Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 19 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

HPV : le vrai/faux de ce qu’il faut savoir sur le papillomavirus

Un certain nombre d'idées reçues persistent concernant le papillomavirus. Nos clefs pour mieux comprendre - et mieux se protéger - contre ce virus.

Vademecum

Publié le
HPV : le vrai/faux de ce qu’il faut savoir sur le papillomavirus

 Crédit JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Atlantico : Une enquête réalisée par le Jo's Cervical Cancer Trust le mois dernier révèle qu'un certain nombre d'idées reçues persistes concernant le VPH. En effet, près de la moitié des femmes interrogées pensaient que leur partenaire les aurait trompées si elles avaient contracté le virus.

Ce virus s'attrape-t-il exclusivement lors des rapports sexuels ?

Stéphane Gayet : Le virus des papillomes humains (VPH) ou en anglais human papilloma virus (HPV) est couramment appelé papillomavirus.

Un papillome (mot dérivé du mot papille signifiant : petite saillie ou protubérance physiologique ; le suffixe "ome" signifie une tumeur). Les papillomes sont des tumeurs bénignes de la peau ou des muqueuses orificielles, ayant un aspect mamelonné et développées à partir de l'épithélium (le tissu de revêtement) et du tissu conjonctif sous-jacent (le tissu de soutien et nourricier contenant des micro vaisseaux sanguins).

Il est mieux de parler des VPH, tant il existe de types différents

Le virus VPH est un virus dont le génome est à ADN (le génome des virus est, soit à ARN, soit à ADN, contrairement aux êtres vivants dont le génome est toujours à ADN). C'est un virus qui est résistant sur le plan physique et chimique. Il faut souligner le fait qu'il existe, au sein des virus à ADN, le virus de l'hépatite B ou VHB (cancer du foie) et le virus d'Epstein-Barr ou VEB (lymphome malin de Burkitt) qui peuvent provoquer des cancers.

Il est préférable de parler des VPH au pluriel, car il en existe de nombreux types différents. Certains types, dont on parle peu, sont à l'origine des tumeurs cutanées bénignes que sont les verrues communes des mains, les verrues plantaires ainsi que les verrues dites planes (juvéniles). Ces VPH cutanés se transmettent d'un individu à l'autre, mais lors d'un contact cutané rapproché et appuyé, et grâce à un microtraumatisme (c'est dire qu'un simple contact ne suffit pas). Ce sont plutôt les VPH responsables de lésions génitales qui nous intéressent ici, car ce sont eux qui sont inquiétants. Leur transmission s'effectue presque exclusivement lors d'un rapport sexuel et quel que soit sont type (génital, anal, buccal). Cependant, il existe une seule exception, c'est la transmission de la mère au nouveau-né et par voie respiratoire, lors de l'accouchement (quand la mère est bien sûr infectée au niveau génital).

Attention aux godemichés ("sex-toys") : ces virus sont résistants

Par ailleurs, étant donné que les VPH sont résistants sur le plan physique et chimique, il est théoriquement possible de se contaminer à partir d'un objet, d'une surface ou d'un matériel quelconque ayant été souillé par le virus. C'est ainsi que les godemichés (très connus sous leur appellation anglaise "sex-toys") constituent des vecteurs efficaces de virus VPH, dans la mesure où ils sont utilisés par des personnes successives sans nettoyage ni désinfection. Contrairement à d'autres virus sexuels beaucoup plus fragiles (VIH notamment), il ne suffit pas d'essuyer simplement un godemiché et de le conserver au sec pour être débarrassé des virus restés à sa surface. De surcroît, les sécrétions sexuelles en séchant constituent une protection efficace pour les virus résiduels qui sont ainsi protégés de la dessiccation.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par gerint - 16/09/2018 - 20:44 - Signaler un abus Nicole Dépine oncologue en Pédatrie contre GARDASIL

    https://www.alternativesante.fr/vaccins/fake-news-autour-du-vaccin-gardasil-ne-nous-laissons-pas-duper On peut certes ne pas être d'accord avec ce Médecin. Mais les arguments de l'article me paraissent forts et ne viennent pas de n'importe qui. Et son avis correspond aussi à celui de pas mal d'autres médecins qui ne sont pas des béotiens dans le domaine

  • Par Stéphane Gayet - 16/09/2018 - 21:26 - Signaler un abus Article scientifique publié sur le site de l'INSERM

    Dans cet article scientifique publié sur le site de l'INSERM, il y a un chapitre sur l'immunogénicité du vaccin anti-VPH ou HPV : http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/8243/MS_2013_12_1161.pdf

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€