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Aides sociales : ce que la confusion dans laquelle pataugent Philippe, Le Maire, & Darmanin révèle des difficultés à préparer le prochain budget

Rien ne semble certain du point de vue du gouvernement sur son plan de baisse des aides sociales. D'un côté le ministre de l'Economie parle de hausse de certains taux de TVA. De l'autre on se tait sur la masse salariale des fonctionnaire.

Indécision

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Aides sociales : ce que la confusion dans laquelle pataugent Philippe, Le Maire, & Darmanin révèle des difficultés à préparer le prochain budget

 Crédit LUDOVIC MARIN / AFP

Depuis plusieurs jours maintenant, le gouvernement laisse planer l’incertitude sur la meilleure façon de baisser les dépenses publiques. Tantôt, il est question de tailler dans les aides sociales. Tantôt, ce sont les prétendus « 140 milliards d’aides aux entreprises » qui seraient dans le collimateur. Bruno Le Maire vient d’en préciser l’idée: il remettrait en cause certains taux réduits de TVA (probablement celui sur la restauration).

Ces hésitations illustrent parfaitement l’impréparation d’Emmanuel Macron et de son équipe face à la baisse des dépenses publiques. Admirateur fondamental de l’État, le Président de la République a peu d’idées sur la voie à suivre pour en réduire le périmètre.

La diminution de 3 points de PIB des dépenses publiques à la fin du quinquennat devrait rester lettre morte.

De la difficulté de baisser les dépenses publiques

La note de France Stratégie sur la baisse des dépenses publiques a bien mis en exergue le champ étroit des stratégies possibles en la matière. Partout dans le monde, les pays qui se sont risqués à cet exercice ont taillé dans les dépenses sociales et dans la masse salariale des fonctionnaires. 

Le principe d’une compression des aides sociales, qui représentent 70 milliards de dépenses, est à peu près acquis. Toute la difficulté est de savoir comment le gouvernement fera passer la pilule alors qu’Emmanuel Macron avait promis qu’il augmenterait certains minima sociaux. En attendant d’avoir fixé une ligne, le gouvernement rame pour expliquer que les dépenses ne diminueront pas, mais que leur efficacité augmentera. 

On comprend intuitivement l’angoisse macronienne sur ce sujet. Déjà figé dans l’image d’un « président des riches », Emmanuel Macron pourrait laisser beaucoup de plumes dans cette opération et s’ancrer définitivement dans une fracture systémique avec les milieux populaires.

Il n’en reste pas moins que les hésitations du gouvernement sur ce point donnent le sentiment d’une grande confusion, reflet d’une probable réalité politique. Le gouvernement ne sait pas vraiment où il va. Il est prisonnier de la logique comptable de l’ancien monde: il faut trouver de l’argent pour tenir les engagements européens, mais comme on n’a aucune vision sur ce que doit être un État sobre, on fait des calculs d’apothicaire pour tomber sur le bon chiffre.

Le silence gênant de Macron sur la masse salariale des fonctionnaires

Alors que tous les pays qui ont baissé les dépenses publiques ont taillé dans le vif de leurs fonctionnaires, le gouvernement évacue savamment cette possibilité. On occupe le terrain avec des questions sur les aides ou sur les aides aux entreprises, mais on esquive toute possibilité de diminuer le nombre de fonctionnaires. 

Pourtant, ceux-ci sont pléthoriques, et personne ne songe à mesurer leur productivité. Il n’existe toujours aucune mesure exacte de leur temps de travail, et leur performance relève de la grande nébuleuse intergalactique. 

 
Commentaires

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  • Par vingttroisavril - 08/06/2018 - 11:33 - Signaler un abus triste nouvelle

    c'est donc pour cela que les électeurs de gauche ont voté MACRON au premier tour ,pour sauver leur peau de fonctionnaire . Et maintenant ceux sont les frileux de droite qui le soutiennent .Serions nous un peuple de crétins ? Cela devient criant .

  • Par hermet - 08/06/2018 - 13:47 - Signaler un abus Macron = Hollande

    Macronisme n'est que Hollandisme à la différence prés que Macron croit en l'UE alors que Hollande était moins enthousiaste ou moins rêveur......

  • Par raslacoiffe - 08/06/2018 - 18:14 - Signaler un abus Philippe, Lemaire, Darmanin quel trio!!!

    Le piège Macron se referme sur eux. On leur a donné les ministères où il ya plus de coups à prendre. Ils ont sauté à pieds joints dans le piège. Toutes les mesures qu'ils prendront seront taxées de droite et donc impopulaires.

  • Par zen-gzr-28 - 08/06/2018 - 20:15 - Signaler un abus le ministre le Maire a été

    candidat à la primaire des présidentielles. Son projet présidentiel de 1000 pages nous informe, entre autres,de son intention de supprimer 500 000 fonctionnaires en 5 ans.Ben alors, au boulot, Bruno : économies assurées sans pénaliser les entreprises créatrices d'emplois et les gents d'en bas et du milieu qui ont été suffisamment ponctionnés

  • Par Carl Van Eduine - 09/06/2018 - 08:25 - Signaler un abus C'est mort

    Allez donner des leçons à l'Allemagne sur la nécessité d'un budget européen destiner à combler nos dettes. Allez expliquer à nos enfants qu'ils doivent créer des start-ups pour mieux financer des fonctionnaires inamovibles et déresponsabilisés. L'Etat est en train de tuer la nation. Parce que ce que tout le monde prend comme une baisse du niveau de vie à venir n'est jamais que le retour au niveau de vie normal que nous devrions avoir, si nous n'étions pas sans arrêt en train d'emprunter pour mieux jouir de notre aujourd'hui et flinguer les lendemains de nos enfants. Notre niveau de vie actuel est SUREVALUE. Notre nation est en train de sombrer, comme l'Italie et la Grèce. Notre nation verra l'Allemagne la soutenir éventuellement du bout des lèvres, mais surtout comme la corde soutient le pendu, corde qu'elle lâchera. En recréant la MittelEuropa qui est son bassin naturel d'expansion. Elle reprendra le Deutch Mark pour laisser le piteux Euro aux pays du Club Med.Avec ce genre de lâcheté, et puisque nous sommes latins : Acta est Fabula. Ou, si vous préférez, Ita Missa est. On est baisé quoi.

  • Par Carl Van Eduine - 09/06/2018 - 08:25 - Signaler un abus C'est mort

    Allez donner des leçons à l'Allemagne sur la nécessité d'un budget européen destiner à combler nos dettes. Allez expliquer à nos enfants qu'ils doivent créer des start-ups pour mieux financer des fonctionnaires inamovibles et déresponsabilisés. L'Etat est en train de tuer la nation. Parce que ce que tout le monde prend comme une baisse du niveau de vie à venir n'est jamais que le retour au niveau de vie normal que nous devrions avoir, si nous n'étions pas sans arrêt en train d'emprunter pour mieux jouir de notre aujourd'hui et flinguer les lendemains de nos enfants. Notre niveau de vie actuel est SUREVALUE. Notre nation est en train de sombrer, comme l'Italie et la Grèce. Notre nation verra l'Allemagne la soutenir éventuellement du bout des lèvres, mais surtout comme la corde soutient le pendu, corde qu'elle lâchera. En recréant la MittelEuropa qui est son bassin naturel d'expansion. Elle reprendra le Deutch Mark pour laisser le piteux Euro aux pays du Club Med.Avec ce genre de lâcheté, et puisque nous sommes latins : Acta est Fabula. Ou, si vous préférez, Ita Missa est. On est baisé quoi.

  • Par kelenborn - 10/06/2018 - 08:46 - Signaler un abus Van Eduine

    Oui surement et... alors? Pour détourner la formule qui doit être inscrite en lettres d'or au dessus du lit de Vangode : "Encore une que les gauchistes n'auront pas" on pourrait dire "encore une que les boches auront eue" . Car.... rien à dire à l'analyse : l'Allemagne a même créé de la prospérité dans la Mitteleuropa alors qu'Hitler y avait semé la mort!En revanche, et cela avait été dit et répété, la zone euro ainsi conçue ne pouvait fonctionner sans système de solidarité ( comme dans un état fédéral) sauf que l'Allemagne n'en voulait absolument pas! et la question des dépenses de l'Etat est importante mais accessoire! C'est bien celle de la structure de l'économie qui est en cause! Ce sont bien les mécanismes de fonctionnement de l'Europe qui sont une farce imposée aux citoyens et en plus sans vergogne avec le pochetron Juncker Mais comme disait Clausewitz, la politique n'est que la continuation de la guerre par d'autres moyens...

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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