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Mon quart d’heure finkielkrautien

Fac de Nanterre : « B et A, BA » avant le cours de droit constitutionnel

Publié le 30 septembre 2018
La fac de Nanterre, bastion du combat contre les « pré-requis », apprend désormais à lire et écrire à certains de ses étudiants avant d’en faire des profs. Elle fait bien mais c’est triste tout de même.
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
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La fac de Nanterre, bastion du combat contre les « pré-requis », apprend désormais à lire et écrire à certains de ses étudiants avant d’en faire des profs. Elle fait bien mais c’est triste tout de même.

Je tombe sur une info selon laquelle l’université de Nanterre, prenant acte des graves lacunes en expression écrite de certains de ses étudiants, organise désormais des « cours de remise à niveau ». Mais l’info en question m’étant fournie par Valeurs actuelles, une publication notoirement orientée, je décide immédiatement de me la faire confirmer par Le Parisien, une publication notoirement neutre, histoire d’assurer mes arrières idéologiques...

Et effectivement, la fac la plus en pointe dans le récent combat contre la sélection et les fameux « pré-requis » est bel et bien forcée d’assurer l’alphabétisation de jeunes gens « parfois titulaires d’un bac avec mention » avant d’entrer dans le vif du sujet : « B et A : BA » avant le cours de droit constitutionnel, « M et E : ME » avant le TD d’anthropologie.

 

L’enseignement supérieur n’étant évidemment pas responsable de la façon dont on prépare ses ouailles à devenir les futures élites de la nation aussi en amont qu’au CP, on pourra se réjouir de l’aspect inclusif de cette initiative (à la Libé, publication notoirement progressiste), voire se contenter d'en entériner le réalisme (façon Les Echos, publication notoirement pragmatique).

 

Si un étudiant en première année de licence ne sait ni lire ni écrire, il faut bien tenter d’y remédier avant son arrivée en master, voire avant son recrutement comme professeur des écoles. Ça tombe sous le sens.

 

Mais il y a tout de même quelque chose de franchement déconcertant dans ce colmatage de la onzième heure, comme l’idée que le combat est perdu d’avance de toute manière et que la distinction entre un infinitif et un participe passé ne sera bientôt plus qu’un archaïsme finkielkrautien ; un attachement discriminatoire et réactionnaire à ces sciences des ânes que sont l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la conjugaison.

 

On pourra d’ailleurs trouver ça paradoxal, dans un monde où l’écrit n’a jamais tenu une aussi grande place, où les réseaux sociaux débordent de réactions indignées sur ceci ou cela rédigées en phonétique et où des managers désormais privés de dactylos formées chez Pigier s’échangent des mails qui ne leur permettraient même pas de décrocher un certificat d’études modèle 1960. On pourra même rigoler doucement en se figurant les prochains combats fratricides entre partisans de l’écriture inclusive et fanatiques de la simplification de la langue française...

 

On pourra aussi juste être un peu triste.

 

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