En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
© AFP
Mon quart d’heure finkielkrautien
Fac de Nanterre : « B et A, BA » avant le cours de droit constitutionnel
Publié le 30 septembre 2018
La fac de Nanterre, bastion du combat contre les « pré-requis », apprend désormais à lire et écrire à certains de ses étudiants avant d’en faire des profs. Elle fait bien mais c’est triste tout de même.
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La fac de Nanterre, bastion du combat contre les « pré-requis », apprend désormais à lire et écrire à certains de ses étudiants avant d’en faire des profs. Elle fait bien mais c’est triste tout de même.

Je tombe sur une info selon laquelle l’université de Nanterre, prenant acte des graves lacunes en expression écrite de certains de ses étudiants, organise désormais des « cours de remise à niveau ». Mais l’info en question m’étant fournie par Valeurs actuelles, une publication notoirement orientée, je décide immédiatement de me la faire confirmer par Le Parisien, une publication notoirement neutre, histoire d’assurer mes arrières idéologiques...

Et effectivement, la fac la plus en pointe dans le récent combat contre la sélection et les fameux « pré-requis » est bel et bien forcée d’assurer l’alphabétisation de jeunes gens « parfois titulaires d’un bac avec mention » avant d’entrer dans le vif du sujet : « B et A : BA » avant le cours de droit constitutionnel, « M et E : ME » avant le TD d’anthropologie.

 

L’enseignement supérieur n’étant évidemment pas responsable de la façon dont on prépare ses ouailles à devenir les futures élites de la nation aussi en amont qu’au CP, on pourra se réjouir de l’aspect inclusif de cette initiative (à la Libé, publication notoirement progressiste), voire se contenter d'en entériner le réalisme (façon Les Echos, publication notoirement pragmatique).

 

Si un étudiant en première année de licence ne sait ni lire ni écrire, il faut bien tenter d’y remédier avant son arrivée en master, voire avant son recrutement comme professeur des écoles. Ça tombe sous le sens.

 

Mais il y a tout de même quelque chose de franchement déconcertant dans ce colmatage de la onzième heure, comme l’idée que le combat est perdu d’avance de toute manière et que la distinction entre un infinitif et un participe passé ne sera bientôt plus qu’un archaïsme finkielkrautien ; un attachement discriminatoire et réactionnaire à ces sciences des ânes que sont l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la conjugaison.

 

On pourra d’ailleurs trouver ça paradoxal, dans un monde où l’écrit n’a jamais tenu une aussi grande place, où les réseaux sociaux débordent de réactions indignées sur ceci ou cela rédigées en phonétique et où des managers désormais privés de dactylos formées chez Pigier s’échangent des mails qui ne leur permettraient même pas de décrocher un certificat d’études modèle 1960. On pourra même rigoler doucement en se figurant les prochains combats fratricides entre partisans de l’écriture inclusive et fanatiques de la simplification de la langue française...

 

On pourra aussi juste être un peu triste.

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
02.
Les effroyables supplices infligés à Ravaillac, l’assassin du "bon roi" Henri IV
03.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
04.
Emmanuel et Brigitte Macron profitent d'un bain de foule au Touquet
05.
1er Mai : les Gilets jaunes se préparent pour l'"acte ultime"
06.
Pourquoi les erreurs européennes dans le traitement de la crise financière de 2008 sont les racines de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE
07.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
04.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
05.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
06.
Trêve ou flottement au sommet ? Quoiqu’il en soit, voilà les 5 questions de fond auxquelles Emmanuel Macron devra absolument répondre s’il veut reprendre la main
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
05.
Pourquoi les erreurs européennes dans le traitement de la crise financière de 2008 sont les racines de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE
06.
Névroses nationales : et la France de demain, vous la voulez à l’identique ou conscientisée ?
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires