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Emmanuel Macron réussira-t-il le renouvellement des élites qu’il promet ?

Dans un discours prononcé hier à Albi, Emmanuel Macron s’est fait l’apôtre du renouvellement des élites, sans le dire clairement d’ailleurs. Toute la question est aujourd’hui de savoir si cette ambition salutaire est tenable par une réforme “interne” au régime.

Pari risqué

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Emmanuel Macron réussira-t-il le renouvellement des élites qu’il promet ?

Macron à Albi, un symbole assez curieux

Il faut reconnaître au site de France 3 l’intelligence d’avoir replacé le déplacement d’Emmanuel Macron à Albi dans l’étrangeté de son contexte historique:

Symboliquement, Emmanuel Macron a visité la Verrerie Ouvrière d’Albi (VOA). Les ouvriers de l’entreprise avaient bénéficié du député Jaurès après la grande grève de 1895. Mais les temps ont bien changé : la VOA, ancienne société coopérative, a depuis… été rachétée par Verralia, un groupe lui-même détenu par un fonds de pension américain ! On est bien loin de Jaurès.

Macron, apôtre d’une France où les entreprises les plus anciennes sont contrôlées par des fonds de pension américains? Le pari était vraiment étrange…

Le sujet central du renouvellement des élites

Durant le discours qu’il a prononcé à Albi, Emmanuel Macron a ensuite eu cette phrase tout à fait centrale dans l’oeuvre qu’il devra conduire dès le mois de mai:

“Ce ne sont pas les forces classiques de la vie politique française qui reconstruiront le pays. J’entends ceux qui voudraient que les partis reprennent leurs droits. Non, nous recomposerons jusqu’au bout, nous renouvellerons jusqu’au bout”

Gouverner sans les forces classiques de la vie politique français, recomposer, renouveler “jusqu’au bout”: ces mots sont évidemment prometteurs et, pour tous ceux qui souhaitent que les cartes sont rebattues en profondeur en France, ils sonnent de façon heureuse.

Ils soulèvent toutefois deux questions. La première est de savoir quel degré de sincérité les porte, de la part d’un candidat qui aime communiquer, mais qu’on est loin d’avoir vu à l’oeuvre. La seconde est de savoir dans quelle mesure les institutions rendront possible ce renouvellement des élites.

Sur la sincérité du président Macron

Premier sujet: dans quelle mesure Emmanuel Macron est-il véritablement porteur de cette volonté de renouvellement? Chacun, à commencer par lui-même bien entendu, aura son opinion sur le sujet. En l’état, et en lui faisant par bienveillance le crédit préalable d’une sincérité intacte, il est néanmoins confronté au problème éternel de la rénovation démocratique: comment s’appuyer sur des gens nouveaux sans hérisser le poil de ceux qui sont aux manettes? et comment enjamber les “insiders” du pouvoir pour les remplacer par des nouveaux?

C’est pourquoi l’ambition d’un renouvellement des élites “jusqu’au bout” connaît déjà de sérieux tempéraments. Le secrétaire général du mouvement, Richard Ferrand, est député socialiste (proche des frondeurs, d’ailleurs). Macron a intégré Bayrou dans son équipe, qui n’est ni un perdreau de l’année, ni un grand consommateur de renouvellement, sans quoi il aurait disparu depuis longtemps.

Ces concessions faites à l’écosystème de la Vè République montrent bien la difficulté à laquelle Emmanuel Macron va se heurter. On imagine déjà qu’elle a dû grandir rapidement depuis le premier tour, et que les bureaux de son cabinet doivent être recouverts de CV prestigieux envoyés illico par des candidats aux fonctions les plus alléchantes de la République (on retiendra comme face émergée de l’iceberg les dépôts de candidature à Matignon par voie de presse: Laurence Parisot, Christiane Taubira, Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand, notamment).

 
Commentaires

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  • Par assougoudrel - 06/05/2017 - 14:12 - Signaler un abus Très belle

    photo. Atlantico sait bien les choisir pour son chouchou.

  • Par langue de pivert - 06/05/2017 - 16:59 - Signaler un abus Margoulin ! Escroc ! Fumier !

    Ce qu'il est en train de "combiner" le minet rose porte un nom dans le monde de l'agro-alimentaire : la remballe ! C'est comme ça que sont recyclés des produits périmés ! Les consommateurs comme les électeurs bas-de-plafond s'en aperçoivent quand ils se réveillent aux urgences ! Bon les chanceux ! La confiance ça peut aussi finir comme au Bataclan les tripes à l'air et les couilles dans la bouche ! Faut y penser en mettant le bulletin de ce sagouin dans la boite !

  • Par Michèle Plahiers - 06/05/2017 - 20:40 - Signaler un abus Dupes

    En votant pour Macron vous votez pour l'enveloppe et pour Le PEn, le contenu.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 06/05/2017 - 23:50 - Signaler un abus Entre le con tenant, et le

    Entre le con tenant, et le con tenu, il n'y à finalement qu'une enveloppe ........mais le tenant a plus de prise sur le tenu qui n'a généralement aucune consistance ! CQFD

  • Par jc0206 - 07/05/2017 - 09:24 - Signaler un abus Attali, Minc ...

    Drian, Collomb, Cohn Bendit, Bové ..... Borloo, que des jeunots !

  • Par vangog - 07/05/2017 - 22:45 - Signaler un abus "Renouveler les cardres de l'administration"?????

    Marine Le Pen leur aurait simplement dit "aujourd'hui, il y a un nouveau boss: la France!", mais Macron-Rothschild veut changer les technocrates, alors que le problème vient essentiellement du mauvais management de ces technocrates, dévolu aux politiciens élus...bizarre, ce mec!

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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