En direct
Best of
Best of 15 au 21 juin
En direct
© Brad Barket / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Chacun cherche son porc
Louis CK, Kevin Spacey : mon moment Edwy Plenel
Publié le 12 novembre 2017
Le problème avec le grand nettoyage des porcheries, c’est lorsqu’on tombe sur un verrat qu’on prenait pour un aigle.
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le problème avec le grand nettoyage des porcheries, c’est lorsqu’on tombe sur un verrat qu’on prenait pour un aigle.

Contre toute attente, je terminerais presque cette semaine avec un chouïa d’empathie pour les Pascal Boniface et autres Edwy Plenel, dont l’idole a été déboulonnée les précédentes avec le fracas que l’on sait. Car moi aussi, je dois faire face à un sacré dilemme : me faut-il mettre à la poubelle Kevin Spacey, que j’aimais bien, et Louis CK, que j’admirais carrément ?

 

Les deux histrions, dont nous apprenons avec stupéfaction qu’ils étaient eux aussi de fameux cochons obsessionnels, tripotant des jeunes garçons dans un cas, se tripotant lui-même devant des jeunes femmes dans l’autre, peuvent-ils encore être appréciés pour leur seul talent ?

 

C’est un vieux débat bien sûr. Et je l’avais déjà plus ou moins tranché comme tant d’autres amateurs de révolution littéraire en conservant le Voyage au bout de la nuit dans ma bibliothèque tout en méprisant le voyage à Sigmaringen. Mais voilà : lorsque j’ai découvert Céline, il avait déjà été boulotté par les vers depuis un bail et tenait plus du personnage historique que du militant contemporain du califat. On pouvait prendre de la distance.

 

Notez que j’avais déjà eu un moment du même genre avec l’affaire DSK, mais ça avait été plus facile à gérer. J’avais du respect pour la vision politique du bonhomme, je l’aurais bien vu emménager à l’Élysée, mais je n’ai pas eu trop de mal à me trouver des sociaux-libéraux de rechange en apprenant qu’il prenait ses aises avec des nanas non consentantes dans des hôtels de luxe. C’était juste un bon manager potentiel, pas un type dont on se serait bien vu être le pote.

 

Bon, Spacey, c’est aussi juste un acteur après tout, et un acteur peut être un fieffé connard tout en jouant dans de bons films. Je peux bien le glisser dans le conteneur non-recyclable comme le premier client du Carlton de Lille venu. Mais Louis CK, c’est différent. C’est un type qui fait du stand-up à portée philosophique, un gars auquel on peut s’identifier quand on est chauve, père, divorcé, quinqua, et, censément doté d’un sens de l’humour dont on se sert professionnellement. Ça touche davantage.

 

D’ailleurs, si vous ne le connaissez pas ou pas bien, je ne peux même plus vous recommander d’aller jeter un œil sur ses séries semi-autobiographiques Louie ou Horace and Pete pour vous rendre compte par vous même de la qualité et de la finesse du boulot parce que, précisément, c’est là qu’est le fond du problème. Est-ce que tout ça n’était pas un peu bidon finalement ?

 

Je vais y réfléchir encore un peu je pense. C’est plus compliqué pour moi que pour Plenel et que Boniface, parce que Louis CK ironisait plus volontiers sur la masturbation et le sens de la vie qu’il ne faisait l’éloge de l’excision et des piliers surnuméraires de l’islam, mais je trouverais bien une solution. Je regarderai Tig Notaro, par exemple.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
02.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
03.
Vent de sécularisation sur le monde arabe ? Ces pays qui commencent à se détourner de la religion
04.
Quand la SNCF se laisse déborder par ses contrôleurs
05.
Quand les secrets du succès du Bon Coin intriguent Amazon et eBay
06.
Nominations européennes : le bras de fer entamé par Emmanuel Macron avec l’Allemagne peut-il aboutir ?
07.
Canicule : y’a-t-il encore un adulte dans l’avion ?
01.
Retour des moustiques tigre : voilà comment s'en protéger efficacement cet été
02.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
03.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
04.
Pourquoi les Francs-maçons ne sont certainement pas les héritiers des constructeurs de cathédrale qu’ils disent être
05.
L'homme qui combat la bien-pensance pour sauver le monde agricole
06.
Meghan & Harry : all is not well in paradise; Mariage sous couvre-feu pour Laura Smet; Laeticia Hallyday, délaissée ou entourée par ses amis ? Voici & Closer ne sont pas d’accord; Taylor Swift & Katy Perry se câlinent vêtues d’un burger frites de la paix
01.
PMA et filiation : ces difficultés humaines prévisibles que le gouvernement écarte bien rapidement
02.
Mieux que Jeanne d'Arc : Greta Thunberg voit le CO² à l'œil nu !
03.
Amin Maalouf et Boualem Sansal, deux lanceurs d'alerte que personne n'écoute. Est-ce parce qu'ils sont arabes ?
04.
L'Ordre des médecins autorise Jérôme Cahuzac à exercer la médecine générale en Corse
05.
Ce piège dans lequel tombe le gouvernement en introduisant le concept d’islamophobie dans le proposition de loi Avia sur la lutte contre les contenus haineux
06.
Burkini : des femmes envahissent une piscine à Grenoble
Commentaires (4)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
kelenborn
- 12/11/2017 - 16:27
Bon et puis...
Serraf, il pourrait pas nous retrouver l'amère Michel!! Mon Bruno commence à craquer!
kelenborn
- 12/11/2017 - 16:26
Marrant
Oh c'est pas que Serrafin me soit vraiment antipathique! Je vais pas me mettre à dos tout Atlantico mais...ce crane rasé, le style et le contenu de l'écriture, c'est marrant, j'ai l'impression de l'entendre parler, quelque part, du côté de France Cu ou d'Arte ou plutôt de Libé interviewé sur Bouffemerde TV et expliquant comment être du bon côté de la branchitude! En fait, un certain Taddei expliquait l'autre jours que la mère Ernotte pensait que les gens intelligents ne regardaient pas la télé! Ben moi c'est pareil pour le cinoche! Si y avait que moi, y a longtemps que les fameux porcs en seraient réduits à draguer la ribaude à Nuit Debout! Bon je déconne, ok, mais, la "branchitude" me fait autant chier que la bravitude !
vangog
- 12/11/2017 - 14:14
J’ai la solution pour vous, Serraf...
Séparez l’oeuvre de l’artiste de sa vie privée, ou même de sa vie tout court, et vous comprendrez que l’œuvre d’art, en tant que témoignage de son époque, n’appartient plus vraiment à l’artiste à partir du moment où elle est bonne. En quelque sorte, les œuvres de Céline, de Picasso, de Salvador Dali, d’humoristes ou acteurs de talent tombent dans le domaine public, et peuvent être decorrélées de leur vie, lorsqu’elles apparaissent uniques, novatrices, esthétiques...