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Houellebecq : la poésie, ma bite et moi !

Publié le 13 juin 2013
Toutes les semaines, le journal Service Littéraire vous éclaire sur l'actualité romanesque. Aujourd'hui, retour sur Configuration du dernier rivage, de Michel Houellebecq.
Pierre Vavasseur est écrivain et critique littéraire au Parisien libéré. Dernier ouvrage paru : « Recommencer » chez JC.Lattès. Il écrit pour le journal Service Littéraire.
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Toutes les semaines, le journal Service Littéraire vous éclaire sur l'actualité romanesque. Aujourd'hui, retour sur Configuration du dernier rivage, de Michel Houellebecq.

La poésie, cet animal si peu solide sur ses pattes, n'avait pas besoin de ça. Mais il y a une société cruelle (un pléonasme) qui s'attache à tirer sur le gibier sans défense, à lui faire avaler son acte de naissance avec d'étranges armes. Des arguments chimiques. Des pauvretés contagieuses mais envoûtantes par leur caractère Instamatic. C'est n'importe quoi donc c'est beau. C'est du génie. Comme tout disparaît lentement, sans qu'on y prenne garde, et que la beauté s'appelle Kookaille ou Acheéème, et que non mais t'as pas de shampoing quoi, et que les centurions de l'intellect paradent en tournant sur eux-mêmes, derviches emportés dans leur vacuité, on ne s'aperçoit pas que les crimes les pires sont les crimes les plus doux. Pour recoiffer la pensée unique en se débrouillant pour, chacun possède une bombe de laque. La maison Flammarion, par exemple, a la sienne. C'est la bombe H. Tout l'attirail, toute la panoplie de ce qu'il faut pour faire croire à. Pour faire croire que.

La dernière explosion de cet instrument à fragmentation fait un peu plus oublier qu'il existât des Mallarmé, des Valéry et des Verlaine, ce dont l'intelligentsia d'aujourd'hui se fout dans les vastes grandeurs. Au fond, nous aussi on s'en foutrait de cette « Configuration du dernier rivage » de Monsieur Houellebecq qui mélange la carte, le territoire et l'absence de perspective. Nous aussi on s'en foutrait si ces vers ne sentaient autant la dilettante arnaque, la configuration du dernier foutage de gueule à désespérer Boulogne, Billancourt et les lecteurs d'Alain Borne, pour ne citer que lui et tant d'autres mutilés de la poésie.

La poésie devrait monter au ciel, mais elle s'est enfoncée sous terre depuis que quelques instances administratives, mathématiques, abstraites, lui ont fait mordre la poussière dans les années 70. Le corps est toutefois en cours de réanimation. Des gens, des courageux, tentent d'en reconstruire la façade, privilégiant les fenêtres, laissant entrer la lumière. Mais non, il faut qu'un type, Goncourt par dépit, épave par vocation - c'est d'un chic - montre sa bite sans son couteau, invente la rime low cost pour faire se pâmer la haute autorité des sergents-majors de la littérature, émoustillée et frémissante. Lisons les poètes. Les poètes. Les vrais. Poète. Prononçons ce mot. Les vrais poètes ne sont pas si difficiles à trouver. Nombre d'éditeurs en proposent. Ces auteurs-là sont reconnaissables à ce qu'ils ne laissent pas ce sentiment de vide et de désespoir qui se dégage des plateaux de télévision désertés quand le cirque des apparences s'est éteint.   

A lire : « Configuration du dernier rivage », de Michel Houellebecq, éd. Flammarion, 104 pages, 15€ .

Source : Service Littéraire, le journal des écrivains fait par des écrivains. Le mensuel fondé par François Cérésa décortique sans langue de bois l'actualité romanesque avec de prestigieux collaborateurs comme Jean Tulard, Christian Millau, Philippe Bilger, Éric Neuhoff, Frédéric Vitoux, Serge Lentz, François Bott, Bernard Morlino, Annick Geille, Emmanuelle de Boysson, Alain Malraux, Philippe Lacoche, Arnaud Le Guern, Stéphanie des Horts, etc . Pour vous y abonner, cliquez sur ce lien.

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Commentaires (4)
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Septentrionale
- 14/06/2013 - 06:06
détournement majeur dans l'air mineur du temps
Odysseus la nouvelle série d'Arte
surtout ne citer pas Homère
tristounette odyssée sans rythme, sans âme de la nouvelle civilisation européenne
de la femme à seins de poupée gonflable
pour de l'homme à enc.ler
Bruno Cortona
- 14/06/2013 - 01:47
je suis un poète
réservoir souple, quadrangulaire,

dedans c'est doux des fois rigide
son cuir usé, couleur frigide

c'est ma pochette, un peu vulgaire.

Cortona Bruno
fragments isolés
Recueil, 2013
vegetarienafer
- 14/06/2013 - 00:02
J'ai le nom du tabou suprème
Pour les derviches emportés dans leur vacuité.J'ai le nom qui tue,l'interdiction incommensurable,l'inceste intellectuel.Houellebecq à coté il contournerait le purgatoire sans même sans même en demander l'autorisation à BHL.J'ai le nom de celui qui n'hésite pas avec humour à se comparer à un bonobo.Il comprend qu'il est politiquement correct d'expliquer à un pygmée que la forêt n'est pas une nation car elle ne possède pas la bombe atomique ni le pouvoir d'achat et que l'on a besoin de son arbre de 3000ans pour faire des cure dents.Ce nom plus effrayant que la grippe aviaire.c'est j'ose pas vous le dire,allez je me lance et tant pis si je suis repéré par lesRG:Dieudonné...