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Arabie Saoudite : y-a-t-il encore quelqu’un ou quelque chose susceptible d’empêcher l’arrivée au pouvoir imminente de MBS, le prince héritier aux méthodes expéditives ?

Le prince héritier Mohammed ben Salmane pourrait rapidement succéder à son père à la tête de l'Arabie Saoudite. Il n'est toutefois pas sûr que cette passation se passe sans encombres.

Moyen-Orient

Publié le - Mis à jour le 21 Novembre 2017
Arabie Saoudite : y-a-t-il encore quelqu’un ou quelque chose susceptible d’empêcher l’arrivée au pouvoir imminente de MBS, le prince héritier aux méthodes expéditives ?

Atlantico : Il n'est pas impossible que le prince héritier Mohammed Ben Salmane prenne le pouvoir en Arabie Saoudite cette semaine. Entre le programme de purge entamé dans le pays et la volonté de mettre au pas les religieux, est-ce que le terrain est suffisamment préparé pour que cette possible succession se passe sans encombre ?

Roland Lombardi : Effectivement, avec les semaines qui passent, la santé (il serait atteint de la maladie d’Alzheimer) du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud (82 ans) ne cesse de se dégrader. Ainsi, les rumeurs sur une possible et très prochaine passation de pouvoir à son fils, Mohammed ben Salmane (MBS), sont de plus en plus prégnantes.

De toute manière, c’est déjà le jeune prince qui gère le pays…

Alors est-ce que le terrain est suffisamment préparé pour le « futur roi » ?

A première vue, on pourrait répondre par l’affirmative. D’ailleurs, MBS semble beaucoup plus adroit pour les affaires intérieures qu’extérieures. Avec le fiasco de la guerre au Yémen, la crise avec le Qatar, l’affaire Hariri et les tensions avec l’Iran, le prince semble en effet un peu « léger »…

Même si à mon avis, et l’extrême prudence des Israéliens, la modération du Hezbollah et le calme olympien des Iraniens le prouvent, cette « stratégie de la tension » régionale est parfaitement calculée et contrôlée par Washington - car rien ne peut raisonnablement se faire sans l’aval du parrain et protecteur américain – n’a pour objectifs que de faire revenir l’Arabie saoudite dans le jeu, tout en mettant Téhéran sous pression, en vue de négociations futures. De plus, cette instabilité régionale apparente satisfait les complexes militaro-industriels occidentaux mais surtout, faisant également remonter, certes timidement mais quand même, le prix des hydrocarbures. Ce qui est au passage, très positif pour Riyad.

Pour en revenir aux affaires intérieures saoudiennes, on peut dire que, depuis janvier 2015 et l’arrivée sur le trône de son père, MBS a littéralement fait le « grand ménage » chez les 10 000 princes du royaume comme parmi les potentiels opposants, les grandes tribus, les milieux sécuritaires et d’affaires.

 De fait, le jeune prince a su jusqu’ici écarter, par la ruse et la force, tous les rivaux dans sa course fulgurante vers le pouvoir et surtout après la véritable révolution de palais de juin dernier lorsqu’il a été désigné comme seul et unique prince héritier. Depuis, ses « Nuits des Longs Cimeterres »[1] quasi quotidiennes sont un succès…pour l’instant. Et pourtant, Mohammed ben Salmane s’est attaqué, avec un certain courage qu’il faut reconnaître, aux « Squales » du régime comme le puissant et incontournable prince Mohammed ben Nayef Al Saoud, véritable « Fouché des sables » ou encore le ministre de la Garde nationale (corps d’élite de 200 000 hommes, chargé d’assurer la sécurité de la capitale et de lutter contre le terrorisme) Metab ben Abdallah, et Abdallah Sultan, le commandant en chef de la marine saoudienne et enfin, le ministre de l’Economie et du Plan Adel Fakih …

 
Commentaires

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  • Par Liberte5 - 20/11/2017 - 14:42 - Signaler un abus Ce n'est qu'un début et le plus dur est à venir.

    Il n'est pas dit dans ce long article, mais D. Trump est l'initiateur de ce tournant majeur.Après le désastre Obama, D. Trump avec une large vision du moyen Orient a rebattu les cartes et dessiné toute une stratégie pour isoler l'Iran. Israël soutient cela, et Poutine laisse faire. Le Liban devra régler le problème du hezbollah et c'est pour cela, en partie que Harriri le 1er ministre libanais a été "convoqué " à Ryad. Quant à E. Macron il peut toujours se faire mousser, il ne pèse rien dans cette partie stratégique que D. Trump a engagé. Quant aux médias Français ce sont des nuls.

  • Par lasenorita - 25/11/2017 - 11:01 - Signaler un abus Sunnites,Chiites,salafistes,wahhbites...

    Aucune religion ne peut prescrire des massacres sur des ''civils désarmés'' comme ce fut le cas en Egypte!...Pourquoi est-il interdit, en Arabie Saoudite, de posséder une bible..et pourquoi n'ont-ils pas le droit, les musulmans de changer de religion?.. La ''Ligue des Droits de l'Homme'' ferme les yeux (et la bouche) contre ces atteintes à la ''liberté individuelle''!...voir http://reinformation.tv/arabie-saoudite-prison-et-fouet-pour-critique-de-lislam-2/...et voir le lien http://reinformation.tv/obama-muet-en-arabie-saoudite...Obama n'est pas le seul à ''être muet'': nos dirigeants français vendent des armes aux Saoudiens et leur vendent aussi de belles propriétés françaises où les ''vrais'' Français n'ont pas le droit d'y entrer...215 millions de Chrétiens ont été persécutés, en 2016,dans des pays majoritairement de confession islamique...Qui sont les RACISTES??? ..et les Algériens qui ont chassé TOUS les non-musulmans de leur pays natal et qui viennent, en France, maintenant, où ils sont députés, sénateurs, ministres...

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Roland Lombardi

Roland Lombardi est consultant indépendant et analyste chez JFC-Conseil. Il est par ailleurs docteur en histoire et chercheur associé à l'IREMAM, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman d’Aix-Marseille Université, également membre actif de l’association Euromed-IHEDN.

Il est spécialiste des relations internationales, particulièrement de la région du Maghreb et du Moyen-Orient, ainsi que des problématiques de géopolitique, de sécurité et de défense.

Sur Twitter @rlombardi2014

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