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Chroniques du pot aux roses

Pourquoi l'argument de sérieux budgétaire ne résiste plus à la vérité des chiffres et à la faiblesse des rentrées fiscales

Publié le 20 novembre 2013
Bernard Cazeneuve a fini par avouer que les recettes fiscales seront inférieures d’au moins 5,5 milliards d'euros à ce qui était prévu il y a quelques semaines. Une annonce d'autant plus inquiétante que le gouvernement distribue de nombreuses subventions pour calmer la grogne qui monte de tout le pays.
Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.Il est l'auteur...
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Bernard Cazeneuve a fini par avouer que les recettes fiscales seront inférieures d’au moins 5,5 milliards d'euros à ce qui était prévu il y a quelques semaines. Une annonce d'autant plus inquiétante que le gouvernement distribue de nombreuses subventions pour calmer la grogne qui monte de tout le pays.

1- Pot de bananes

Je ne vais pas me faire beaucoup d’amis en révélant le Pot aux roses de cette semaine mais il faut bien reconnaître que Minute a fait preuve d’une machiavélique habileté en proclamant que Taubira était maligne comme un singe et qu’elle avait la banane.

Car ces deux expressions, en elles-mêmes, n’ont rien de racistes. Pour les déclarer telles, il faut entrer dans les intentions des auteurs ou se référer au contexte politique, bref passer de l’objectif au subjectif, ce qui est toujours extrêmement périlleux quand on veut limiter la liberté d’expression.

Plus subtilement encore, affirmer que la Une de Minute est raciste, c’est forcément associer soi-même l’idée de noir et de singe alors que l’hebdomadaire d’extrême-droite ne fait que reprendre des expressions applicables à n’importe quel humain, sans considération de la couleur de sa peau. L’anti raciste doit faire lui-même le rapprochement entre la métaphore sur la malignité et l’assimilation simiesque. Il tombe alors dans un piège.

En titrant de la sorte, Minute a donc mit avec perversité le doigt là où cela fait mal : le politiquement correct participe toujours de ce qu’il prétend dénoncer. Souvent, il l’entretient même. Jamais les bien-pensants ne s’interrogent sur la raison pour laquelle malgré des décennies de prohibitions, de procès, de stigmatisations, des milliards de subventions à des associations et des actions incessantes en direction des jeunes et des écoliers, le racisme serait toujours - selon eux - en progression en France.

Protégeant leur fonds de commerce, les anti-racistes le perpétuent par leurs dénonciations sempiternelles. Minute a atteint son objectif et, si procès il y a, il faudra des juges inconséquents ou idéologiquement conditionnés pour le condamner.

Mais, pour rester objectifs, il convient aussi de saluer - une fois n’est pas coutume - la réaction de Taubira. Elle a bien compris le danger, a refusé de se précipiter au tribunal et a su raison garder. Peut-être a-t-elle été protégée par sa culture d’opposante véhémente qui s’interdisait peu d’agressivité verbale autrefois ? Aussi devrait-on proclamer : vive Minute, vive Taubira !

Et l’on pourra conclure que, pour cette affaire comme pour tout le reste, Jean-Marc Ayrault n’a pas été malin comme un singe et qu’il n’a décidément pas la banane.

2 - La banqueroute c’est (presque) maintenant

Surtout n’affolez pas l’opinion ! La forte baisse des rentrées fiscales nonobstant la hausse des impôts est la double illustration du principe de Laffer - qui veut que les hauts taux tuent les totaux - et de l’enkystement de la récession en France.

Le successeur essoufflé de Jérôme Cahuzac, Bernard Cazeneuve, a fini en effet par avouer dimanche dernier que les recettes fiscales seront inférieures d’au moins 5,5 milliards d'euros à ce qui était prévu il y a quelques semaines : un milliard pour la TVA, quatre pour l’impôt sur les sociétés et au moins 500 millions d'euros pour l’impôt sur le revenu. Et cela n’est encore que provisoire. Pour donner un ordre d’idée, ce seul recul équivaut à tous les crédits culturels et, dans une perspective de redressement immédiat des finances publiques, il faudrait supprimer toutes les dépenses de ce type, jetant immédiatement à la rue le monde du spectacle et fermant les musées.

Au contraire, pour tenter de calmer les Bretons ou les maires, entre autres furibards du moment, le gouvernement multiplie ces temps derniers les annonces de nouvelles dépenses.

Le budget pour 2012 avait peu ou prou, du fait des efforts du gouvernement Fillon - qui coûtèrent beaucoup à Sarkozy au plan électoral - atteint son objectif d’endiguement du déficit (83 milliards d’euros contre 81 prévus initialement). Celui de 2013 explosera les compteurs malgré le tour de vis fiscal. Il est de plus en plus probable que le trou budgétaire flirte cette année avec les 5% du PIB, un vrai désastre qui nous rapproche de l’Espagne ou du Portugal.

Ne reste plus qu’une seule question : dans combien de temps la remontée des taux d’intérêt rendra-t-elle la situation intenable ? On est proche du moment où le climat politique - pré-insurrectionnel dans certaines régions - et la dégradation de la situation économique s’entretiendront l’un l’autre. Les investisseurs étrangers vont finir par prendre les bonnets rouges au sérieux.

La montée en province d’un sentiment hostile à Paris, qui se traduit par le mot d’ordre de blocus de la région capitale par les chauffeurs routiers en colère, est un des éléments de cette dégradation accélérée. Et les préparatifs de la grande manifestation du 26 janvier prochain réclamant la démission de François Hollande en sont comme les signes avant-coureurs. Carl von Clausewitz nous a démontré autrefois que la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. François Hollande va prouver que la révolution est celle de la banqueroute.

3 - Haut plateau fiscal

A la veille de l’augmentation de la TVA et alors que le gouvernement ne sait plus comment se dépêtrer de l’écotaxe, il invente soudain la magnifique diversion de la "remise à plat" du système fiscal.

Boîte de Pandore ou boîte à baffes ? On ne sait ce qui sortira de cette énième exercice de manipulation : de la frustration au minimum, du désordre probablement. En tout cas, ce sera la preuve qu’on peut tout mettre à plat en restant dans les cimes.

4 - Il court, il court le tireur ...

Dans une ville sur-surveillée et hautement vidéo-protégée, un tireur cinglé, dont le visage décore les fonds d’écran des Parisiens comme un poster, a pu continuer de vadrouiller pendant plus de 24 heures, du Marais à la Défense en passant par les Champs-Elysées. Le ministre de l’Intérieur, un dénommé Valls, s’est assigné un rôle de commentateur sportif. Parions que les Français ne lui en voudront pas.

Et, avec un peu de chance, le forcené sera bientôt dénoncé par sa famille ou ses collègues de travail.

5 - Goaaaaal !

Comme personne ne croyait à la victoire, il n’y avait pas foule de dignitaires et célébrités pour soutenir les Bleus contre les Ukrainiens au Stade de France. Un certain Sakho (sans «r») a paraît-il joué un rôle déterminant dans ce triomphe.

A lire du même auteur :  "L'enfumeur", de Serge Federbusch, (Ixelles éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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gile
- 21/11/2013 - 10:03
Réforme fiscale par un exécutif à 15 % ?

Non mais c'est limite illégal.

La seule explication à cette initiative pour le moins extraordinaire est que les prévisions à 2 ans sont très mauvaises et n'offrent plus d'autre solution à ce duo aux abois qu'une nouvelle augmentation des impôts au moyen d'une réforme qui n'en est que le paravent.

Certes ce duo prétend que cela se ferait à rendement constant, mais cela n'engage que celui qui le croit car une fois la réforme mise en oeuvre rien ni personne ne pourrait la modifier quand bien même elle s'avérerait plus productive que l'ancien arsenal fiscal.

Naturellement les classes moyennes seront les 1ères visées ainsi que les retraités.
ignace
- 21/11/2013 - 00:15
@eddy k catho ...mais pas trop..ça coute cher
Le plus probable, c'est que cette "remise à plat" ne servira qu'à faire du clientélisme: on augmente les prestations sociales et on diminue les taxes et impôts des lobbies de gauche, et on matraque un peu plus les entreprises et les électeurs supposés de droite (familles, cathos, classes moyennes)

en tant que catho je te propose la parabole suivante :
Evangile selon Luc Référence :Luc 12:16-20( Chapitre 12 )16
Et il leur dit cette parabole : Les terres d'un homme riche avaient beaucoup rapporté.

Et il raisonnait en lui-même, disant : Que ferai-je ? car je n'ai pas de place pour serrer ma récolte.
Voici, dit-il, ce que je ferai : j'abattrai mes greniers, j'en bâtirai de plus grands, j'y amasserai toute ma récolte et tous mes biens ; et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi.
Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ?
Eddy K
- 20/11/2013 - 23:55
"remise à plat", laissez-moi rire !!
Comment un Président avec 15% d'opinions favorables et 40% d'avis très négatifs pourrait-il avoir une quelconque légitimité pour réformer le système fiscal ?

Lui qui a annoncé une "pause fiscale" avant de de faire flamber les prélèvements ! Lui qui a prédit un "rebond d'activité" en juillet alors que nous avons eu une baisse du PIB au 3ème semestre ! Lui qui s'est engagé à inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année, une promesse de Père Noël comme toutes celles de sa campagne électorale !!

Hollande n'a plus aucune crédibilité. Cette soi-disant "remise à plat" du système fiscal peut à la rigueur servir à tuer définitivement l'écotaxe. Mais n'oublions pas que les élections municipales approchent !

Le plus probable, c'est que cette "remise à plat" ne servira qu'à faire du clientélisme: on augmente les prestations sociales et on diminue les taxes et impôts des lobbies de gauche, et on matraque un peu plus les entreprises et les électeurs supposés de droite (familles, cathos, classes moyennes)

Ce qui est triste avec "Mou Zedong notre Gland Timonier, c'est qu'il est totalement prévisible dans son incompétence, sa démagogie et son clientélisme...