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​Comment le Portugal est parvenu à réduire ses déficits tout en augmentant ses retraites et ses salaires

Alors qu'il avait été accusé d'aller à l'encontre du bon sens, le nouveau Premier ministre portugais, Antonio Costa, est parvenu à réduire les déficits publics de son pays tout en mettant fin à l'austérité.

​Sciences occultes

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​Comment le Portugal est parvenu à réduire ses déficits tout en augmentant ses retraites et ses salaires

​Atlantico : Antonio Costa, Premier ministre portugais depuis novembre 2015, s'était engagé auprès de sa population d'en finir avec les mesures d'austérité. En rétablissant les retraites, les salaires, et les heures de travail à leur niveau pré-austérité, l'économie portugaise est parvenue à retrouver des couleurs tout en arrivant à faire baisser le déficit public à 2.1% du PIB. Quels sont les mécanismes qui ont été à l'oeuvre ?

Eric Dor : L'expérience des plans d'ajustement structurels, y compris ceux appliqués en Europe en réponse à la crise des dettes publiques de la périphérie de la zone euro, a montré que l'austérité excessive est contreproductive. L'austérité démesurée est tellement récessive que le produit intérieur brut se réduit plus rapidement que la dette publique, si jamais celle-ci se réduit, si bien que le ratio d'endettement, c'est à dire la dette divisée par le PIB, augmente alors que l'objectif était une diminution.
Même le FMI a admis récemment que le multiplicateur budgétaire est supérieur à ce qu'il pensait, par exemple en Grèce, mais les dégâts de cette ignorance ont été produits.
 

Indépendamment de toute idéologie politique, la stratégie du gouvernement portugais de Monsieur Costa a donc un certain fondement. Il a délibérément inversé l'orientation excessivement récessive de la politique qui avait été ordonnée jusque là au Portugal par la Troïka. Le gouvernement est revenu progressivement sur les baisses passées de salaires dans la fonction publique. Il a procédé à  la suppression partielle de la surtaxe sur l'impôt sur le revenu. Le gouvernement a augmenté certaines prestations sociales, réinstauré certains jours de congé, augmenté légèrement le salaire minimum qui reste très réduit, et a annulé l'augmentation de la TVA sur la restauration. Il a également réinstallé les négociations collectives dans les entreprises publiques.
Toutes ces mesures ont rendu du pouvoir d'achat aux ménages portugais. Cela a permis une accélération de la consommation qui a été le déterminant essentiel de la reprise au Portugal. C'est cette reprise de la consommation qui a produit une grande partie des créations récentes d'emploi après les destructions massives dues à l'austérité, même si l'embellie des exportations y a un peu contribué également. 

Il faut évidemment reconnaître que la baisse des prix du pétrole, et donc du coût de l'énergie en général, a renforcé temporairement l'accélération du pouvoir d'achat, avant que le prix du brut remonte récemment.

A l'inverse, le pays affiche encore un endettement record et un système bancaire très fragile, ce dernier point étant une source de friction entre les Européens et le gouvernement portugais qui accuse les institutions d'en être à l'origine. Quelles sont les responsabilités réelles sur ce point ? 

Tout cela n'empêche pas que la dette publique du Portugal reste excessivement élevée en pourcentage du produit intérieur brut. La solvabilité intertemporelle du pays reste menacée. Rien que stabiliser le ratio d'endettement public requiert que le taux de croissance du Pib nominal, donc la somme de la croissance du PIB réel et de l'inflation, soit supérieur au taux d'intérêt moyen payé sur l'entièreté de la dette publique. Une forte remontée des taux d'intérêt exigés par les investisseurs sur les nouvelles obligations émises peut assez rapidement augmenter le taux moyen payé sur l'encours de la dette et rendre celle-ci explosive. En effet les perspectives d'inflation sont limitées et la croissance réelle potentielle est déprimée au Portugal. Le stock de capital est en effet déprimé par l'effondrement de l'investissement en biens d'équipement depuis le début de la crise. Le stock de capital humain a été laminé par l'émigration due au manque d'emploi et par l'érosion des compétences due au chômage de longue durée. L'endettement excessif des entreprises compromet toute reprise forte de l'investissement. 

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 03/04/2017 - 13:11 - Signaler un abus Le Portugal n'a pas d'immigrés ...

    Et pour cause, Il n'existe aucune aide pour les immigrés. La facilité serait pourtant d'aller dans un des pays les plus proches de l'Afrique. Tous les français qui immigrent au Portugal se disent heureux de ne pas vivre au milieu de musulmans. Retirons toute aide aux immigrés chez nous et beaucoup repartirons, les autres ne viendront plus. Tant pis pour l'apport culturel, les portugais n'ont ont pas besoin....La France a 13,5 musulmans sur son territoire 20% de la population, pour que des problèmes et graves. De plus nous devons construire des " cathédrales " comme à Tulles, Bordeaux, et 2000 autres mosquées.

  • Par assougoudrel - 03/04/2017 - 14:25 - Signaler un abus Un bémol tout de même

    Le portugais de souche n'a pas les moyens d'acheter un bien dans son propre pays. On lui a demandé de se serrer la ceinture; l'étranger arrive et ne paie pas d'impôt pendant dix ans et achète les terrains et l'immobilier. Le portugais n'est pas envahie par l'immigration pauvre et du continent africain, mais par l'immigration européenne. Le portugais est frustré.

  • Par cloette - 04/04/2017 - 12:32 - Signaler un abus oui un bémol

    les Portugais vivent comme les milieux populaires dans les années 60 en France , c'est à dire mal .Ils comptent sur l'Europe, c'est dire qu'ils savent ne pas compter sur eux même, et ils émigrent beaucoup en France où ils ne vivent pourtant pas bien ,mais ont des protections sociales .

  • Par ISABLEUE - 04/04/2017 - 17:31 - Signaler un abus en attirant les retraités de toute l'Europe

    qui ne paient pas d'impôt. Simple.

  • Par brennec - 04/04/2017 - 19:51 - Signaler un abus Recette connue

    Baisser les impots et la dépense publique, la recette est connue et a été apliquée dans les pays qui s'en sont sortis

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Eric Dor

Eric Dor est docteur en sciences économiques. Il est directeur des études économiques à l'IESEG School of Management qui a des campus à Paris et Lille. Ses travaux portent sur la macroéconomie monétaire et financière, ainsi que sur l'analyse conjoncturelle et l'économie internationale

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