Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 06 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Etes-vous sûrs de savoir ce que regardent vos enfants sur Internet ?

Les enfants sont souvent seuls devant leur ordinateur et ce qu'ils regardent peut s'avérer à la fois surprenant, effrayant mais aussi éclairant, notamment sur les préférences des filles et des garçons qui reflètent leur rôle au sein de la société. Toutefois, un contrôle parental est nécessaire, ce qui n'est pas souvent le cas.

Génération connectée

Publié le
Etes-vous sûrs de savoir ce que regardent vos enfants sur Internet ?

Les enfants sont souvent seuls devant l'ordinateur. Crédit Reuters

Atlantico : que regardent les enfants sur Internet ? Y a-t-il des spécificités fille/garçon ? Que révèlent ces différentes pratiques ?

Marion Haza : Pour les garçons, il s'agit surtout de jeux vidéo  (Dofus WoW Sims), de forums (manga, commentçamarche, doctissimo, forum pour ados, voiture, animaux, stars, cinéma, catch, NRJ, habits et piercing…), de communautés (Habbo deviantArt Cartoonerie), de réseaux sociaux (Facebook, Skyrock, Twitter). Dans la psychopathologie ou dans la vie quotidienne, les adolescents garçons sont plus dans l'acte, dans l’éprouvé sensorimoteur (éventuellement violent), l'agressivité, ou la prise de risques. C’est la même chose sur Internet. Il faut être le meilleur, afin de construire et d’affirmer son identité, d’être reconnu par les autres.

La compétition dans les jeux joue ce rôle-là. Cela permet aussi d’expérimenter des rôles différents, de tester et d’explorer les limites du monde, de soi, du corps, du lien à l’autre. On est parfois dans la prise de risque ou la démonstration de virilité masculine. L’usage d’Internet par les adolescents garçons rentre donc bien dans les normes sociales rattachées aux rôles et aux fonctions du masculin.

Les filles utilisent davantage Internet pour écouter de la musique, aller sur les réseaux sociaux, chatter... Généralement, d’un point de vue clinique, les filles ont plus d'états d'âme, de moments dépressifs, et de problèmes rattachés au corps. Dans l’usage d’Internet, on retrouve des similitudes. Ceci peut être mis en lien avec la valorisation de l’image féminine, et tout ce qui entoure les jeunes depuis leur plus jeune âge : ils sont toujours bombardés d’images publicitaires, notamment de corps féminins mis en beauté. Cet étalement des corps féminin induit sûrement cet attrait pour le mode de mise en lien par vidéo et webcam chez les adolescentes qui commencent à ressentir des sensations nouvelles dans leur corps pubère. Par ailleurs, dans tous les sites servant à l’écriture, ce qui est mis en avant est la narration de soi, la description, la mise en valeur de la personnalité, des avis, des questionnements existentiels. Il s’agit avant tout de se retrouver face à soi, davantage de s’adresser à un double d’elles-mêmes pour mettre des mots sur ce qui est difficile à se représenter. Ces textes échangés et commentés favorisent aussi des identifications participant à la construction identitaire féminine.
 

Sur quels sites se rendent-ils plus particulièrement ? Quels types d'application utilisent-ils et quels réseaux sociaux consultent-ils le plus ? 

L'étude IPSOS 2014 relève un essoufflement en matière d'inscription sur Facebook (79% des 13/19 ans en 2013 contre 85% en 2012). Facebook reste néanmoins en tête, son léger recul s'effectuant au profit de Twitter (22% en 2013) et des nouvelles messageries instantanées comme WhatsApp et SnapChat (50% des 13/19 ans privilégient les messageries instantanées sur mobile ou tablette) ou encore Ask. Les enfants utilisent beaucoup Internet sur leurs portables c’est-à-dire hors du champ de contrôle des adultes.

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Marion Haza

Psychologue clinicienne, Docteur en psychologie.

Diplômée de l'Université Bordeaux II D.E.S.S. de Psychologie de l'Enfance et de l'Adolescence. Diplômée de l'Université de Poitiers (laboratoire ERPC) Doctorat de Psychopathologie Clinique.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€