Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 31 Août 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Épidémie de cratères en Sibérie : la bombe à retardement climatique annoncée ne devrait pas en être une

La revue Nature a récemment publié une étude qui contredit toutes les prévisions scientifiques. Si la fonte de la glace sur le pergélisol, une toundra normalement gelée, rejettera bien du gaz carbonique dans l'atmosphère, la formation de lacs et les écosystèmes qui s'y développeront pourraient en réutiliser une grande partie. Un mécanisme dont on est sûr, reste à savoir combien de temps cela mettra.

Du CO2 pour le développement de la vie

Publié le
Épidémie de cratères en Sibérie : la bombe à retardement climatique annoncée ne devrait pas en être une

Les scientifiques ont beaucoup cherché pour savoir à quoi étaient dus ces fameux trous en Sibérie  Crédit Capture /Youtube

Atlantico : Une récente étude parue dans la très sérieuse revue Nature vient de publier une étude. Celle-ci émet l’hypothèse selon laquelle la fonte des glaces, qui entraine la formation de lacs sur le pergélisol, permettrait à terme de réduire la température. Comment s’explique ce phénomène ?

Pierre Mollo : Ce que l’on peut dire concernant cette formation de lac, c’est qu’on ne sait pas encore exactement quelles espèces vont s’y développer.

Cela dépendra de leur température, de leur taux de salinité et d’acidité, de leur Ph… de tout un ensemble de facteurs. On sait qu’il y a des millions d’années, certains lacs étaient chargés d’éléments minéraux, de métaux lourds, de gaz. Et des espèces comme les cyanobactéries pourront sans doute s’y développer comme ça a été le cas. Très souvent, ces lacs seront des airs de repos comme les oiseaux, qui transporteront dans ces lacs d’autres espèces, ce qui pourra créer des écosystèmes. Le phytoplancton végétal pourrait également s’y développer.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir   Crédits REUTERS/Dmitry Solovyov

Par quelle action une forme de vie aquatique peut-elle absorber les éléments responsables du réchauffement climatiques présents dans l’air ?

Ce qui se trouve dans l’atmosphère, comme le CO2, ou les autres gaz responsables du réchauffement climatique, sont plus lourds que l’air. Ils ont donc tendance à retomber à la surface du sol, et donc parfois dans l’eau. Ensuite, les micro-algues et les cyanobactéries ont besoin de trois éléments pour pouvoir faire leur photosynthèse : de lumière, d’éléments minéraux, et de gaz carboniques, exactement comme les autres plantes terrestres. Quand il y a présence de CO2, il y a obligatoirement présence de végétaux si les minéraux et la lumière s’y trouvent également. Nous avons donc les trois critères pour le développement de ces végétaux, et l’action de captation du CO2 est donc bien possible, même si cela se passe dans des milieux extrêmes.

A quel point celui-ci pourrait effectivement modifier la température ambiante ?

La question de savoir si ce phénomène, déjà bien décrit dans la littérature scientifique, pourrait effectivement contrebalancer les effets du réchauffement climatique est probable. En revanche, l’interrogation qui subsiste est combien de temps ? Les écosystèmes dont on parle ne se forment qu’au bout de plusieurs milliers d’années pour ceux qui sont vraiment riches. J’ai eu la chance d’aller dans la cordillère des Andes pour observer des lacs haut de 5 000 mètres par rapport à la mer, où il existe encore des espèces vieilles de plusieurs milliards d’années. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans des milieux hostiles.

Mais on peut imaginer que le développement des premiers végétaux soit très rapide, car le pergélisol contient encore des graines d’avant la dernière glaciation, et qui pourront donc renaître, ou d’autres formes de vie unicellulaires.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Geolion - 06/08/2014 - 12:14 - Signaler un abus Et le français, bord....?

    Article intéressant, mais Pierre Mollo commet beaucoup de fautes de syntaxe et d'articulation des phrases....Ce qui nuit, malheureusement, à une bonne et précise compréhension de ce qu'il dit. En fait-il moins dans les ouvrages qu'il écrit ? Je l'espère !

  • Par cremone - 06/08/2014 - 22:50 - Signaler un abus intrigant

    "il existe encore des espèces vieilles de plusieurs milliards d’années." La Terre s'étant formée il y a 4,5milliards d'années (c'est en tout cas ce qu'on a appris à l'école), il faudrait trouver un mot plus précis que "plusieurs".

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Pierre Mollo

Pierre Mollo est enseignant chercheur en biologie marine, il a écrit des ouvrages concernant le plancton dont Le Manuel du plancton et L'Enjeu plancton.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€