Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 26 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Une étude met pour la 1ère fois en évidence l’impact sociologique que les sites de rencontre ont sur nos sociétés

Les sites de rencontre et plus récemment, les applications de rencontres bouleverse la société. Elles éclatent les cercles dans lesquels les couples se forment. Une étude réalisée par le MIT met en avant ces nouveaux enseignements.

Tournez manège

Publié le
Une étude met pour la 1ère fois en évidence l’impact sociologique que les sites de rencontre ont sur nos sociétés

Atlantico : Une étude réalisée par des chercheurs du MIT montre que l'arrivée des sites et désormais des applications de rencontre change la façon dont les couples se forment. Des gens issus de milieux socio-démographiques différents qui ne se croisaient pas finissent par se rencontrer. En quoi ces nouveau moyens de se rencontrer vont faire évoluer la société plus profondément qu'on ne le pense ? Avez-vous des exemples ? 

Nathalie Nadaud-Albertini : Il est difficile de dire comment ils vont faire évoluer la société, puisque ça revient à prophétiser. En revanche, on parler de ce qui a évolué. Ces sites et applis de rencontres ouvrent le champ des possibles par rapport aux groupes fréquentés au quotidien.

Pour le comprendre, on peut s’aider de graphiques issus de l’étude réalisée par le MIT.

Cliquez pour agrandir (voir ici l'étude intégrale du MIT)

On remarque qu’aux Etats-Unis, depuis l’arrivée des premiers sites de rencontres, comme Match.com, dans le milieu des années 90, les rencontres par ce biais ont fortement concurrencé les autres modes de rencontres, c’est-à-dire celles faites par l’intermédiaires d’amis, de collègues, de la famille, de voisins, ou faites pendant les années d’études ou encore à l’église. Chez les couples hétérosexuels, ces sites et applis sont la troisième source de rencontres (à 23%), à peu près à égalité avec les rencontres faites sur des lieux de loisirs comme les bars et les restaurants (à 24%), la première restant l’intermédiaire d’amis (à 29%). Concernant les couples de même sexe, les rencontres en ligne sont la première source de rencontres, et ce très nettement : à presque 70%, donc loin devant les rencontres par le biais de la famille (à 1%), de l’église (à 1 %), de collègues (à 7%), d’amis (à 12%), et sur les lieux de loisirs comme les bars et les restaurants (à 20%).

Les sites et applis de rencontres  créent donc un pont entre des personnes que rien ne relie dans la vie IRL (« In Real Life »). Ils permettent ainsi de faire des rencontres que la vie de tous les jours ne permet pas et évitent que chacun ne reste enfermé dans son milieu socio-démographique.

Un autre élément me semble important pour expliquer pourquoi les sites et applis de rencontres permettent un nombre important d’unions entre des personnes issues de milieux socio-démographiques différents. En effet, à l’heure actuelle, les gens abordent les sites de rencontres en leur conférant une sorte de pouvoir magique. Avant, on allait faire confiance à l’astrologie ou aux filtres d’amour pour trouver l’âme sœur, aujourd’hui, on fait confiance à la technologie. On lui demande d’être bien plus que de la technique : on attend qu’elle nous mette en relation avec « l’âme sœur », celle qui semble hors de portée, comme si elle appartenait à un monde magique, ou au monde du rêve. Quand la rencontre prend corps, on a tendance à y croire, à se dire que puisque la technologie nous a mis en relation avec cette personne alors c’est bien notre âme sœur, la personne qui nous convient. Donc on se lance dans l’histoire avec l’envie de la découvrir, et de fait on fait vraiment l’effort de la connaître. C’est alors une vraie rencontre de personne à personne, où l’on apprend à découvrir tout ce qui fait la particularité de cette personne, y compris ses différences. Ces dernières sont considérées comme des qualités, car elles attestent que l’autre est éloigné de notre cercle de proches et que donc elle appartient bien à cette sphère hors de l’habituel que l’on désirait au moment de l’inscription sur un site de rencontre.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par kelenborn - 15/10/2017 - 22:25 - Signaler un abus digne d'une sociologue

    C'est à dire abyssalement creux sinon abyssalement bête. On relèvera simplement cette phrase:"Ceci dit, si la technologie pouvait permettre une plus grande mixité sociale à l’avenir, ce serait une très bonne chose." D'abord en quoi est ce le boulot d'un sociologue de dire ce qui est bien est ne l'est pas; ensuite...s'il y a Elite rencontre, c'est bien parce que, avec le temps, les différences sociales prennent le pas mais c'est...l'escrosociologie!!! du moment qu'ils sont payés!

  • Par Tassendar - 16/10/2017 - 16:09 - Signaler un abus et les sites de rencontre "communautaires" ?

    Et que dire de la tendance aux sites de rencontres entre personnes de même opinion politique, de même religion ou autre ? Là cela favorise l'endogamie soit exactement le contraire des conclusions du sociologue...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Nathalie Nadaud-Albertini

Nathalie Nadaud-Albertini est docteure en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et correspondante au Centre de Recherche sur les Médiations de l’Université de Lorraine. 

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€