boulot reluisant une belle voiture et des vacances au ski. Pensez-vous que les handicapés sont systématiquement malheureux ? Non, ceux qui sont conscients de leur état ont des souffrances, comme nous en avons aussi, mais ils ont leur joie et je peux vous dire que les familles d'enfants trisomiques ne sont ni moins ni plus heureuses que les autres. cf Bienvenue à Gattaca

  • Par lilou49 - 07/09/2012 - 15:55 - Signaler un abus Merci monsieur Le Mené

    Mère d' une jeune fille trisomique, pour elle et tous les autres trisomiques je remercie ce Monsieur, d'apporter un éclairage différent . Les jeunes femmes actuelles vivent dans la hantise d'avoir un bébé avec un défaut ... un gros souci ou presque rien. Les grossesses deviennent anxiogènes, je l'ai remarqué auprès des jeunes femmes qui m'entourent. Le diagnostic prénatal pour soigner et mieux accueillir le bébé à naitre oui, mais si cela est pour éliminer au moindre défaut non. Nos enfants handicapés trisomiques ou autres souffrent du regard des autres, et les parents avec eux. Car paradoxalement la société aide l'enfant quand il nait même handicapé ou malade (un travail merveilleux est fait pour eux, j'en sais quelque chose,même si tout n'est pas parfait) et de l'autre l'on déploie des budgets immenses pour les dépister et les éliminer .Si depuis des années nous avions employés les mêmes moyens pour la recherche pour soigner les malades atteints de trisomie 21, ils vivraient sans doute mieux et le regard sur eux aurait changé : avant d'être trisomiques, ils sont les enfants d'un père et d'une mère. Serons-nous libre d'accueillir demain un enfant avec un chromosome de plus ?

  • Par sandhom - 07/09/2012 - 17:30 - Signaler un abus N'importe quoi

    Faire un dépistage ne veut pas dire avorter obligatoirement. Les parents prennent une décision mais en toute connaissance de cause. Le choix est réfléchi. Ah la religion et la science ....!

  • Par Ganesha - 07/09/2012 - 17:38 - Signaler un abus Divine Surprise

    Loin de moi, l'idée de juger et d'influencer votre vie ! Ce qui me met en colère, c'est que vous essayiez de contester le "droit de savoir", qui est un droit humain fondamental, et que vous vouliez maintenir la "Divine Surprise" : découvrir la trisomie en salle d'accouchement ! Ceci dit, comme tout ceux qui veulent lutter à le Progrès et la Liberté, vous n'irez certainement pas très loin ! Ce que je comprendrais, c'est que vous éditiez un petit dépliant où il serait dit : madame, vous venez d'apprendre que votre test est positif : contactez nous, et nous vous présenterons nos enfants et notre vie de famille... Mais attendez-vous tout de même à ce que beaucoup considèrent que "c'est au dessus de leurs forces" et ne souhaitent pas relever "le défi que le Seigneur leur propose" !

  • Par Zonder - 07/09/2012 - 17:57 - Signaler un abus Un article très partial

    Cher monsieur, votre article est tout à fait partial. Cette technique sera probablement amenée si son efficacité se confirme à remplacer l'amniocentèse, geste qui présente des dangers et qui n'est pas sans générer un inconfort (ponction) et une anxiété chez la femme enceinte (et du conjoint). Après, ce qu'en font les couples et leurs décisions leur appartiennent. Les personnes demandeuses d'un diagnostic pré-natal le feront de toute façon via une amniocentèse sinon. La question principale, qui sort des considérations philosophico-religieuses, cela va être l'indication de ce test et son accessibilité. Sera-t-il finalement acessible pour tous (avec des remboursements sélectifs par exemple en cas d'anomalie échographie, de triple test positif ou de grossesse chez une femme ≥ 40 ans) ou bien vraiment réservé en remplacement de l'amniocentèse. De toute façon, qu'est-ce qui empêchera les tubes de voyager pour faire faire le test dans un pays limitrophe dont la legislation permettra de faire le test pour se rassurer tout simplement...

  • Par guigou - 07/09/2012 - 17:58 - Signaler un abus Honte à Atlantico

    On lit parfois des articles très limites sur la religion sur ce site. Mais là, donner une tribune aussi libre à cet enfumeur réactionnaire qui habille de sciences ses dogmes ant-IVG... Atlantico se couvre de honte, même la Croix ne permettrait plus ça !

  • Par carredas - 07/09/2012 - 19:23 - Signaler un abus Ethique...?

    " Faire un dépistage ne veut pas dire avorter obligatoirement." Les futurs parents qui acceptent d'avoir un enfant trisomique ne font pas à priori de dépistage. En une cinquantaine d'années, les rapports de force se sont inversés. Je me souviens du Pr Lejeune, de ses yeux bleus et de la manière dont il semblait si totalement sûr d'avoir raison... Je le trouvais effrayant de certitude... Aujourd'hui, l'article du président de sa fondation est très mal perçu par la majorité des commentateurs et l'avortement thérapeutique devient un droit pour les parents. Il n'y a plus guère que les catholiques pour affirmer qu'une vie vaut une vie et qu'un embryon porteur de la maladie ne devient pas moins humain qu'un autre. Sans remettre en cause le droit à l'avortement, ces cas devraient provoquer la réflexion dépassionnée de chacun de nous. Bien sûr qu'il est normal de vouloir un enfant "normal" mais qui décide de cette normalité ? à partir de quel seuil ? L'auteur de l'article est un catholique hostile à l'avortement, cela n'en fait pas un monstre d'égoïsme, il montre du doigt où la recherche de la normalité peut mener... des questions essentielles non ?

  • Par ヒナゲシ - 07/09/2012 - 19:37 - Signaler un abus Pour ceux qui n'auraient pas compris

    … à qui on a affaire, la requalification de l'avortement en « extermination des bébés » devrait leur fournir un indice facile. JM Le Méné prêche pour sa paroisse… Qui fait-il des dons à la Fondation Lejeune, sinon en grande partie les familles d'enfants trisomiques ? Plus de trisomiques, plus de dons ! Et autant de moins pour les finances de l'Opus Dei.

  • Par bonsens - 07/09/2012 - 23:27 - Signaler un abus Pourqoi éliminer les malades plutôt que la maladie ?

    Ce que je reproche à ceux qui veulent à tout prix se débarrasser des fœtus porteur de trisomie 21, c'est qu'ils n'ont pas l'air de se poser la question pour les autres pathologies. Pour quelle autre pathologies on préfère éliminer le malade que la maladie ? Éradiquer le Sida passerait-il par l'élimination des sidéens ? Alors une fois la question posée et l'interlocuteur "choqué", venons-en à ce qui fâche : pourquoi les petits trisomiques sont-ils é-li-mi-nés ? Parce que, les malheureux, ça se voit sur leur visage et, ça, notre société de bien-portants propres sur eux et performants ne le supporte pas... et ne donne PAS UN CENTIME à la recherche, ... même si c'est pour poursuivre le travail d'un des plus grands généticiens de tous les temps qui a fait autorité dans son domaine. En plus, la recherche avance et très certainement un jour, grâce à la Fondation Lejeune, les patients pourront voir leurs symptômes reculer grâce à des traitements inhibant les gênes malades, et leurs courageuses familles "souffler". Conclusion : la seule façon de sauver les trisomiques, c'est de les guérir. Les éliminer est - même dans le cas où on ne croit ni à Dieu ni à Diable - absurde et inutile

  • Par ヒナゲシ - 08/09/2012 - 00:11 - Signaler un abus Sens de la nuance…

    « pourquoi les petits trisomiques sont-ils é-li-mi-nés ? » Il n'en a jamais été question. Vous devriez être plus attentif : il s'agit d'éviter que des embryons ne deviennent de « petits trisomiques ».   « Éradiquer le sida passerait-il par l'élimination des sidéens ? » Comparaison sans aucune pertinence, puisque dans ce dernier cas on a affaire à des personnes humaines déjà existantes, et non à des embryons.

  • Par carredas - 08/09/2012 - 08:03 - Signaler un abus @bonsens

    Peut-on vraiment parler de "maladie" dans les cas d'anomalie génétique ? comment enlever un chromosome surnuméraire ? Il y aura sans doutes des avancées dans le futur sur ces anomalies, mais les familles confrontées au diagnostic sont dans le présent. La grande majorité des anomalies génétiques entrainent une fausse-couche spontanée car les foetus ne sont pas viables. Il semble que la trisomie 21 soit la plus courante et la plus connue de ces anomalies, ses effets sur le développement sont certains mais pas mortels. L'avortement thérapeutique flirte avec l'eugénisme puisqu'il permet de ne pas laisser venir au monde des foetus porteurs de maladies lourdes. Mais c'est aussi parfois la fausse-couche qui aurait du avoir lieu naturellement. Personne ne peut juger le choix des parents, surtout pas ceux qui ne savent rien de la vie au quotidien avec un enfant handicapé. Mais la vie, le droit à la vie, le respect de la vie, le moment à partir duquel un embryon devient un être humain, sont des sujets de réflexion qui nous concernent tous et pas seulement les médecins ou les politiques qui font les lois.

  • Par LECANDIDE - 08/09/2012 - 09:58 - Signaler un abus En bref:

    Ce que nous venons de lire n'est pas un article scientifique. C'est un tissu de conneries écrit par un illuminé qui ne se rend même pas compte du grotesque qu'il y a à vouloir démontrer qu'une technique fiable à 100% est moins utile qu'une technique imparfaite (risque de faux négatifs) et risquée (1% de fausses couches en cas d'amniocentèse...). Bref ce ne sont ni plus ni moins que les délires d'un fanatique.

  • Par sevignacq1 - 10/09/2012 - 11:40 - Signaler un abus A qui profite le crime ?

    Je suis atterrée par la violence des réactions suscitées par cet article qui ne fait que rétablir la vérité sur les implications éthiques de ce nouveau test de dépistage… Qui dit dépistage, dit avortements thérapeutiques en masse à la clé, et enjeux financiers colossaux pour les laboratoires... Je suis toujours étonnée de voir que ceux qui se disent les plus tolérants fustigent, ceux qui défendent ceux qui sont privés par la société de toute reconnaissance. Ils n’ont pas le droit de naître parce qu’ils sont différents, que la société leur refuse le droit de vivre et encourage leurs parents à les abandonner… L’annonce d’un handicap chez l’enfant qui est attendu n’est jamais une bonne nouvelle, c’est certain. Quelle société construisons-nous en organisant l’éradication progressive de toute une partie de la population ? Les personnes handicapées nous dérangeraient-elles ? « Petit d’homme, attention, as-tu obtenu ton permis de vivre ? Tu me dit avoir été recalé ? Mais alors, je ne peux plus rien pour toi sinon faire entendre ta voix auprès des tiens, tes frères en humanité ! » Merci, Monsieur Le Méné de venir titiller nos consciences ! Réveillons-nous !

  • Par sevignacq1 - 10/09/2012 - 11:46 - Signaler un abus A qui profite le crime ?

    Je suis atterrée par la violence des réactions suscitées par cet article qui ne fait que rétablir la vérité sur les implications éthiques de ce nouveau test de dépistage… Qui dit dépistage, dit avortements thérapeutiques en masse à la clé, et enjeux financiers colossaux pour les laboratoires... Je suis toujours étonnée de voir que ceux qui se disent les plus tolérants fustigent, ceux qui défendent ceux qui sont privés par la société de toute reconnaissance. Ils n’ont pas le droit de naître parce qu’ils sont différents, que la société leur refuse le droit de vivre et encourage leurs parents à les abandonner… L’annonce d’un handicap chez l’enfant qui est attendu n’est jamais une bonne nouvelle, c’est certain. Quelle société construisons-nous en organisant l’éradication progressive de toute une partie de la population ? Les personnes handicapées nous dérangeraient-elles ? « Petit d’homme, attention, as-tu obtenu ton permis de vivre ? Tu me dit avoir été recalé ? Mais alors, je ne peux plus rien pour toi sinon faire entendre ta voix auprès des tiens, tes frères en humanité ! » Merci, Monsieur Le Méné de venir titiller nos consciences ! Réveillons-nous !

  • Par jmonclas - 10/09/2012 - 12:06 - Signaler un abus merci

    Père d'un enfant atteint de trisomie 21, je suis scandalisépar les propos qui sont tenus contre Monsieur Le Méné. Comment peut-on le traiter de fasciste alors même qu'il prend la défense d'enfants dont la condamnation à mort est sans appel. Mon coeur de père saigne pour le jugement injuste dont est victime mon propre enfant ! Moi, je suis condamné par tous ces propos puisque j'ai choisi de laisser vivre mon enfant, de ne rien "intenter contre lui"... Depuis quand un enfant est-il un ennemi ? Ne nous trompons pas de combat et ne cherchons pas la facilité... Il faut guérir cette maladie c'est sûr, mais cela ne nous autorise en rien à supprimer ceux qui sont porteurs de ce gêne de trop !!! Alors ce diagnostic prénatal facilité me fait peur pour toutes les dérives eugéniques qu'il contient !!!

  • Par ヒナゲシ - 10/09/2012 - 23:58 - Signaler un abus Confusion

    « il prend la défense d'enfants dont la condamnation à mort est sans appel ».   Mais enfin, personne de sensé n'a jamais suggéré de *mettre à mort des enfants* ! Il est ici question d'éviter que des embryons — des amas de cellules — ne deviennent un jour des enfants handicapés.   Les mots ont un sens, utilisez-les à bon escient.

  • Par jmonclas - 12/09/2012 - 11:19 - Signaler un abus Les mots ont un sens, utilisez-les à bon escient...

    Les mots ont un sens, utilisez-les à bon escient. Les mots ont un sens, utilisez-les à bon escient. Comme il est facile de se cacher derrière les mots, cela vous permet de dire ce qui vous arrange. En parlant de l'embryon comme "d'un amas de cellules" vous justifiez le fait que l'on puisse le supprimer s'il n'est pas conforme à ce que l'on attend de lui. La réalité est que dès sa conception, l'enfant est donc soumis à une sélection des plus draconiennes, pour que notre confort ne soit pas trop troublé. Et dites-moi comment fait-on pour éviter que des embryons ne deviennent des enfants handicapés ? Je crois bien que c'est en les supprimant donc en portant atteinte à leur croissance. Est-ce le terme de tuer qui vous gêne ? Les mots ont un sens, mais parfois, il est vrai qu'on préfère les enrober de notre bonne conscience pour pouvoir dormir tranquille...

  • Par par raslebol - 12/09/2012 - 19:06 - Signaler un abus cathophobie

    je suis toujours étonnée de voir que des articles de fond touchant des sujets de société, où les questions de l'existence de l'homme sont posées, peuvent donner lieu à des commentaires déplacés, arbitraires et même sectaires, réduisant à néant un échange de réflexions qui pourrait être riche. Jean Marie Lemé préside un organisme qui, reçoit en consultation des personnes atteintes de trisomie 21. Cela lui donne tout à fait la légitimité pour s'exprimer ! Et il sait mieux que beaucoup comment vivent les personnes trisomiques et leur famille ! D'autre part, je n'ai pas vu un seul argument dans son texte qui soit d' ordre religieux ! Je trouve sa tribune plutôt factuelle. depuis quand, d ailleurs, ne peut-on exprimer son opinion sous prétexte qu'on est catholique ? ça finit par être de la cathophobie !

  • Par Octave - 13/09/2012 - 10:41 - Signaler un abus Et si on demandait aux intéressés ?

    J'ai un ami qui est farouchement opposé à l'avortement ; pour une raison bien simple : si l'avortement avait été légal il y a 50 ans , il ne serait pas né .... Sa mère aurait avorté . A- t on demandé à un seul de ces enfants touchés par la trisomie 21 s'ils étaient heureux d'être en vie ou s'ils préféraient ne pas avoir eu le droit de naître ? Il y a une certaine indécence à parler d'eux que comme un fardeau , des embryons jetables . Et ce ne sont pas les premiers concernés qui se permettent de tels jugements . Et paradoxalement ceux sont les mêmes qui prônent une société plus solidaire . Nous avons tous été des embryons jetables et pourtant nous sommes heureux d'etres vivants aujourd hui ! Je ne peux que soutenir l'attitude courageuse de monsieur Le Mené pour sa défense des plus faibles et la persévérance et l'amour inconditionnel des parents de ces enfants .

  • Par benouais - 13/09/2012 - 19:33 - Signaler un abus Des commentaires prétendent

    Des commentaires prétendent ici que l’embryon n'est un amas de cellule. En réalité, si vous faites proliférer un amas de cellules, vous n’aurez toujours, in fine, qu’un amas de cellules ! Au contraire, la cellule issue de la fécondation, qui se divise très rapidement en plusieurs cellules, constitue un être parfaitement organisé contenant en lui-même tout son développement. Et cette cellule issue de la fécondation est totalement nouvelle et unique. Chez l’homme, cette cellule – l’embryon – ne peut devenir qu’un « petit d’homme », c’est-à-dire un être humain ! D'ailleurs, pas un scientifique ne le nie ! Quant au libre choix face à un diagnostic, quand on vous annonce des tas de choses terribles pour l'avenir, vous ne pouvez que refuser ! Et, de fait, plus il y a de DPN, plus il y a d'IMG: il n'y a qu'à avoir les statistiques de l'ABM ! Finalement, dans le cas de la trisomie 21, pour laquelle il n'y a pas encore de traitement, le DPN revient à mettre les parents devant un dilemme atroce, auquel bien peu résiste, d'autant qu'on leur demande de décider au plus vite du rdv d'IMG. Je parle en connaissance de cause: la pression des médecins est stupéfiante !

  • Par benouais - 13/09/2012 - 19:39 - Signaler un abus Traiter la trisomie 21

    Je lis aussi dans les commentaires que "évidemment, on ne peut pas traiter la trisomie 21". Au nom de quoi n'y parviendrait-on pas un jour, comme pour des centaines d'autres maladies qu'on n'imaginait pas guérir un jour ? On ne voit pas comment aujourd'hui, alors on renoncerait ? Et dans 1000 ans, on continuera à faire des milliers d'IMG ! Quelle perspective ! Heureusement que Pasteur, entre autres, étaient plus optimistes ! Pour ce qui concerne la trisomie 21, d'ailleurs, il y a des essais cliniques en cours. La piste suivie n'étant pas, évidemment, d'enlever le chromosome surnuméraire, mais d'en inhiber les effets. La communauté scientifique estime aujourd'hui que cela est possible. Cela est très facile à vérifier, via Google, vu les nombreux articles qui sont parus à ce sujet. Malheureusement, l'Etat mettant tous les moyens sur le DPN, il ne soutient pas la recherche. Et cela ne fait que retarder les progrès !

  • Par ヒナゲシ - 14/09/2012 - 03:30 - Signaler un abus Cherche encore

    raslebol : « je n'ai pas vu un seul argument dans son texte qui soit d' ordre religieux ! Je trouve sa tribune plutôt factuelle ». Hé bé, vous n'êtes pas très regardant ! Employer systématiquement le vocable « bébé » pour désigner un amas de cellules — voire une seule — ne trahit pas une grande probité intellectuelle (pour le moins…). Le Méné ne fait que régurgiter la voix de son maître : l'Église catholique. Il est de notoriété publique que Jérôme Lejeune (dont le procès en béatification est en cours) était président de l'Académie pontificale pour la vie et membre de l'Opus Dei. Nul ici n'a dit que les cathos n'avaient pas droit à la parole, je dis seulement qu'il est bon de savoir « d'où » Le Méné s'exprime…   ❆❆❆

  • Par ヒナゲシ - 14/09/2012 - 03:31 - Signaler un abus Soyons réalistes

    @ benouais : quand j'écris que l'embryon n'est qu'un amas de cellules c'est parce que, au moment où on le considère dans cet état, il n'a pas davantage de système nerveux, de psychisme, de perceptions, de conscience, qu'un embryon d'écureuil ou qu'un escargot. À ce titre j'ai donc bien moins d'état d'âme à l'idée de sa mort que je n'en ai quand, par mégarde, il m'arrive d'écraser sur la route un hérisson. Et qu'on ne me parle pas de *potentialité* à devenir, de *vocation à* être un futur humain, etc. Ce ne sont que vues de l'esprit & écrans de fumée mentaux.   Octave : « J'ai un ami qui est farouchement opposé à l'avortement ; pour une raison bien simple : si l'avortement avait été légal il y a 50 ans , il ne serait pas né… Sa mère aurait avorté . » Mais cela n'a aucun sens ! Puisque s'il n'était jamais né, il ne serait pas là pour le regretter, voyez-vous… Ou alors, si on donne dans le spéculatif, il faut dire que *si* sa mère avait avorté il y a 50 ans, l'univers aurait *alors* pris une autre voie, d'autres humains seraient nés, qui ne sont pas nés. Et ces hypothétiques humains là, alors, se féliciteraient d'être nés, etc.   ❆❆❆

  • Par ヒナゲシ - 14/09/2012 - 03:32 - Signaler un abus Nirvāṇa

    Octave : « Nous avons tous été des embryons jetables et pourtant nous sommes heureux d'etres vivants aujourd hui ! » Vous affirmez sans preuve que le fait d'être né est en soi vécu comme une chose heureuse ou souhaitable, ce qui est loin d'être acquis. Si l'on est de tempérament plus tragique ou violemment dépressif, on peut éprouver le seul fait d'être au monde comme une souffrance. Après tout, mettre au monde une vie, n'est-ce pas faire un condamné à mort ? (Et quand j'écris mort, c'est sans insister sur le cortège de douleurs, de maladies, de vieillesse, etc. qui accompagnent inévitablement toute existence.)

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Jean-Marie Le Méné

Jean-Marie Le Méné est le président de la Fondation Jérôme Lejeune, fondation scientifique et médicale sur la recherche scientifique des soins et de la défense de la vie.

Jean-Marie Le Méné est chevalier de la Légion d’Honneur, membre de l’Académie pontificale pour la vie et consulteur au Conseil pontifical pour la santé. Il est l'auteur du livre Les Premières victimes du transhumanismme qui sera publié au mois de février 2016.

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