Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 20 Juin 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

La Chine pourrait renoncer à sa politique de l’enfant unique dès cette année et voilà ce que va changer

Ce lundi, l’agence d’information Bloomberg a indiqué que la Chine pourrait mettre un terme à toutes les limites imposées sur les familles concernant le nombre d'enfants qu'elles peuvent avoir.

1,5 milliard de Chinois, et moi, et moi, et moi

Publié le
La Chine pourrait renoncer à sa politique de l’enfant unique dès cette année et voilà ce que va changer

 Crédit WANG ZHAO / AFP

Atlantico : La Chine pourrait renoncer à sa politique de l'enfant unique dès l'année prochaine, mais le pays a-t-il atteint sa "maturité démographique" avec l'émergence d'une classe moyenne chinoise ?

Barthélémy Courmont : Difficile de savoir s’il s’agit d’une « maturité », mais c’est un changement profond, et qui à mon sens dépasse largement le cadre démographique, que la Chine a connu depuis que la politique de l’enfant unique a été instaurée, notamment du fait des mutations économiques et sociales et de son ouverture à l’international. La société a été transformée sous les effets conjugués de l’industrialisation, de la tertiarisation et de l’urbanisation, ou encore d’un vieillissement de la population notamment lié à la forte baisse de la natalité depuis les années 1970.

Une classe moyenne s’est progressivement constituée, au point de représenter la plus grande catégorie sociale du pays ; des millionnaires et des milliardaires sont entrés dans le classement international des plus grandes fortunes ; et la pauvreté a très fortement chuté. Difficile de comparer la superpuissance que nous connaissons aujourd’hui et le pays misérable que Mao Zedong dirigeait – très mal d’ailleurs – et a laissé en héritage à Deng Xiaoping. Cette nouvelle réalité fait apparaître une « nouvelle » Chine aux repères changeants et aux modes de pensée en évolution rapide. Après l’apparition de la société de consommation, véritable indicateur d’une certaine modernité dans laquelle la Chine s’est engagée, on assiste désormais à l’émergence de nouveaux « styles de vie » ainsi qu’à une opinion publique, qui reste soumise à des lois strictes mais qui, en dépit d’une censure toujours présente, se montre de plus en plus active sur Internet. Dans ce nouveau décor, la famille nombreuse de la Chine traditionnelle s’est peu à peu éclipsée.

Comment expliquer alors cette décision de revenir sur cette politique de l'enfant unique ? Quel est l'intérêt aussi bien au niveau économique (relance de la consommation) que sociétal ?

En 2000, la population de la Chine avoisinait 1,3 milliard, un chiffre 8 % supérieur à l’objectif assigné au lancement de la politique de l’enfant unique. Il n’en reste pas moins que de plus de 6 enfants par femme à la fin des années 1960, la fécondité a été ramenée, dès la fin des années 1990, à 1,5 enfant ; un niveau auquel, réformes économiques, amélioration des conditions de vie et bouleversements sociaux aidant, elle paraît se maintenir, quelle que soit la politique décidée. Avec 1,6 enfant en moyenne par femme en 2010-2015, la Chine ne renouvelle plus ses générations ; il lui faudrait pour cela une fécondité de 2,2 enfants par femme, donc très loin de la réalité actuelle. C’est dans l’espoir de lutter contre un irrémédiable vieillissement de la population, et son impact économique et social, que cette ouverture a été décidée. Mais il est déjà trop tard, les habitudes des ménages chinois ont évolué.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par kelenborn - 27/05/2018 - 20:47 - Signaler un abus eh ben voila

    Le brave Bill Clinton, presque aussi con que sa gaupe déclarait en 1990 que ce n'était pas grave si les USA se désindustrialisaient car on achèterait leurs produits avec des pièces jaunes et on leur vendrait nos services à prix d'or! On connait la suite!!! Mais voila , l'histoire va lui donner raison :L'agence pour l'emploi de Pékin embauche des aides soignantes de l'ADMR ! si si... enfin le dites pas à Ah2bouh, il va le croire! ben oui...il croit tout ce que je lui dis !

  • Par DESVESSIESPOURDESLANTERNES - 28/05/2018 - 06:16 - Signaler un abus Eh ben voila bis

    On sait pas trop .....nous on se réveille sans usines,sans plein emploi,sans éducation ,bientôt sans classe moyenne ,sans armée ....mais -pas cons- on à résoud le problème de la natalite Cocorico

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Barthélémy Courmont

Barthélémy Courmont est maître de conférences l’Université Catholique de Lille, directeur de recherche à l’Iris, et rédacteur en chef de Monde chinois, nouvelle Asie. Il est l'auteur de L’énigme nord-coréenne (Presses universitaires de Louvain) et Mémoires d’un champignon. Penser Hiroshima (Lemieux éditeur).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€