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Macron et l'anglais : Ze French nidz ze English to win against ze English
Publié le 04 juin 2017
Un président qui parle anglais, c’est le meilleur moyen de faire réentendre du français sur la scène internationale. Too bad if you don’t get it.
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
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Un président qui parle anglais, c’est le meilleur moyen de faire réentendre du français sur la scène internationale. Too bad if you don’t get it.

Des « gens », pour parler comme un Mélenchon en meeting, pardon, en « réunion publique », se sont offusqués de ce que Macron choisisse de s’adresser à Trump (et au monde) en anglais plutôt qu’en français, y voyant une « absence de respect pour notre langue », voire carrément la marque d’une « soumission à la puissance américaine ».

 

Outre que ce soit complètement idiot en l’espèce —on ne ne soumet guère à celui qu’on envoie balader publiquement et dont on moque le manque de clairvoyance—, on remarquera que c’est l’inverse du procès généralement fait aux politiques français pour leur incapacité à s’exprimer autrement que dans leur propre langue.

 

C’est triste, on aimerait que ce ne soit pas le cas par vanité chauvine, mais des deux dialectes indo-européens à prétention universelle, c’est celui des voisins du dessus qui l’emporté depuis un bail et le nôtre a même désormais du mal à se maintenir à l’intérieur de ses propres frontières historiques.

 

Pour que l’idiome du pays où on le pratique au quotidien s’impose comme instrument de communication majeur, il lui faut deux atouts : la puissance (économique et/ou militaire) et le prestige (culturel et/ou scientifique). Nous avions tout ça, il n’en reste plus grand-chose. Pas rien du tout bien sûr, ne poussons pas le déclinisme jusqu’au masochisme, mais plus grand-chose tout de même...

 

Dans le monde tel qu’il est plutôt que dans le monde tel qu’on voudrait qu’il soit, un président français qui veut se faire entendre pour de bon, faire valoir un point de vue « différent » autrement qu’en pleurnichant sur le respect dû à sa gloire passée, n’a donc d’autre choix que de le faire dans la lingua franca du moment. A fortiori (c’est du latin) s’il entend construire une vraie relation directe avec ses homologues étrangers lorsqu’il leur serre la main dans un sommet.

 

Les chances sont faibles, sur une planète où des géants démographiques comme la Chine ou l’Inde émergent, qu’un pays pesant un tout petit pourcent de la population globale et entre 3 et 4% du PIB, ne reprenne vraiment la main façon Louis XIV ou Napoléon 1er, mais celles de le voir reprendre assez de poil de la bête pour redevenir un player (c’est de l’anglais) en redynamisant son économie et en propageant ses valeurs ne sont certainement pas nulles.

 

Bref, une éventuel retour du français passe aujourd’hui par l’anglais. C’est subtil, presque contre-intuitif, mais n’est-ce pas exactement le type de message que Raffarin essayait de faire passer avec son « ze yes nidz ze no to win against ze no » ?

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Commentaires (1)
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OlivierRiviere
- 04/06/2017 - 12:15
Bien vu, mais ...
"Bref, une éventuel retour du français passe aujourd’hui par l’anglais." C'est effectivement bien vu! Cependant, en parallèle, il faut continuer à promouvoir le français dans le monde car en Afrique comme en Amérique du Nord, parler français c'est également défendre une autre vision du monde que celle des anglo-saxons. Cette vision est à défendre .. tout en évitant le piège de l'étroitesse d'esprit et du repli sur soi. Pas simple, mais c'est pour la francophonie, une tâche majeure