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Rébellion bleue marine : focus sur la progression du vote FN chez la police et les militaires

Publié le 19 octobre 2016
Avec Ifop
Agressions dans des quartiers dits sensibles, sollicitations inhérentes à un Etat d'urgence qui s'éternise, manifestation dans les rues de Paris... Les représentants des forces de l'ordre sont aujourd'hui à cran. Une situation qui pourrait potentiellement avoir des conséquences... dans les urnes, eu égard à la proximité politique de ce corps de métier.
L'Ifop est un institut de sondages d'opinion et d'études marketing.
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Agressions dans des quartiers dits sensibles, sollicitations inhérentes à un Etat d'urgence qui s'éternise, manifestation dans les rues de Paris... Les représentants des forces de l'ordre sont aujourd'hui à cran. Une situation qui pourrait potentiellement avoir des conséquences... dans les urnes, eu égard à la proximité politique de ce corps de métier.
Avec Ifop

Alors que l'exaspération des représentants des forces de l'ordre semble avoir monté d'un cran ces derniers jours suite aux agressions dont certains policiers ont été victimes, donnant lieu notamment à une manifestation de ces derniers à Paris, Atlantico republie aujourd'hui une enquête de l'institut IFOP parue en juillet 2014 sur les proximités politiques et électorales des policiers et militaires. Une étude qui révèle, entre autres, l'importance croissante du vote FN dans cette catégorie de la population.

 
 

Contrairement à leur collègues policiers ou CRS, les gendarmes n’ont pas le droit de se syndiquer. L’expression de ce corps ou de ses représentants dans le débat public est donc rarissime (on se souvient encore dans les casernes et les brigades du mouvement de protestation de 2001-2002). Mais si ces membres de la "Grande Muette" ne donnent quasiment jamais de la voix publiquement, ils participent néanmoins comme tout citoyen aux consultations électorales. La question qui se pose alors est de savoir si ces électeurs en uniforme ont un comportement électoral similaire à celui de la moyenne des Français ou s’ils présentent de fortes singularités et si oui lesquelles ?

Pour répondre à ces interrogations, le recours aux classiques enquêtes d’opinion n’est pas adapté car la population gendarmique est trop peu nombreuse pour que l’on puisse l’isoler dans des échantillons nationaux représentatifs. De la même façon, comparer en milieu rural les résultats électoraux des communes dotées d’une brigade de gendarmerie avec ceux des communes qui en sont dépourvues n’a guère de sens car les quelques voix des gendarmes et de leurs familles seront diluées dans un corps électoral beaucoup trop large.

Pour pallier cette difficulté, nous avons concentré notre analyse en milieu urbain sur les bureaux de vote abritant dans leur périmètre une caserne de la gendarmerie mobile. Comptant généralement un à deux escadrons (plus parfois un état-major ou des unités de soutien logistique), ces casernes concentrent en un même lieu des effectifs importants, de l’ordre de 180 à 500 personnes, car contrairement aux militaires ou aux CRS, les gendarmes mobiles résident avec leurs familles dans les locaux de la caserne. Cette concentration en un même lieu d’effectifs gendarmiques importants (les gendarmes et leurs familles pouvant représenter entre 15% et 100% du corps électoral de ces bureaux de vote) offre une possibilité unique de pouvoir évaluer la réalité de ce vote, dont les caractéristiques sont, nous allons le voir, très particulières.

1) La présence d’une caserne de gendarmerie mobile influe très nettement sur les résultats électoraux du bureau de vote concerné

Les bureaux de vote auxquels sont rattachés les gendarmes mobiles et leurs familles, se distinguent très clairement de leur environnement urbain. En effet, tous les bureaux abritant une caserne de la gendarmerie mobile affichent un vote pour Marine Le Pen à la présidentielle très nettement supérieur à la moyenne de leur ville (ou arrondissement pour Paris et Lyon). Dans tous les cas étudiés dans cette présente analyse (à l’exception d’Amiens) le bureau où se trouve la caserne est même le bureau de la ville qui accorde le plus fort vote à Marine Le  Pen. Ce constat assez impressionnant se vérifie (comme le montre le tableau suivant) dans tous les types d’environnement et quel que soit le contexte sociologique et politique.

Le score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle

[1] Il s’agit de la caserne Delfosse abritant la brigade territoriale autonome de gendarmerie de Lyon et non pas d’un escadron de gendarmerie mobile.

C’est vrai dans une ville déjà structurellement très frontiste, comme Hyères, comme dans une commune beaucoup plus réfractaire à ce vote comme Orléans ou Rennes. De la même façon, ce sur-vote FN et cette pole position se vérifie dans des grandes villes comme Toulouse ou Lyon aussi bien qu’à Aubervilliers en banlieue parisienne ou dans la petite commune de Bouliac.

Cette très forte prime accordée à  Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle est d’autant plus spectaculaire qu’elle ne s’accompagne pas d’une minoration du vote en faveur de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a, en effet, obtenu des scores très proches de sa moyenne municipale dans ces bureaux de vote comme le montrent les quelques exemples suivants :

Le score de Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle

Le sur-vote au profit du FN ne se fait donc pas au dépend de la droite qui est à son niveau mais c’est la gauche qui est très faible dans ce type de bureaux de vote. Par rapport à la moyenne communale, le total Mélenchon+Hollande affiche ainsi un retard de 12,5 points dans le bureau dijonnais, de 14 points à Lyon et de 24 points à Toulouse.

Si ce penchant droitier n’est pas totalement une surprise, son ampleur est en revanche assez spectaculaire. Différents facteurs contribuent à cette orientation politique particulière. En premier lieu, on n’entre pas dans la gendarmerie, et dans la gendarmerie mobile en particulier, totalement par hasard. On peut penser que les membres de ce corps adhèrent plus que d’autres aux valeurs d’ordre, de patriotisme, d’autorité et de discipline traditionnellement portées par la droite. En second lieu, le fait d’appartenir à un escadron plonge le militaire dans une ambiance très particulière. Il vit avec sa famille au contact de ses collègues au sein de la caserne, ceci renforçant la cohésion de groupe. L’esprit de corps, le poids du groupe et de ses valeurs sont donc omniprésents durant le travail comme au repos ce qui a sans doute des effets sur la façon dont les gendarmes mobiles et leurs proches se forgent leurs opinions. Leur vision du monde et leurs conceptions de la société sont enfin sans aucun doute influencées par la nature et la réalité quotidienne de leurs missions. Assurer le maintien de l’ordre lors des manifestations de rues, patrouiller dans des cités sensibles, intervenir en cas de coups durs ou d’émeutes et participer à la répression de la délinquance constituent un quotidien très éloigné de celui d’un électeur "moyen". Ce vécu particulier n’est sans doute pas étranger à ce vote lui aussi particulier.

La spécificité du vote des gendarmes mobiles ne ressort pas uniquement lorsque l’on compare les résultats électoraux de leur bureau de vote avec la moyenne de la ville, les écarts apparaissent également avec les bureaux de vote limitrophes de la caserne [2]. Ceci démontre bien la singularité d’un vote gendarme que l’on peut distinguer très nettement par rapport aux votes émis dans le même quartier. Le "marqueur" de cette spécificité est une fois encore le vote en faveur de Marine Le Pen.


[2] Pour effectuer cette comparaison, la moyenne des bureaux de vote limitrophes a été calculée en excluant les bureaux présentant une rupture territoriale (voie ferrée, cours d’eau) ou un bâti totalement différent (zone pavillonnaire contre grands ensembles), ce qui a permis de prendre en compte des bureaux aux caractéristiques électorales proches et cohérentes vis-à-vis du bureau de vote abritant la caserne.

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Le score de Marine Le Pen dans les bureaux où est située la caserne et dans les bureaux limitrophes

Si les écarts avec les bureaux limitrophes se retrouvent dans toutes les villes étudiées, leur ampleur est néanmoins variable. Cela peut certes s’expliquer par des différences d’environnement urbain selon que la caserne soit implantée dans un quartier pavillonnaire, bourgeois ou de grands ensembles. Mais un second paramètre est également ressorti lors de l’analyse. Toutes les casernes n’abritent pas les mêmes effectifs.

Beaucoup ne comptent qu’un escadron (soit 110 hommes plus les familles), d’autres regroupent deux escadrons ou plus, des fonctions supports et même un Etat-Major de Région. En fonction du nombre de gendarmes affectés dans la caserne, le poids de la communauté gendarmique dans le corps électoral du bureau de vote variera assez sensiblement et mathématiquement, plus les gendarmes mobiles et leurs familles seront nombreux et plus la spécificité électorale de leur bureau de vote sera marquée.

Dans les bureaux de Toulouse, Hyères et Dijon, les effectifs dépassent les 400 électeurs domiciliés à la caserne de gendarmerie mobile sur les listes électorales. Dans ces bureaux, l’écart de vote pour Marine Le Pen avec les bureaux limitrophes est supérieur à 12 points, tandis qu’à Bouliac, un effectif légèrement inférieur à 300 électeurs entraîne un écart de seulement 6 points avec les bureaux limitrophes.

Dans le même ordre d’idée, les effectifs de la caserne de Bron sont répartis dans deux bureaux (5 et 6), ce qui limite d’autant l’impact du vote des gendarmes et de leurs proches dans ces bureaux où l’écart n’atteint que 8,7%. Enfin, à Maisons-Alfort, où les bureaux 4, 6 et 7 accueillent respectivement environ 530, 280 et 410 électeurs domiciliés dans les locaux de la gendarmerie du quartier Mohier, les écarts sont de 12,8 points, 6,1 points et 7,3 points par rapport à la moyenne des bureaux limitrophes.

2) Une estimation empirique du vote des gendarmes mobiles au 1er tour de l’élection présidentielle

On l’a vu, la proportion de gendarmes mobiles (et de leurs familles) dans les effectifs d’inscrits d’un bureau de vote peut varier assez fortement. Et plus cette proportion est importante et plus on peut approcher la réalité de ce vote en observant les résultats du bureau de vote en question. Le bureau de vote n°10 de Versailles constitue, de ce point de vue, un cas exceptionnel et très précieux de bureau "chimiquement pur". En effet, ce bureau de vote situé à proximité immédiate du camp de Versailles-Satory présente la particularité de ne compter que des gendarmes et des membres de familles de gendarmes sur ses listes électorales. Les résultats enregistrés dans ce bureau au premier tour de la présidentielle sont sans appel et confirment les tendances repérées plus haut.

Résultats électoraux dans le 10ème bureau de Versailles au premier tour de la présidentielle.

Pour utile que soit l’existence de ce bureau de vote, nous pensons que l’estimation du vote de ce groupe social (comptant 14000 personnes sans compter les familles) ne peut se baser sur un seul cas, fut-il "chimiquement pur". Une estimation solide et sérieuse nécessite de travailler sur plusieurs autres bureaux de vote à forte proportion de gendarmes de façon à limiter les biais et disposer de données statistiquement plus robustes. On peut, en effet, penser que les gendarmes mobiles affectées à Versailles-Satory ont un vécu qui diffère quelque peu de celui de leurs collègues, les unités de Versailles-Satory correspondant notamment à un groupement blindé, situé à dessein à proximité de Paris pour servir de troupes d’intervention au cas où les centres de pouvoir et la capitale subiraient une attaque ou des actions de déstabilisation. De part ces fonctions spécifiques, une partie de ces unités n’est pas confrontée aussi fréquemment aux opérations de maintien de l’ordre ou de sécurisation des banlieues que les escadrons classiques par exemple.

Pour disposer d’une estimation du vote des gendarmes mobiles et de leurs proches, nous avons donc travaillé en profondeur sur cinq autres bureaux de vote [4]. Dans un premier temps, nous avons identifié à partir des adresses figurant sur les listes électorales, le nombre de personnes résidant à la caserne ou dans le quartier (au sens militaire du terme) ou dans les résidences/immeubles de la caserne. Sur la base de ce dénombrement, nous avons pu calculer la part des inscrits gendarmes ou apparentés à un gendarme et la part des inscrits "civils" dans chaque bureau. Dans un second temps, nous avons calculé le score moyen obtenu par les différents candidats à la présidentielle dans les bureaux limitrophes de celui abritant la caserne. Après quoi, en postulant sur le fait que les électeurs "non gendarmes" du bureau de vote devaient avoir un comportement électoral assez similaire à celui de leurs voisins et riverains, nous avons appliqué à la partie "civile" du corps électoral de nos bureaux tests les pourcentages de vote moyen observés dans les bureaux avoisinants. Enfin, dans un troisième temps, nous avons retranché aux nombres de voix totales obtenues par chaque candidat dans nos bureaux, les chiffres auxquels nous étions arrivés pour la partie "civile" du corps électoral de ces bureaux. La différence ainsi obtenue par l’opération (nombre de voix de chaque candidat sur le bureau "moins" estimation du nombre de voix de chaque candidat pour la partie "civile" des inscrits) nous a alors fourni une estimation du nombre de voix pour chaque candidat pour la partie gendarmique du corps électoral de nos bureaux étudiés.


[4] A Hyères, Toulouse, Dijon, Maisons-Alfort et Bouliac.

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Estimation du vote des gendarmes mobiles et de leurs familles au premier tour de la présidentielle.

 

Comme les premières constatations au niveau des bureaux de vote le laissaient entrevoir, le sur-vote en faveur de Marine Le Pen a été très massif puisqu’en moyenne, la candidate frontiste atteint 46% dans cette catégorie de la population, soit 28 points de plus que la moyenne. Cette orientation très droitière n’a pas affaibli outre-mesure Nicolas Sarkozy qui se situe près de 4 points au-dessus de son score national. La gauche est en revanche vraiment très faible avec un total à 13,5% contre près de 44% dans l’ensemble de la population.

Le vécu professionnel, l’esprit de corps et les valeurs qui y sont rattachées aboutissent donc à une expression électorale vraiment très spécifique et très différente de celle du reste des Français. Pour autant, il ne s’agit ici que d’une estimation moyenne et ce comportement électoral n’est pas totalement homogène. On peut ainsi penser que le vote des épouses ou compagnes diffère quelque peu de celui de leur conjoint notamment pour ce qui est du vote FN qui est toujours plus fort chez les hommes que chez les femmes. De la même façon, et pour nuancer une vision un peu trop monolithique, l’analyse par bureau de vote a montré que si le sur-vote pour le FN était systématique, son ampleur varie selon les mêmes "règles" que dans l’ensemble de la population. Il atteint ainsi des niveaux vraiment très élevés parmi les gendarmes mobiles et leurs familles dans le Sud-Est (Hyères) mais est moins haut en région parisienne (Maisons-Alfort) ou le Sud-Ouest (Bouliac).

3) Une tendance similaire quoique moins prononcée dans la Garde Républicaine

Comme leurs collègues de "la mobile", les gardes républicains résident en caserne avec leurs familles. Les adresses des cantonnements étant connues, il a été possible d’identifier les bureaux de vote correspondant. Et ici encore, les résultats électoraux détonent très nettement par rapport à leur environnement.

Ainsi, le bureau n°46, situé boulevard Kellermann dans le 13ème  arrondissement, et où votent les gardes républicains (et leurs familles) du régiment cantonné caserne Kellermann, est celui où à la présidentielle, Marine Le Pen a obtenu son score le plus élevé de toute la capitale (18,3%). On peut certes penser que la localisation de ce bureau (à proximité du périphérique) a contribué à ce fort vote FN, qui à Paris obtient précisément ses meilleurs résultats dans les bureaux situés aux portes de la capitale. Mais l’effet "garde républicaine" joue néanmoins significativement par-delà cette implantation. Pour s’en convaincre, on peut analyser les résultats des autres bureaux où la garde républicaine est représentée. Le bureau n°13 situé dans le 5ème arrondissement de Paris et où votent les locataires de la Caserne de la Place Monge, affiche un score de 10,3% pour Marine Le Pen, soit le niveau le plus élevé de tous les bureaux du centre de Paris (du 1er au 11ème arrondissement). Toujours dans l’hypercentre de la capitale, les deux bureaux de vote situés à proximité des casernes des Célestins et Schomberg dans le 4ème arrondissement présentent les deux plus forts taux pour Marine Le Pen de l’arrondissement et il en va de même dans le 7ème arrondissement (9,3% dans le bureau n°10 de la caserne Babylone).

Si les bureaux de vote abritant des contingents de gardes républicains se distinguent donc des autres bureaux de vote parisiens par un sur-vote pour Marine Le Pen, ce tropisme apparaît néanmoins moins marqué que pour les gendarmes mobiles. L’estimation du vote des gardes républicains et de leurs proches (effectuée avec la même méthode que présentée précédemment pour les gendarmes mobiles) menée après dépouillement et traitement des listes électorales des cinq bureaux de vote accueillant les casernes de ce corps confirme cette impression.

Estimations comparées du vote des gendarmes mobiles et des gardes républicains.

Marine Le Pen arrive certes largement en tête avec 34,5% des voix soit près du double de son score national mais ce niveau est moins élevé que parmi les effectifs de la gendarmerie mobile (11,5 points de moins). De la même façon, Nicolas Sarkozy ne se situe qu’à 23% (contre 31%). Le total des candidats de gauche est en revanche plus haut (24,5% contre 13,5%) tout comme François Bayrou (16% contre 8%). On peut alors se demander si cela tient à l’environnement de proximité (être caserné à Paris où le vote FN est structurellement faible conduisant à limiter cette attraction pour ce parti) ou si c’est le vécu professionnel de ces militaires (6), différant de celui de leurs collègues de "la mobile", qui incite moins à émettre un tel vote.

On peut penser que l’écart du comportement électoral renvoie principalement à un effet "garde républicaine" plus qu’au fait de se situer dans Paris. Il existe, en effet, un autre casernement pour cette unité situé cette fois en banlieue, à Nanterre plus précisément. Outre son implantation à l’extérieur du périphérique, dans une commune très populaire, ce casernement présente un autre avantage pour l’analyse. Ce bureau est en effet également "chimiquement pur" puisque l’ensemble des inscrits sont gardes républicains ou membres de familles de gardes républicains, toutes ces personnes étant logées au 80 rue Rouget-de-l’Isle, ce qui correspond au bureau 14 de la ville. Comme le montre le tableau suivant, les résultats sur ce bureau de vote détonent très fortement avec la moyenne communale mais sont très proches de notre estimation du vote des gardes républicains intra-muros. Avec 37,5% des voix, Marine Le Pen est ainsi 26,8 points au-dessus de son score nanterrois mais seulement  3 points au-dessus de son score dans la garde républicaine basée à Paris. Comme dans le cas des gendarmes mobiles, ce sur-vote frontiste ne se fait pas au détriment de Nicolas Sarkozy (4,6 points de plus que la moyenne communale), ni de François Bayrou (+ 5,8 points) mais une nouvelle fois de la gauche. Jean-Luc Mélenchon obtient ainsi seulement 4,6% sur ce bureau (contre 18,6% sur l’ensemble de la ville) et François Hollande 17,4% contre près de 40,2%. Ces écarts sont d’autant plus marqués concernant la gauche que la ville de Nanterre, dirigée par le Parti Communiste et comptant de nombreux grands ensembles, est elle-même très orientée à gauche.


(6) Les régiments de la garde républicaine qui assurent la protection des principaux lieux de pouvoirs nationaux ainsi que des missions de représentations prestigieuses sont très rarement concernés par le maintien de l’ordre public ou engagés lors d’émeutes ou d’incidents dans les quartiers sensibles.

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Un très fort sur-vote FN dans le 14ème bureau de Nanterre.

Si les gendarmes mobiles et les gardes républicains (et leurs proches) se distinguent donc très nettement du reste de la population en termes de comportements électoraux, et ce, quel que soit le lieu de résidence, il semble que le personnel de l’administration pénitentiaire présente aussi ce type de tropisme frontiste. Les gardiens de prison bénéficient parfois de logements dans le parc locatif privé ou public qui sont mis à leur disposition par l’administration. Il ne s’agit pas d’une configuration similaire à un casernement de gendarmes mobiles ou de gardes républicains bien entendu mais dans certains cas, le nombre de personnels pénitentiaires dans un immeuble ou un groupe d’immeubles peut être très important [7]. Ces logements réservés, situés à proximité immédiate des centres de détention peuvent représenter une part significative de la population de ces quartiers et les gardiens de prison et leurs proches peuvent y constituer une proportion non négligeable des inscrits sur les listes électorales. Et dans les trois cas que nous avons pu identifier, les bureaux de vote se distinguaient aussi par rapport au reste de la ville en ce qui concerne le vote pour Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Ainsi, à Fleury-Mérogis, le bureau de vote numéro 3 (englobant l’ensemble "les Résidences" comprenant de nombreux logements occupés par des personnels pénitentiaires) a voté à 25,9% pour la candidate frontiste contre 20,5% sur l’ensemble de la commune. Ce phénomène est encore plus marqué à Fresnes : 21% dans le bureau de vote numéro 6 contre 11,5% en moyenne sur la ville ou dans le 9ème arrondissement de Marseille où le bureau numéro 979 (intégrant la résidence "des Baumes" où sont logés une partie des agents travaillant aux Baumettes toutes proches) affichait un taux de 32,4% pour le FN contre 21,1% en moyenne sur l’arrondissement. Pour cette catégorie de la population, on peut aussi penser que le vécu professionnel très particulier n’est pas sans effet sur le comportement électoral.



[7] Cette forte présence de personnels de l’administration pénitentiaires et de leur famille est bien connue localement ce qui a valu par exemple à l’un de ces ensembles de logements situés à Fleury-Mérogis, de se faire communément appeler "matonville".

 

 

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bd
- 02/11/2016 - 14:08
Plus de narcissique manipulateur à la présidence!
Ce message est plutôt destiné aux Sarkozystes & LePenistes. 
Sarkozy n'est pas Donald Trump mais on en est pas loin. 
Il a bon nombre de caractéristiques d'un narcissique... et en neuropsychiatrie, les narcissiques sont classés dans la même catégorie que les sociopathes et les psychopathes. 
Pourquoi lui donner une seconde chance alors qu'il a échoué lors de son précédent mandat et que l'offre politique est pléthorique? L'empathie est un meilleur critère pour un politique et le charisme est malheureusement une qualité bien différente de l'empathie. 
Le charisme de Nicolas Sarkozy cache bien son déficit d'empathie. 
Ne vous fiez donc pas au charisme d'un politicien pour effectuer votre choix. 
Il serait salutaire de débusquer et de neutraliser les narcissiques en politique.
zouk
- 20/10/2016 - 11:37
Police et FN
Pourquoi 7 pages de charabia pour une éventualité que seul voit Cambadélis? Encore un effort d'imagination et nous trouverons une majorité de type soviétique pour le FN, voilà qui devrait alors réellement dégouter le trotskiste qu'il fut avant de préférer les ors de la République, PS bien sûr.
Anouman
- 19/10/2016 - 15:27
Mobile
Je sais bien que les petits ruisseaux font les grandes rivière mais il y aurait apparemment 13000 gendarmes mobiles. Ce n'est pas avec ça qu'on gagne une élection.