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François Hollande contre l’Etat islamique, le match des (erreurs de) stratégies : qui se heurtera le premier au mur de la réalité ?

Depuis sa naissance, l'Etat islamique n'a pas hésité à provoquer les plus grandes puissances du monde, quitte à compromettre son ambition de gérer durablement un jour un Califat islamique. De son côté, la "tournée" diplomatique du Président visant à former une coalition internationale semble ne rapporter qu'une simple réponse émotionnelle aux attentats.

Aveuglés par les sentiments

Publié le - Mis à jour le 27 Novembre 2015
François Hollande contre l’Etat islamique, le match des (erreurs de) stratégies : qui se heurtera le premier au mur de la réalité ?

Bombardements Français.  Crédit Reuters

Atlantico : L'Etat Islamique semble être pris entre deux objectifs qui semblent contradictoires : l'un, plus rationnel, qui vise à l'établissement d'un Etat dont le but est d'administrer un territoire et une population ; et un autre plus mystique, qui vise à une fin du monde. Comment analyser cette tension entre ces deux objectifs au regard des différents événements qui ont fondé l'Etat Islamique ?

Alexandre Del Valle : A l'instar de l'Etat nazi, l'Etat islamique, même s'il est moins avancé que le IIIème Reich, fait le veux d'édifier un Etat total, c'est-à-dire qui contrôle, englobe de façon totalisante les individus et toute la société dans une logique de domination absolue et au nom d’une vision apocalyptique du monde et de l’Histoire. Et à ce totalitarisme étatique s'ajoute une dimension idéologique théocratique messianique et mortifère: celle d'un islamisme radical qui triompherait de tout le reste du monde dans le cadre de la bataille ultime précédent la fin de l’Histoire et le triomphe final du « vrai » islam sur le reste de l’Humanité mécréante.

Sans cette dimension théocratique et apocalyptique, les cadres irakiens qui structurent en partie l'Etat islamique auraient pu prendre le pas sur le noyau dur salafiste messianique et mortifère. Mais comme Adolf Hitler, qui dans sa mégalomanie d'hyperpuissance et de culte de la Race Aryenne supérieure, défia de façon suicidaire tout le monde à la fois (Américains, Russes, Anglais) et donc fut vaincu, les djihadistes de l'Etat islamique ont commis l'erreur de provoquer à la fois les Russes les Français, les Iraniens, les Kurdes, les Américains et même leurs parrains ou alliés objectifs saoudiens et turcs... Ils ont ainsi défié tout le monde car le reste du monde est un ensemble d’ennemis dans leur croyance fanatique, mais ceci sans avoir les mêmes moyens que l'Allemagne des années 1940, qui fut pourtant elle-même vaincue.

>>> Lire également - Le hadith de Mahomet qui permet de comprendre la mécanique précise de la stratégie de l’Etat islamique (et ses prochaines étapes)

Du point de vue de la stratégie occidentale des Etats rationnels, il y a une contradiction fondamentale entre ces deux logiques : celle visant à édifier un Etat voué à durer dans le temps, et celle, transnationale et a-étatique, car purement idéologique et révolutionnaire visant à déclarer la guerre au genre humain ce qui met en péril la pérennité même de l’Etat islamique. En réalité, la logique de ces fanatiques qui forment le noyau idéologique de l'EI, ce n'est pas du tout celle de l’ancien régime baathiste dictatorial  irakien et de ses anciens cadres et officiers ralliés à l’EI, mais elle participe d’un démarche apocalyptique totalitaire thanatocratique, donc suicidaire, pilotée par le noyau dur salafiste-jihadiste qui croit dur comme fer que la vie d’ici bas n’a pas d’importance et que la foi du martyr-islamikaze peut vaincre n'importe quel ennemi du fait que la violence sacrée de ceux qui « aiment la mort » aurait la capacité de sidérer, fasciner et soumettre tous ceux qui ont peur de perdre la vie. C'est une croyance absolue, une force diabolique pour nous, mais divine pour eux, qui les motive à rechercher le chaos total et le combat final entre les adeptes de la Vraie foi et ceux qui refusent de s’y soumettre, l’issue étant le paradis à l’ombre des épées et la récompense des martyrs non pas ici bas mais dans l’au-delà.

Du point de vue des références historiques  et stratégiques, elles diffèrent des nôtres, car les Salafistes ne se réfèrent qu’aux « ancêtres pieux » (as-salaf) et « successeurs bien guidés » (« califes rachidoun ») qui ont côtoyé ou succédé au prophète Mahomet, et qui, en très peu d'années, ont réussi à conquérir la moitié du monde connu d’alors, grâce non pas à une stratégie purement rationnelle mais grâce à la force invincible de la foi et du culte de la guerre. Cette stratégie de la sidération est vouée selon eux à soumettre peu à peu, par mimétisme et syndrome de Stockholm, l’ensemble de l’humanité « esclave de la vie ». L’idée est que l’Etat islamique n’est qu’un moyen pour créer les bases et les conditions d’un Califat universel fait d’une Oumma, communauté des croyants, appelée à grossir de façon incessante du fait même du pouvoir marketing et publicitaire extraordinaire de cette stratégie de la terreur psychologique et de la Sidération par la violence absolue.  De même que les « pieux ancêtres » et premiers Califes qui surent en quelques décennies vaincre des empires bien plus puissants que les tribus arabes, notamment les empires byzantin et perse, les djihadistes contemporains sont convaincus que leur foi absolue en Allah et leur capacité de donner leur vie pour leur cause supérieure de soumission de l’Univers leur permettre à moyen ou court terme de vaincre des ennemis apparemment plus nombreux et plus forts qu’eux.

Cela explique pourquoi au lieu de se concentrer sur les territoires conquis en Syrie et en Irak, l’Etat islamique tente par tous les moyens (provocations ; attentats islamikazes perpétrés partout dans le monde, de la Russie à la France et passant par la Tunisie ou la Chine), à attirer « l'ennemi lointain » (Occidentaux et Russes) sur leur territoire, quitte à risquer de voir cet Etat anéanti. Mais pour eux, l’Idée de la Soumission (signification du terme Islam ici pris à la lettre) de la planète perdurera et survivra à la destruction de l’Etat islamique, de même que Al-Qaïda et les Talibans afghans ou pakistanais ont survécu à la destruction - par les armées occidentales - de l’Etat taliban du Mollah afghan Omar. Loin d’être contradictoire, cette logique apocalyptique qui implique un détachement par rapport aux biens d’ici-bas, y compris un Etat, fait que lorsque nous croyons les vaincre en détruisant un Etat édifié ou géré par eux, ils pensent au contraire avoir gagné car non seulement ils meurent en martyrs et font donc partie des élus, mais surtout ils sont persuadés que leur martyr et la mort des civils innocents tués par nos bombes vont multiplier chez nous comme chez eux le nombre de leurs adeptes. Par ailleurs, il faut garder présent à l’esprit que le djihad en tant que guerre sacrée n’est pas seulement l’ultima ratio ou une « prolongation de la politique par d’autres moyens », mais une fin en soi, une voie de salut et l’équivalent de millions de prières.  Certes, pour nous ou pour tout adepte de stratégie rationnelle liée à une démarche d’impératif de survie et de pérennité de l’Etat, on ne peut pas durablement combattre plusieurs ennemis à la fois, la nécessité absolue d'un Etat « normal », non suicidaire, étant en général, mêle pour les pires dictatures, de survivre, ce qui implique de procéder à des alliances et à la hiérarchisation de l’Ennemi (« ennemi principal »).

Mais pour une idéocratie utopiste et apocalyptique valorisant plus la Mort que la Vie et la Survie, comme l’est l'Etat islamique - à l’instar d’Adolf Hitler qui a tout fait pour réunir toutes les forces du monde contre lui alors qu’il aurait pu survivre en hiérarchisant les ennemis – tout doit être sacrifié au nom de la prophétie annonçant la Lutte définitive entre les forces du Mal (« mécréance et « croisés ») et celles du Bien. Et seuls seront élus ceux non pas qui préserveront l’Etat totalitaire islamique, mais ceux qui mourront au combat face à toutes les Forces coalisées du Mal qu’il faut par conséquent attirer. Or la bataille finale doit selon les salafistes se dérouler en Syrie dans la cité de Dabiq.  A contrario, s’il n’avait pas cette dimension idéocratique et mortifère, l'Etat islamique pourrait ressembler à un pays comme l'Iran, qui est également totalitaire et globalisant, mais qui demeure avant tout dans une logique de pouvoir étatique et de survie. Malgré son modèle totalitaire, et bien que la République iranienne ait pu financer certains mouvements terroristes, elle tient suffisamment à sa survie pour serrer la main de leur pire ennemi (occidental) si nécessaire, comme cela s’est passé récemment avec les Etats-Unis et les Européens récemment dans le cadre des négociations autour du programme nucléaire iranien.

Vous, Alexandre Del Valle, vous qualifiez l'Etat Islamique de régime totalitaire, terroriste. En quoi l'Etat Islamique se différencie-t-il des autres régimes totalitaires du XXe siècle, et en quoi se différencie t-il des mouvements terroristes, comme Al Qaeda ? 

Alexandre Del Valle : La différence avec Al Qaida est celle du degré et non de la nature. L'Etat islamique est en partie une scission d'Al Qaida, un prolongement, une continuation et même un achèvement. Al Qaida avait pour habitude d'évoquer le Califat, et l'Etat islamique s'est mis pour objectif de le concrétiser. Par contre, comme je l'évoquais tout à l'heure, l'Etat islamique se différencie de régimes totalitaires comme la Corée du Nord, le Soudan, Cuba jadis, non pas sur le plan du degré ou de l’intensité mais sur le plan de la nature même. En effet, si ces derniers tenaient -et tiennent toujours- à leur survie, la Corée du Nord, l'ex-URSS, Cuba ou la Corée du Nord aujourd’hui ont toujours su s’arrêter avant de franchir la ligne rouge et d'être détruits. Par exemple, dans les années 1990-2000, le régime des talibans avait le choix entre livrer Ben Laden aux Américains ou être détruit, mais ils ont préféré être détruits. A contrario, le Soudan national-islamiste, totalitaire lui-aussi, mais non suicidaire, avait demandé à Ben Laden de partir plutôt que d’être détruit sous les bombardements américains. Ce régime avait livré le terroriste Carlos pour la même raison. Et l’Iran fait de même en négociant avec la Diable occidental, se que ne fera pas le Salafiste-jihadiste qui préfère la mort à la vie et cherche à accélérer l’avènement souhaité et tant attendu de la Fin du Monde.

Suite aux attentats du 13 novembre, François Hollande a immédiatement répondu en indiquant que la France était "en guerre", ceci sans en préciser les contours et les objectifs de la victoire. De la même façon, la "tournée" du président, visant à former une coalition internationale semble n'être basée que sur une simple réponse émotionnelle aux attentats. En quoi la politique étrangère française perd elle également, évidemment dans un tout autre registre et selon ses standards historiques, de sa rationalité ?

Florent Parmentier : Le concept de rationalité peut recouvrir plusieurs sens : on peut être rationnel en valeur (suivre un comportement qui nous paraît juste) ou rationnel en finalité (adopter un comportement en fonction des fins attendues de celui-ci). Le rationalisme en matière de relations internationales suppose d’expliquer les comportements des Etats en fonction des intérêts de ceux-ci, dont découle une certaine logique. Cette rationalité peut en outre être limitée faute d’accès à une information nécessaire pour prendre des décisions, et par ailleurs la rationalité ne dispense pas de s’interroger sur l’importance des représentations du monde, fondamentales pour comprendre le comportement des acteurs.

De la même manière, la politique étrangère peut être analysée sous ces différents prismes. Avec le recul, vouloir renverser Bachar Al-Assad pouvait être une décision rationnelle en valeur, en raison de son bilan humain, mais ce n’était nécessairement une décision rationnelle en finalité, permettant l’émergence d’un régime démocratique en Syrie. S’adressant à l’opinion publique à l’heure des chaînes d’information en continu, la réponse du pouvoir politique ne peut être dans un premier temps qu’émotionnelle. Cela n’empêche pas les institutions, dans le même temps, de prendre des décisions rationnelles, de travailler dans l’ombre à l’établissement de solutions. Le verbe oblige à mobiliser le champ lexical de la guerre, afin de remobiliser une population sonnée, mais le système diplomatique prend vite le relai pour travailler à l’établissement d’une coalition internationale, qui n’est pas une simple réponse émotionnelle, ni une stratégie de communication, mais une nécessité afin de priver Daech non pas d’alliés, mais de complices. Il est vrai néanmoins que la surenchère guerrière pourrait être une source de perte de sang-froid, et donc au final d’une forme de perte de rationalité exprimée à travers le désir de vengeance. Par contraste, la recherche d’alliés suppose un travail de conviction et d’explication fondé sur une raison qui s’adosse à une forte émotion. 

Roland Hureaux : Je pense que la politique étrangère de la France avait perdu sa rationalité depuis quelques années et semble, au contraire, en retrouver un peu aujourd'hui. L'hystérie anti-Assad qui a servi de ligne de conduite depuis 2011 à notre diplomatie a conduit les gouvernements français successifs à livrer de armes et prêter des conseillers militaires, peut-être même des combattants aux rebelles islamistes . Ces rebelles n'étaient pas encore Daesh, mais ils étaient le même genre d'hommes, à un moment où, déjà sur la scène intérieure française ou au Mali, les islamistes étaient considérés comme nos ennemis. Prendre position pour les islamistes contre le gouvenrment légitime syrien pouvait s'expliquer par les choix géopolitiques de la France: l'alliance avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la Turquie, l'Arabie saoudite, le Qatar contre la Russie, et l'Iran. Ce choix pouvait se discuter mais , une fois admis, le gouvernement français , en particulier Juppé et Fabius, n'étaient pas obligés d'en rajouter , de faire de la surenchère et pour le second , de tenter de saboter toute tentative d'accord . En outre, ce choix n'était pas assumé au plan intérieur. Pour l'opinion française, la France combattait en Syrie les islamistes alors que c'était le contraire : elle les aidait. On était en pleine imposture. Par sa surenchère ridicule, par ses contradictions, la France a beaucoup perdu durant ces quatre années de son crédit dans la région et dans le monde. Après les attentats du 13 novembre, le gouvernement français a dû faire un "retour au réel" . Notre ennemi , c'est , disons-nous, désormais l'Etat islamique : on ne saurait reprocher à Hollande , à partir du moment où ce soi-disant Etat revendique les attentats de constater que nous sommes en guerre. C'est lui qui nous l'a déclarée alors que nous avions multiplié les prévenances à l'égard, sinon de Daesh même, du moins de la mouvance djihadiste à laquelle il appartient. "Les ennemis de mes ennemis sont mes amis". Ce changement de posture devrait conduire le gouvernement français non pas à conclure une alliance avec la Russie , ce n'est pas nécessaire, mais à constater que nous sommes , de fait, alliés. De même avec les Etats-Unis qui proclament qu'ils veulent mener une coalition anti-Daesh. Mais en réalité la France n'assume nullement cette nouvelle posture. Elle ne veut pas lever les sanctions à l'égard de la Russie : nous voulons faire la guerre à ses côtés et nous la sanctionnons ! Roosevelt aurait-il maintenu des sanctions contre l'URSS en 1941 ? En outre, notre objectif reste le renversement d'Assad qui dirige pourtant la seule force active contre Daesh sur le terrain et qui serait prêt à nous renseigner sur la mouvance islamiste sur laquelle il en sait beaucoup plus que nous. Mais ces renseignements n'intéressent pas M. Hollande ! A quoi sert donc de faire une tournée des capitales pour prétendument monter une collation ? La Russie n'a pas besoin de nous pour s'engager, même si elle se réjouit de l'évolution de notre position. Les Etats-Unis n'en feront naturellement qu'à leur tête et rien ne dit qu'ils ne vont pas continuer sur leur ligne qui est celle d'un soutien occulte aux islamistes. Le Royaume-Uni, pareil. Les autres ne comptent guère sur le terrain. Et Hollande se garde bien naturellement d'aller voir Erdogan à Ankara, sachant que ce dernier va continuer à soutenir Daesh; comme on l'a vu avec l'attaque turque contre un avion russe qui vient d'avoir lieu. Hollande n'a pas d'autre légitimité que celle de l'émotion justifiée suscitée dans le monde par l'attentat de Paris. Mais ses engagements passés, ses revirements et j'ajouterais, l'insuffisance des forces qu'il a à aligner dans le conflit , font que , je le crains, il ne soit pas pris très au sérieux. On le recevra poliment, bien sûr, mais on n'en pensera pas moins. En fait c'est là de la gesticulation à usage interne. Hollande a constaté que sa cote de popularité avait repris 10 points à la suite des attentats. Quand il se montre en chef de guerre ou qu'il semble mener une action diplomatique d'envergure, cela plait à l'opinion. Incapable de rien entreprendre sur le plan intérieur, il joue la carte internationale à fond. Donc il y a plus de rationalité qu'on ne pense dans son action mais pas celle que l'on croit : c'est de la com' d'abord. Et j'ajouterais qu'il n'y a surtout pas autant de sincérité qu'il en faudrait.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 26/11/2015 - 09:28 - Signaler un abus Les cinq lignes de conclusion sonnent

    comme une victoire de EI-Al Kaida! Pourquoi autant d'adeptes d'une idéologie aussi meurtrière et conquérante que fut le socialisme de l'Est? Parceque cette idéologie rejoint les questionnements des plus naïfs d'entre nous: l'illusion du matérialisme, l'anti-capitalisme, l'entropie du monde et la dilution naturelle des races et des ethnies, le pouvoir spirituel et la finitude des religions. Les islamistes, face à ce questionnement sur la perte de leur pouvoir, choisissent la stratégie de la fuite en avant, celle qui les mène à leur propre mort sans attendre les nations modernes autrement que psychologiquement. Certes, ils feront des émules parmi les perdus-socialement, les anti-matérialistes, les adeptes de la décroissance, ceux qui sont ivres de pouvoir religieux, mais ce pot-pourri de frustrations ne fait pas une Armée, et il est en train de fédérer contre lui le monde libre. Qui aurait cru, il y a quelques mois, que les Russes s'allieraient avec les Américains et les Turcs ( si, si, ils en discutent...) d'un commandement central anti-islamiste? Les gauchistes Français et les Turcs, minoritaires, devront abandonner leurs alliances islamistes soi-disant modérées...

  • Par Ganesha - 26/11/2015 - 09:36 - Signaler un abus Pure Propagande complètement Hystérique et Décérébrée

    Article de pure propagande complètement hystérique et décérébrée ! Petit rappel historique : les américains ont occupé militairement l'Irak pendant 8 ans (troupes au sol) de 2003 à 2011 et ils portent une lourde responsabilité dans le désastre actuel : après avoir pendu le sunnite Saddam Hussein, les USA ont imposé un gouvernement chiite qui s'est conduit de façon épouvantable avec les sunnites ! Quand les troupes de État Islamique sont entrées dans Mossoul, les témoignages sont formels : ces ''terroristes'' ont été accueillis en libérateurs ! Tout comme les français ont accueilli les soldats américains en 1944 ! Mais aujourd'hui, on veut nous faire croire que ''on va arranger tout cela avec 20 bombinettes par jour'' ! La seule solution raisonnable est de laisser effectivement s'établir un ''État Sunnite'' dans cette région et de les laisser se gouverner comme ils l'entendent ! Si nous les laissons ''tranquilles'', eux aussi nous foutront la paix. Devons-nous les obliger à écouter de la musique ? Et si la burqa les amuse… grand bien leur fasse ! Occupons-nous plutôt de la pauvreté et du chômage chez nous !

  • Par Ganesha - 26/11/2015 - 10:00 - Signaler un abus Petite Précision

    Petite précision, je ne suis ni ''Munichois'', ni ''Pétainiste'', je dis simplement que nous n'avons qu'un seul combat à mener , mais celui-ci est capital et urgent, : vraiment intégrer les quelques millions de sunnites qui sont français et vivent en France !

  • Par cloette - 26/11/2015 - 11:53 - Signaler un abus Bien malin

    celui qui comprend quelque chose aux intérêts des uns et des autres au Moyen Orient !;.

  • Par Gordion - 26/11/2015 - 12:11 - Signaler un abus @cloette

    L'orient compliqué, comme disait de Gaulle, et les US n'ont pas forcément compris comment ça marche. Puis-je vous conseiller "Géopolitique: constantes et changements dans l'histoire" d'Aymeric Chauprade, les livres d'Alexandre Del Valle sur l'islamisme, et la Turquie. Comprendre ses ennemis - US et islamisme - ces livres sont utiles.

  • Par Ganesha - 26/11/2015 - 12:18 - Signaler un abus Sykes-Picot

    Cloette, vous m'encouragez à développer ma pensée ! L'absurdité de cet article, c'est de vouloir inventer une comparaison ''tirée par les cheveux'' avec le Nazisme dans un pays unifié comme l'Allemagne ! Ce qui se passe, c'est que les pays du Moyen-Orient ont été créés artificiellement, dans le seul intérêt des pays qui les colonisaient. Ce furent les accords Sykes-Picot de 1916. Ce qui se passe actuellement, c'est un processus de séparation ethnique ou religieuse (Sunnites/Chiites) tout à fait similaire à ce qui s'est passé pour la Serbie, la Croatie et la Bosnie, les Tchèques et les Slovaques, les Wallons et les Flamands, ou mon exemple préféré : les Hutus et les Tutsi.

  • Par cloette - 26/11/2015 - 12:23 - Signaler un abus Gordion

    j'ai le choc des civilisations de Chauprade , mais tout va tellement vite en géopolitique que les mises à jour doivent être faites continuellement ! Et comme en Économie, les spécialistes ont des avis différents , mais Chauprade et Del Valle m'ont l'air biens je vais acheter ce que vous me conseillez !

  • Par padam - 26/11/2015 - 12:29 - Signaler un abus Jeux troubles des uns et des

    Jeux troubles des uns et des autres, dans la plus pure tradition orientale, incapacité mentale à comprendre quoi que ce soit des Américains, incohérences de la diplomatie de la France, il est vrai marginalisée en dépit de la gesticulation verbale actuelle de l'exécutif... A Ganesha: bien sûr, à l'instar des vagues d'immigration antérieures, l'intégration serait la solution logique des populations sunnites d'origine essentiellement algérienne qui ont choisi de vivre sur le sol français. Encore faudrait-il qu'elles expriment clairement cette volonté! Et habitant sur la Côte, je peux vous affirmer que c'est loin d'être évident...

  • Par cloette - 26/11/2015 - 12:45 - Signaler un abus oui mais

    @Ganesha , pour le cas des Sunnites et des Chites il faut savoir qu'ils se détestent depuis toujours !

  • Par cloette - 26/11/2015 - 12:51 - Signaler un abus re Ganesha

    La clé des mystères des actions est sans doute ce qui est dans les sols ou au fond des mers

  • Par brennec - 26/11/2015 - 12:57 - Signaler un abus millénarisme

    Autant appeler les choses par leur nom: il s'agit d'un millenarisme de plus. On en a déjà eu du même genre, la référence a hitler me semble exacte, mais il y a eu aussi les grands soirs, la lutte finale et maintenant l'écologie radicale. Jusqu'a présent aucun n'a prévalu, mais certains ont couté très cher a l'humanité.

  • Par Ganesha - 26/11/2015 - 13:05 - Signaler un abus Cloette

    Nous sommes tout à fait d'accord : la haine sunnite/chiite est millénaire ! Des ''laïques à poigne de fer'' comme Saddam Hussein, Khadafi ou même Assad, ont pu les unir temporairement. Mais François Hollande est un sinistre débile à vouloir rétablir une Syrie et un Irak unifié ! L'heure de la séparation entre états chiites et états sunnites indépendants a sonné !

  • Par zouk - 26/11/2015 - 13:12 - Signaler un abus Imbécilité de notre politique émotionnelle

    D'un côté s'obstiner à exiger l'élimination de Bachar El Assad, qui pourrait donner des renseignements précieux sur Daesh et autres groupes terroristes et maintenir les sanctions prises dans l'émotion contre la Russie est parfaitement contradictoire avec l'objectif d'éradiquer Daesh au moyen d'une coalition dont certains membres possibles sont absolument opposés à l'élimination d'Assad (Iran et Russie) et sanctionnés par nous (Russie). Contradictoire et imbécile. Comment et le Président et le Ministre des Affaires Etrangères peuvent-il être aussi stupides? Au moins, ne cherchent-ils pas à rallier Erdogan, fort dangereux dans son équivoque.

  • Par Ganesha - 26/11/2015 - 13:17 - Signaler un abus Padam

    Ils sont français ! Nous n'avons strictement pas d'autre solution ! Évidement, nous n'avons pas besoin d'un seul sunnite supplémentaire ou, ce qui serait encore pire, c'est d'introduire des chiites ! Les médias ne nous disent jamais de quel bord sont les hordes de ''gentils immigrés''qui se pressent à nos frontières ! Si Angela Merkel ne comprend pas rapidement, il faut rétablir les contrôles à notre frontière avec l'Allemagne !

  • Par LouisArmandCremet - 26/11/2015 - 13:47 - Signaler un abus Méconnaissance...

    M Alexandre Del Valle montre par sa comparaison sa méconnaissance du système sociétique qui se rapproche bien plus de Daesh par sa pensée, sa rhétorique et sa façon de prendre le pouvoir du régime soviétqiue dans les années 20 que du régime nazi. Il serait bien inspiré de relire l'Archipel du goulag de Soljénitsyne !

  • Par jybro - 26/11/2015 - 14:46 - Signaler un abus tactique et stratégies de la tactique

    mon commentaire analytique a été unilatéralement effacé !! posté à 9h17 disparu à10h01. TACTIQUEMENT DISCUTABLE.

  • Par Ganesha - 26/11/2015 - 16:25 - Signaler un abus Jybro

    Je ne me souviens pas l'avoir vu. Essayez de le repasser en évitant tous les mots grossiers et insultants...

  • Par bjorn borg - 26/11/2015 - 21:53 - Signaler un abus Aymeric Chauprade n'est plus au F.N. !

    Quant à vouloir des sunnites en France, c'est contre nature ! Les sunnites sont mieux que les chiites ?? L' amalgame est un peu facile du coup.

  • Par Ganesha - 27/11/2015 - 09:04 - Signaler un abus Sykes-Picot

    Merveille de Démocratie, dans l'émission ''Des Paroles et des Actes'', le ministre de l'Intérieur n a eu en face de lui aucun contradicteur politique, que des questions de citoyens ! Par contre, ce qui m' a plu, c'est ensuite, les brèves interventions de l'islamologue Mathieu Guidère, qui a défendu le même point de vue que le mien : il a même cité le centenaire des accords Sykes-Picot !

  • Par Gordion - 27/11/2015 - 10:45 - Signaler un abus Israël, soutien de Daesh?

    Je pense que M.Hureaux prend ses désirs pour des réalités! Pour ce pays, un régime ba'athiste comme celui d'Assad présentait l'avantage de verrouiller toute contestation, et donc d'assurer une certaine stabilité après le plateau du Golan. Assad savait très bien ne pas franchir la ligne rouge, à savoir une confrontation directe avec Israël. Au moins jusqu'à 2011, début de l'insurrection anti-Assad, et le début du chaos. M.Hureaux aurait peut-être pu dire que Israël soutient "indirectement" le Hamas, dans la mesure où son existence justifie la politique actuelle de ce pays....le Hezbollah, lui, est engagé avec l'Iran, et ne menace pas l'état israélien.

  • Par jybro - 27/11/2015 - 18:20 - Signaler un abus tactique et stratégie de la tactique

    Première observation: il est vital d'obtenir à moyen terme un résultat tangible. C'est la b a ba de toute tactique. 2ème: historiquement depuis 1956 l'armée française et notamment les RIP et les RIMA consécutivement aux actes valeureux de cochinchine est arrivée en algérie et à su sans émotion et tres grand professionnalisme réduire le terrorisme fnla musulman.( AUSSARES) 3ème: De retout d'afghanistant trop de ces régiments particuliérements affutés à la guérilla uubaine et villageoise pour lutter contre le terrorisme afghan musulman -taliban sont encalaminés au mali. La CDEAO a tous les moyens pour se prendre en charge! Par conséquent d'un point de vue stratégique laissons l'armée française prendre les pouvoirs de police dans l'etat d'urgence qui s'officialise,si nous voulons obtenir des résultats à long terme dans ce combat parfaitement asymétrique. emotionnellement pas tenable par ce président ! 3ème:

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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Florent Parmentier

Florent Parmentier est maître de conférences à Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC. Il a récemment publié, aux Presses de Sciences Po, Les chemins de l’Etat de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie. Il est le créateur avec Cyrille Bret du blog Eurasia Prospective.

Pour le suivre sur Twitter : @FlorentParmenti

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Roland Hureaux

Roland Hureaux a été universitaire, diplomate, membre de plusieurs cabinets ministériels (dont celui de Philippe Séguin), élu local, et plus récemment à la Cour des comptes.

Il est l'auteur de La grande démolition : La France cassée par les réformes ainsi que de L'actualité du Gaullisme, Les hauteurs béantes de l'Europe, Les nouveaux féodaux, Gnose et gnostiques des origines à nos jours.

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