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Le discours d'Emmanuel Macron, construction d’un storytelling

L'utilisation accrue du "nous" chez Emmanuel Macron tranche notamment avec ses concurrents.

Toute une histoire

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Le discours d'Emmanuel Macron, construction d’un storytelling

« L’avenir de la nation et du monde dépend de la capacité des citoyens américains à choisir les bonnes histoires. […] c’est la bataille des histoires, et non le débat sur des idées, qui détermine comment les Américains vont réagir à une compétition présidentielle. Ces récits habiles sont la principale forme d’échange de notre vie publique, ils constituent la monnaie de la politique américaine. »

C’est ce qu’affirme Evan Cornog, professeur de journalisme à l’université de Columbia, à propos des élections américaines.

Cette dimension narrative a été popularisée en France grâce notamment à Christian Salmon, et s’est ensuite diffusée auprès des commentateurs politiques, (qui en abusent parfois, qualifiant de « storytelling » des points de communication très peu concernés par la narrativité).

Le « je » et le « nous »

Pour rendre compte des diverses campagnes politiques en cours (primaires, campagne des candidats déjà déclarés), nous élaborons une méthodologie d’analyse, dans le cadre du projet #Idéo2017, qui s’appuie sur différentes fonctionnalités de logiciels existant pour analyser les tweets de compte politiques. En utilisant le Tropes, nous pouvons décrire le style d’un corpus.

En nous attachant à un recueil de 500 tweets publiés par le compte d’Emmanuel Macron (500 tweets extraits au 20 janvier), nous obtenons le résultat suivant :

  • Style plutôt narratif : raconte un récit, à un moment donné, en un certain lieu.
  • Mise en scène : dynamique, action. Prise en charge à l’aide du « Je ».

En regardant les éléments saillants dans ce corpus, le « nous » semble également particulièrement présent. Pour savoir s’il ne s’agit pas d’un trait commun aux tweets politiques de candidats, j’ai comparé avec un corpus de tweets de François Fillon. Cette comparaison fait ressortir l’importance du « nous » chez Emmanuel Macron. Par exemple :

et parfois combiné au « vous » :

Ce récit s’inscrit dans un cadre de mouvement/déplacement, bien retranscrit par le nom même de « En marche ! », que j’avais déjà analysé précédemment.

Pris dans la dynamique du « nous » et du sentiment de « mise en marche », différents thèmes sont alors combinés, comme autant d’éléments narratifs dans le storytelling constitué. Ceci ressort visuellement sur le nuage de mots constitué à partir de ce corpus :

 
Commentaires

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  • Par clint - 27/01/2017 - 21:15 - Signaler un abus Article intéressant : Macron fait un sans faute !

    Et quant à se faire manipuler par un politique autant que ce soit bien fait !

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Julien Longhi

Julien Longhi est professeur des universités en sciences du langage, Université de Cergy-Pontoise.

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