En direct
Best of
Best of du 13 au 19 juillet
En direct
Politico Scanner

11 septembre, 15 ans après : les attentats de New York ont-ils été des "déclencheurs" ignorés du 21 avril 2002 ?

Publié le 07 septembre 2016
Il y a maintenant 15 ans, Oussama Ben Laden envoyait des avions s'écraser sur les Etats-Unis dans le premier attentat d'ampleur du 21ème siècle. Les conséquences politiques ont été ressenties jusqu'en France, où le séisme a été en partie responsable de la débâcle de la gauche à l'élection présidentielle, quelques mois plus tard.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Il y a maintenant 15 ans, Oussama Ben Laden envoyait des avions s'écraser sur les Etats-Unis dans le premier attentat d'ampleur du 21ème siècle. Les conséquences politiques ont été ressenties jusqu'en France, où le séisme a été en partie responsable de la débâcle de la gauche à l'élection présidentielle, quelques mois plus tard.

Atlantico : Dimanche 11 septembre 2016 constituera le 15ème anniversaire de l'attentat subi par les États-Unis. Quelques mois après les attaques des deux tours jumelles notamment, la gauche française connaissait une défaite historique en 2002. Si l'on mentionne souvent sa division comme première source de son échec, les attentats du 11 septembre et le contexte qu'ils ont instauré ont-ils jouer un rôle ?

Jérôme Fourquet : Cette division a effectivement beaucoup joué. Mais ce n'est pas la seule cause. Car cette division a pris racine sur les divergences à gauche sur le programme et sur le cap à tenir (aller plus ou moins à gauche ?) avec un gouvernement Jospin qui avait décidé de faire une pause dans les réformes sociales depuis 2000. L'essentiel des réformes estampillées de gauche (35 heures, emplois jeunes et CMU notamment) avait été passées avant. Le gros morceau sur les retraites était resté à quai. D'où une extrême-gauche qui a fait 10% et un parti écologiste à 5%. Le flou sur la ligne politique de Jospin a donc bel et bien favorisé la dispersion des voix à gauche.

Deuxième cause de cet échec retentissant : celle du contexte. Un élément de cette époque nous rapproche de ce que nous vivons actuellement : en 2002, la fin de campagne a été marquée non pas par les questions économiques et sociales mais par les questions sécuritaires. Et l'on retrouve cette situation à travers des enquêtes notamment pour Atlantico : la lutte contre le terrorisme est passée en tête des préoccupations des Français, devant le chômage. Incontestablement, ce changement de sujet pivot a pesé à l'époque, et c'est ainsi que nous avons pu voir un Jean-Marie Le Pen à 16,9% et un Bruno Megret à 2,5%. Une extrême-droite à pas loin de 20% en somme, avec une concurrence des Chasseurs qui font 4% et pléthore de candidats de droite. 

Un fait politique n'est jamais la résultante d'une cause unique. Si les raisons avancées habituellement ont pu jouer, il y a aussi eu ce climat que je viens de décrire. Ce contexte sécuritaire a été marqué par plusieurs manifestations des policiers et des gendarmes. Si les manifestations des premiers sont plus courantes, elles le sont beaucoup moins pour les gendrames, militaires et non-syndiqués. Toujours est-il que ces deux grands corps ont critiqué avec une certaine virulence le "laxisme" du gouvernement Jospin. Ce climat sécuritaire a incontestablement pesé sur le faible score de Lionel Jospin et sur la défaite de la gauche. 

Car ce climat sécuritaire a engendré d'autres divergences que celles sur la ligne socio-économique à tenir pour la gauche : elle a aussi été à l'origine d'une rupture entre la gauche de la fermeté républicaine et celle en faveur d'une excuse sociale de la délinquance. Souvenons-nous que Mme Taubira était candidate à l'époque, tout comme Jean-Pierre Chevènement, soit deux visions très différentes de la gauche face à l'insécurité. Le contexte sécuritaire a joué, et dans ce cadre-là, peut-être que l'ombre portée du 11 Septembre a joué en toile de fond. 

Quelles leçons est-il possible d'en tirer sur l'impressionnante progression de Marine Le Pen, compte tenu de la situation française actuelle ? Ce précédent laisse-t-il présager des scénarios pour l'élection présidentielle de 2017 ?

Entre 2002 et 2017, si tant est que les choses restent en l'état, tout dépendra de la place accordée à l'enjeu sécuritaire et identitaire pendant la campagne. A l'époque, on se souvient aussi que la Marseillaise avait été sifflée au cours d'un match France-Algérie. Face aux réactions, à une montée de la question de l'identité nationale et de l'intégration, la gauche de l'époque s'est aussi vue divisée. Et c'est peut-être un autre parallèle intéressant à effectuer : la gauche confrontée au réel est obligée de trancher et de procéder à des arbitrages. Ces derniers l'empêchent d'être uni autour d'un socle doctrinal, car elle est obligée de lever un certain nombre d’ambiguïtés. Ce processus aboutit à des déceptions chez les électeurs.

Le terrorisme avait spectaculairement frappé, mais de l'autre côté de l'Atlantique. L'économie ralentissait et les tensions identitaires commençaient à apparaître. Ces conditions ont certainement contribué à faire échouer la gauche en 2002 face au Front national. Si on applique ces conditions, on pourrait tout à fait voir un remake de 2002. C'est d'ailleurs ce qu'on entrevoit déjà dans les sondages. Si Jean-Marie Le Pen était déjà à 15% dans les sondages, Marine Le Pen est elle à 25%. Les différences que nous venons de pointer sur le climat se retrouvent dans les scores finaux.

Et si Lionel Jospin finit à 16%, il avait commencé la campagne avec 24%. Hollande, lui, commence à 15-16%... Pourquoi pas donc une réplique avec un barreau franchi sur l'échelle de Richter du séisme politique.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

02.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

03.

Fini les trésors à déterrer : comment les missions archéologiques françaises à l'étranger sont devenues plus anthropologiques

04.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

05.

Critiquée pour son poids, Miss France réplique : "Moi au moins, j’ai un cerveau"

06.

Nadine Morano raciste en raison de ses propos sur Sibeth NDiaye ? Et si on réfléchissait un peu

07.

Quand Benjamin Griveaux crie tout haut ce que Benjamin Griveaux pense tout bas : "fils de pute", "abrutis"

01.

Auriez vous le brevet des collèges ou... signé une pétition car les épreuves étaient trop difficiles ?

02.

Le Sénégal triompha de la Tunisie par 1-0 : les supporters sénégalais se livrèrent alors en France à une orgie de violences

03.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

04.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

05.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

06.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

01.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

02.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

03.

Face au "séparatisme islamiste" qui menace l’unité de la France, la tentation de "l’autonomie relative"...

04.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

05.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

06.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires