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Revue de presse des hebdos

Le Premier ministre qui aime s'asseoir dans les églises ; Fillon était prêt à recruter Macron ; Bayrou et Goulard se détestent...

Publié le 18 mai 2017
Et aussi Valeurs Actuelles met les traîtres à l'index et Marion Maréchal-Le Pen fait (vainement) de l'oeil à Wauquiez
Gilles Klein, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995. ...
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Gilles Klein
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Et aussi Valeurs Actuelles met les traîtres à l'index et Marion Maréchal-Le Pen fait (vainement) de l'oeil à Wauquiez

La chronologie est cruelle pour les hebdos qui ont bouclé avant de connaître la composition du nouveau gouvernement qui domine cette semaine en cours. Les hebdos se penchent donc sur les premiers jours de la présidence de Macron, et sur son nouveau Premier ministre. Et on lit au passage, que Bayrou (ministre de la Justice) et Goulard (ministre des Armées) ne se supportent pas. La cohabitation a-t-elle déja commencé au sein du gouvernement ?

Pour la Une de l'Express, Macron "chamboule tout" et cette Une souligne aussi la jeunesse du tandem qui prend les rênes du pays : "Lundi 15 mai. Les historiens de la Ve République n’ont jamais vu cela. Un couple (exécutif) se forme, c’est le plus jeune depuis 1958 : Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont, à eux deux, 85 ans. Record Giscard-Chirac battu (89 ans) – quand tous les autres tandems dépassaient les 100 ans, jusqu’au plus vieux, en 1992, Mitterrand-Bérégovoy, 141 ans au total. Cette fois, le choix répond à la promesse phare du candidat : fraîcheur et renouveau. « C’est, pour moi, l’enjeu principal de cette élection, pointe un proche du nouveau président. Il n’y a pas une réforme clef du programme d’Emmanuel Macron qui ait marqué les esprits, son défi est d’abord politique. » C’est le défi du chamboule-tout."
 
L'Express avait rencontré le futur Premier ministre six jours avant sa nomination à Matignon,qui lui déclarait alors : « Il est absurde de croire qu’il ne s’est rien passé le 7 mai. Emmanuel Macron a 39 ans, il gagne contre les partis, il a montré des choses impressionnantes en termes d’audace. Ceux qui pensent qu’il n’a été élu que par défaut et par pure chance ont tout faux. Il a une lecture extraordinairement gaullienne des institutions. Le chef de l’Etat est élu, il identifie une majorité qui soutient l’action pour laquelle il a obtenu des voix, le gouvernement doit refléter et être la première incarnation de cette majorité que le président veut dessiner aux législatives. »
 
Le Premier ministre et les églises
 
Le Point qui l'a rencontré en dit un peu plus sur l'homme Édouard ­Philippe, né à Rouen, élu maire du Havre, un vrai normand auquel il consacre une douzaine de pages : "devenu trois jours plus tard premier Premier ministre d'Emmanuel Macron, mais qui, ce vendredi 12 mai, ne pouvait encore le dire : on ne s'adoube pas Premier ministre soi-même. Édouard Philippe nous invite à le suivre. Vite, scruter son visage, ses yeux, y chercher les traces de sa nomination à venir. Passer au scanner son vaste bureau d'édile, le tableau coloré de Raoul Dufy, la bouteille de whisky pleine à déborder, la photographie de ­Zidane, les piles de parapheurs, les feutres triés par couleur sur sa table…" Celui qui était alors futur Premier ministre dit «La droite a un travail de refondation à faire sur toute une série de sujets tels que la liberté individuelle, le rapport à l'Europe… Il faut que des gens tentent des choses originales».
 
Edouard Philippe n'a pas la foi "mais il aime s'asseoir dans les églises" explique Le Point : « J'ai beaucoup de respect pour le sacré. Ma mère est issue d'une famille très catholique alors que, chez mon père, ils étaient parfaitement mécréants. Je ne vois pas l'homme sans le sacré. »
 
Edouard Philippe ? "Un choix de dingue"
 
Tous en train de faire découvrir les nouveaux venus, les hebdos ne sont pas violents face à Edouard Philippe, mais on trouve quand même quelques gouttes d'ironie qui précèdent l'acidité qui ne devrait pas tarder :  "« Est-on sûr que les Français savent qu’il est de droite ? », se moque un ancien ministre pour souligner sa faible notoriété" souligne l'Express. Pas de surprise du côté de Laurent Wauquiez qui parle clair & net à propos du Premier ministre : "“C’est un choix de dingue ! Il n’a aucune expérience gouvernementale,  il est détesté par tous les parlementaires, c’était le porte-flingue de Juppé, un type très brutal et seul à l’Assemblée nationale. » ” 
 
Même l'entourage du président affiche une certaine lucidité, face à un avenir inquiétant, aussi signalée par l'Express : "La configuration est inédite, la bataille des législatives, par conséquent, plus incertaine que jamais. Un ami du président remarque : « Macron est devenu une star mondiale, mais cela ne suffit pas forcément à vous faire gagner la circonscription de Romorantin... » 
 
Giesbert dans Le Point  ne voit pas la vie en rose "Macron est prévenu : désormais, les mille fleurs de l'état de grâce se fanent de plus en plus vite, la chasse au président commence dès son intronisation et son règne s'achève dans un brouillis d'insultes et de quolibets. Le nouveau président fera-t-il exception ?"
 
Cette droite qui trahit
 
"Sans convictions, sans valeurs, sans idées... ces lâches qui se vendent à Macron" la Une de Valeurs Actuelles est directe avec un visuel sans ambiguité : les couteaux sont tirés entre les juppéistes et les fillonistes. Dans l'article de 3 pages, Valeurs, qui ne parle que d'Edouard Philippe (pas des autres membres du gouvernement dont il ignorait la composition lors du bouclage) cite Olivier Véran député socialiste de l'Isère, qui a rejoint le mouvement de Macron. Et l'hebdo semble partager le jugement plus nuancé de Véran : "moins qu'une trahison, le choix d'Edouard Philippe ressemble davantage à un coming out".
 
"J'observe que les juppéistes ont exprimé leur satisfaction moins de deux minutes après sa nomination" note un lieutenant de Fillon à propos de la nomination du Premier ministre. Pour Valeurs l'avenir est au delà de la division actuelle. Ce n'est qu'un début pour la droite "Les Républicains ressemblent à l'armée de Darius. facialement impressionnante mais impuissante, faute d'homogénéité, à vaincre celle d'Alexandre le Grand" analyse Christophe Billan, le président de Sens commun cité par Valeurs, Billan qui voit là "l'occasion pour la droite de se refonder. La catalyse a commencé. Ce n'est qu'un début" conclu l'hebdo.
 
Etonnant : Valeurs Actuelles salue l'artiste quand même "A la différence de François Hollande, le nouveau président de la République a fait un véritable sans-faute - affiché - à son arrivée à l'Elysée."
 
Fillon a failli embaucher Macron
 
L'Obs cite Mathieu Goar et Alexandre Lemarié auteurs du livre 'Les coulisses d'une défaite' consacré aux dessous de la campagne perdante de Fillon. Ils racontent  que Fillon portait un regard positif sur Macron : "Son analyse est pertinente et rejoint sur un très grand nombre de points la mienne" leur déclarait l'ex-Premier ministre en avril 2016. Fin janvier 2017, il revient sur le sujet devant un club d'entrepreneurs du numérique "Si Emmanuel Macron veut venir dans mon gouvernement, je ne suis pas contre". Fillon n'imaginait pas alors que les affaires allaient l'éliminer, et que le jeune homme à qui il pensait pour son équipe, allait devenir président à sa place, après son cuisant échec...
 
Sinon l'Obs semble enthousiaste face à Macron. On le voit qui monte très vite un escalier en une du journal, qui constate avec une sorte d'indulgence amusée "Il ose tout". Le PS ne doit pas regarder Macron avec la même sympathie pourtant, comme la majorité des lecteurs de l'Obs ? On attend un sondage...
 
Goulard et Bayrou : la haine ?
 
Comme nous l'avons déja souligné, les hebdos ont bouclé avant la composition du gouvernement. Il faut donc saluer la clairevoyance du Point qui consacre quatre pages à la Marseillaise Sylvie Goulard (nommée ministre des Armées) en notant son côté pro-européen et adepte de la rigueur allemande. L'hebdo rappele le titre de son livre sorti chez Fayard en 2005 'Le Grand Turc et la République de Venise' où elle critiquait la position française favorable à l'époque à l'entrée de la Turquie au sein de l'Union européenne. Le Point évoque aussi les mauvaises relations entre Bayrou (nommé au ministère de la Justice, et Goulard, nouvelle ministre importante. 
 
Les proches de Bayrou n'avaient pas une vision claire du rapport de force, si l'on en croit Le Point. L'un d'eux déclarait, avant sa nomination, "Elle n'a aucune expérience gouvernementale et parlementaire. Son côté je sais tout sur tout commence à exaspérer Marcon". La suite des événements a démenti cruellement ce propos.
 
Quatre pages aussi sur Gérard Collomb toujours dans Le Point : "A près de 70 ans (il les aura le 20 juin) celui qui a toujours été le chef chez lui s'est découvert un patron de trente ans son cadet, et ce patron est devenu président". Les policiers doivent être prévenus : "Autoritaire, Collomb ?  L'homme ne récuse pas l'adjectif" et il répond "Mais c'est un autoritarisme qui n'est pas du despotisme." Ouf !
 
Marion fait de l'oeil à Wauquiez
 
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Publicis, le crépuscule de Lévy
 
"Alors qu'à 72 ans, Maurice Lévy s'apprête à introniser son successeur aux commandes de Publicis, une affaire comptable menance de ternir son formidable parcours de bâtisseur." L'Obs revient sur 6 pages sur ce parcours exceptionnel de Lévy : les effectifs de Publicis sont passés de 3 000 à 78 000 personnes, le revenu a été multiplié patr 50 et la capitalisation boursière par 100. Problème : un dédommagement exceptionnel et ultraconfidentiel de 130 millions d'euros qui n'aurait pas été comptabilisé dans les règles. Ce qui aurait pu embellir sa marge bénéficiaire et son cours de bourse.
 
De la graphosphère à la vidéosphère
 
Selon Régis Debray, les temps changent : "Nous passons de la graphosphère à la vidéosphère." Et pour lui "Les intellectuels sont contraints à entrer dans le jeu. La fonction d'influence ne passe plus par l'écrit, mais par l'audiovisuel et le numérique. Pour vendre un livre, il faut aller chez Ruquier. Hélas, je ne regarde pas cette émission, car je me couche avant. Je me sens donc débranché. D'autres ont une plasticité que je n'ai pas. Ou un courage ou une modestie : aller chez Ruquier, c'est humiliant quand on a un peu d'orgueil. Néanmoins, je comprends qu'ils le fassent."
 
Au passage on note l'éditorial de Jean Daniel en page 5 dans l'Obs : "Rien ne pouvait justifier que je paraisse bouder ce qui a fini par devenir une joie populaire" et le vieux sage qui craignait que l'on croie qu'il boudait, veut donner, lui aussi, sa chance à Macron : "Ne confondons pas le besoin de mettre en garde et celui de torpiller" explique Daniel, avant de replonger dans son sous-marin ?
 
Cannes face au dilemme Netflix
 
La nouvelle ministre de la Culture, Françoise Nyssen, découvrira à Cannes le conflit de fond entre Netflix et les exploitants de cinéma qui ne l'aiment pas car il garde ses films pour lui souligne l'Express " L’entreprise américaine, devenue leader de la vidéo à la demande sur abonnement (SVoD), ne se limite plus à financer des séries telles que House of Cards mais investit désormais dans la production cinématographique. Exemples récents et notables : Okja de Bong Joon Ho, et The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach, sélectionnés en compétition cette année."
 
Les exploitants ne sont pas contents : " tous les exploitants et quelques distributeurs ruent dans les brancards. Pour Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) : « Le risque existe qu’un film obtienne une récompense et soit invisible en salles, Netflix ayant bien spécifié qu’il ne le diffuserait que sur sa plate-forme. » Pour le distributeur Jean Labadie (Le Pacte) : « Si le cinéma présenté à Cannes est fait pour être regardé à la télé, alors qu’on reste chez nous et qu’on nous envoie des liens vidéo pour découvrir la sélection! »
 
Etrangement, Okja sortira en salle dans certains pays. L'Express cite au moins un exemple : " En Corée du Sud, où sera simultanément disponible au cinéma et sur Netflix, la fréquentation n’a jamais été aussi florissante. »  Et ajoute un détail qui compte : "Netflix représente aux yeux de la plupart des producteurs français la perspective d’un nouveau guichet de financement." A suivre. 
 
L'éolien énergie de la discorde
 
Entre autres petits soucis pour Hulot, il y aura l'éolien, même si on en parle rarement. Pour l'Express c'est "l'énergie de la discorde" et nous sommes en retard dans ce domaine des energies renouvelables. Pourquoi ? "En raison d’une opposition locale très vive, les projets mettent des années pour aboutir. En moyenne, entre les innombrables autorisations administratives (remplacées depuis début 2017 par une autorisation unique), les délais d’instruction des dossiers et les multiples recours juridictionnels (60% des projets seraient attaqués en justice), il faut compter entre six et huit ans pour installer une éolienne en France, contre de deux à quatre ans seulement en Allemagne"
 
Et ce retard n'est pas près de se combler semble-t-il : "De quoi expliquer l’incapacité de la France (11,7 gigawatts, à la fin de 2016) à tenir ses engagements environnementaux. En 2009, le Grenelle avait fixé comme objectif l’installation de 25 gigawatts d’éoliennes terrestres d’ici à 2020. Moins ambitieuse, la loi de transition énergétique, portée par Ségolène Royal, en a promis 15 d’ici à 2018 et entre 21 et 26 à l’horizon 2023. Mais, là encore, les professionnels du secteur restent sceptiques. « Pour respecter la loi, il faudrait construire 2 gigawatts par an. Ceci paraît difficile, ne serait-ce que parce que le taux d’acceptation des nouveaux projets est encore plus faible qu’avant ».
 
Cela fait tâche dans le pays qui revendique le succès de la COP21 et de l'accord de Paris. Malgré son ministère d'Etat combien de temps Hulot tiendra-t-il le coup sans craquer ?
 
 
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jurgio
- 19/05/2017 - 19:40
Eldouar aime s'asseoir dans les églises
pour se reposer après un meeting quand il fait trop chaud dehors. Il faut garder absolument nos églises.
ikaris
- 18/05/2017 - 16:35
Regis Debray en retard d'une guerre
C'est amusant ce type : à l'heure où internet supplante nettement en capacité d'influence la télé en général ... il découvre que pour vendredi des livres il faut aller chez Ruquier ... c'était il y a 15 ans ça, papy. Aujourd'hui des chaines il y en a des tas et de moins en moins de monde les regarde. Ruquier c'est bon juste pour les associaux couche tard du samedi soir.