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Cannabis et usage de stupéfiants : la France des autruches incapables d’anticipation

Dix ans après le très commenté "Livre Blanc de de défense et sécurité nationale", a-t-on réussi à "anticiper" comme le préconisaient nos experts d'alors ? Pas vraiment !

Retour vers le futur

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Cannabis et usage de stupéfiants : la France des autruches incapables d’anticipation

Dix ans bientôt : le "Livre blanc de défense et sécurité nationale" paraît en juin 2008. Ces livres blancs sont d'usage sobres et lisses, mais avec véhémence, celui de 2008 appelle à l'an-ti-ci-pa-tion, saint-Graal de la défense à venir. "Anticipation... base de notre stratégie... très haute priorité... première ligne de défense... fondement d'une nouvelle doctrine" : hors de là, point de salut.

Depuis, dans la vraie vie, notre appareil de défense-sécurité a-t-il appris à anticiper ?

Mohamed Merah et autres fanatiques, tueries de Charlie-Hebdo, du Bataclan, etc. ? Raté. Les blitzkriege de Poutine, Crimée puis violente reconquête de la Syrie ? Raté encore. La mutation du gang salafiste d'abu Musab al-Zarqawi en un terrible "Etat islamique" ayant, vers 2014, plus de blindés que l'armée française ? L'explosion ravageuse du cyber-crime ? Rien vu ni prévu. 

Faute à qui ? D'abord, aux architectes du Livre blanc - ignorant que le besoin d'un dispositif ou produit nouveau, un vaccin contre le Sida par exemple, n'induit pas sa faisabilité rapide. Vouloir anticiper n'est pas savoir le faire - tant d'obstacles existent sur cette route-là. 

Le premier pour mémoire, car souvent dénoncé par l'auteur : les cyber-arnaques du big data-police-justice prédictive, etc. Pas plus qu'à l'ère d'Aristote, l'incertitude n'est aujourd'hui modélisable. Un jour peut-être, grâce à la physique quantique, mais demain matin, non.

Reste l'obstacle majeur à l'anticipation, au décèlement précoce des dangers et menaces : l'aveuglement médiatique. Définissons-le à partir d'un exemple précis, les stupéfiants, la toxicomanie. 

Sous la présidence Hollande, le gros de notre presse d'information fut bradée à deux milliardaires, menant désormais d'une main de fer des empires médiatiques Uberisés. Ce, non pour informer les lecteurs, mais pour leur vendre le capitalisme libertaire à la Soros, ici défini comme DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie).

Pour pulvériser la société à leur profit, Soros, filou-financier souvent condamné et ses complices milliardaires-libertaires glauques, prônent la libéralisation des drogues. Leur plan : créer la panique médiatique autour du cannabis. Vite, libéralisons ! Demain sera trop tard. D'où, le matraquage du Monde et de Libération sur la toxicomanie galopante en France et en Europe, que seule la libéralisation du cannabis saurait contrôler et encadrer.

Or c'est faux : en Europe, l'usage de toutes les drogues, héroïne, cocaïne, amphétamines, cannabis, etc., baisse désormais - surtout là où ses ravages étaient les pires. En septembre 2012, le Daily Mail titre - inutile de traduire "Drugs are going out of fashion - dramatic fall in usage since 1996". En 2012 aussi, le World Drug Report signale qu'en Europe, l'usage de l'héroïne et de la cocaïne est en "baisse sensible", le cannabis étant, lui, "stable ou déclinant". Même constat dans le rapport Europe-2013 de l'Office français des drogues et de la toxicomanie (OFDT). En France ? Dès 2013, l'OFDT signale que, chez les jeunes de 17 ans, le cannabis recule. L'usage régulier (10 fois par mois) a même diminué de moitié de 2002 à 2011, de 12% à 6 % des 17 ans - signal fort : là sont les usagers de demain.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 12/02/2018 - 08:20 - Signaler un abus Les bobards Davos-Goldman-Sachs...

    Oui, Xavier Raufer! Mais vous prenez un grand risque à braver ce système mégalomaniaque de capitalisme de connivence avec le gauchisme libertaire! Il est évident que les médias aux ordres décident, dans les salons feutrés de Davos et du Bilderberg, les prochains combats societaux que doit engager la grande armée des moutons de panurge qui votent comme un seul homme...et pour un seul homme: le candidat adoubé par Soros et Goldman-Sachs! Pour remplir la panse de ces 2 monstres affamés, la décennie passée avait programmé le grand remplacement. La décennie future sera celle de la drogue libre, afin de parfaire l’ouverture totale des frontières, et l’abrutissement total des masses, nécessaires à l’ideologie mortifère de ces Golgothas!...

  • Par Hieros888 - 12/02/2018 - 10:10 - Signaler un abus Réveil !

    Evidemment que les drogues "classiques" sont en recul : pourquoi prendre des risques avec les drogues de rue quand on peut commander en toute légalité des centaines de nouvelles de drogues de synthèse sur internet, livrées chez soi en 48h ? Cherchez, fouillez et vous verrez. Les sites comme shayanashop pullulent. Les commentaires des "jeunes" sont édifiants. En matière de drogue aussi, nous sommes entrés dans l'ère 2.0 et le big data. D'où que cet article se bat contre des moulins qui s'effondrent déjà. Et se trompe d'époque et de cible. La question est : comment anticipe-t-on les conséquences de ces nouvelles drogues à moyen terme ? Quelle information intelligente donne-t-on aux "jeunes" pour être capable de choisir et de gérer ? Qu'attend-on pour cesser d'avoir toujours 50 ans de retard ?

  • Par J'accuse - 12/02/2018 - 10:34 - Signaler un abus Alliance anarchistes-capitalistes

    Les anars veulent consommer de la drogue librement, les capitalistes (cigarettiers, politiciens battus aux élections, investisseurs boursiers,etc.) veulent gagner de l'argent (légalement) en en vendant: le message unanime à marteler est donc que "nous avons définitivement perdu la guerre contre le cannabis, et qu'il faut le légaliser pour réduire la violence". Les États sont aussi pour: eux qui intègrent déjà les trafics de drogue dans le calcul du PIB, ils veulent aussi récupérer une partie du chiffre d'affaires en taxes diverses. Tout cela va à l'encontre de la santé et de la sécurité publiques, mais du moment qu'on s'éclate...

  • Par adroitetoutemaintenant - 12/02/2018 - 12:19 - Signaler un abus @Hieros888

    Vous avez raison ! Chaque jour une nouvelle drogue apparait sur le marché. Et il faut un minimum de trois mois pour la classifier comme telle. La seule solution : ne pas les traiter sur le dos du service public. Car c’est en les laissant crever qu’on se débarrassera de ces parasites !

  • Par winnie - 12/02/2018 - 16:51 - Signaler un abus Laissons donc faire tout ca.....

    cette societe est en train de crever de son laxisme, sa lachetee et de ses droits de l homme, tout ce qui a fait la France est denigre, baffouer, finissons en vite et qu une ere nouvelle aparaisse enfin.

  • Par Anouman - 12/02/2018 - 20:35 - Signaler un abus Chiffres

    Que ce soit à la baisse ou à la hausse j'ai le plus grand doute sur la pertinence de chiffres de consommation de substances illégales. La seule chose qui est certaine c'est que les états sont incapables de faire respecter les interdictions qu'ils édictent que ce soit en matière de drogues, de réseaux de prostitution, de trafics en tous genre. La seule question qu'ils devraient se poser c'est de savoir pourquoi ils sont inefficaces.

  • Par zelectron - 13/02/2018 - 13:03 - Signaler un abus cannabis libéré ?

    il faut rendre obligatoire le cannabis pour les pilotes de lignes et autres, les chauffeurs de bus scolaires, conducteurs d'autocars pour touristes, de TGV et autres trains de banlieue, pour les chirurgiens particulièrement spécialistes du cœur ... , et pour le gouvernement pas de soucis c'est déjà fait !

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Xavier Raufer

Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.

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