En direct
Best of
Best of du 8 au 14 juin
En direct
© Reuters
Politico scanner
Régionales : commune, département, région... A quelle collectivité les Français sont les plus attachés ?
Publié le 02 décembre 2015
Les élections régionales en France se tiendront les 6 et 13 décembre 2015. Il s'agit de la dernière échéance électorale avant 2017 et la présidentielle. Traditionnellement, ces élections rencontrent moins de succès que des élections plus locales, et pour cause : la région n'est pas vraiment la collectivité territoriale préférée des Français.
Jean-Daniel Lévy est directeur du département politique & opinion d'Harris Interactive.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Daniel Lévy
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Daniel Lévy est directeur du département politique & opinion d'Harris Interactive.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les élections régionales en France se tiendront les 6 et 13 décembre 2015. Il s'agit de la dernière échéance électorale avant 2017 et la présidentielle. Traditionnellement, ces élections rencontrent moins de succès que des élections plus locales, et pour cause : la région n'est pas vraiment la collectivité territoriale préférée des Français.

Atlantico : Les élections régionales approchent à grand pas : elles auront lieu les 6 et 13 décembre et ont d'ores et déjà fait couler beaucoup d'encre. A la veille de la réforme territoriale en 2014, d'après TNS Soffre (voir ici), 75 % des Français étaient attachés à leur ensemble communal ou leur région. Que peut-on dire de l'adhésion des Français à leur région ? Ces chiffres sont-ils toujours d'actualité ?

Jean-Daniel Lévy : Tout d'abord, il est important de préciser que cet attachement à une région renvoie à des aspects qui sont appropriables. Les communes, les départements, les régions, ce sont des points auxquels on peut être assez attaché. Néanmoins, le fait est qu'en dehors de certaines régions très spécifiques comme l'Alsace, la Corse ou la Bretagne, il s'agit de la structure administrative à laquelle les Français sont le moins attachés. Au vu et au su de cette donnée, et dans le contexte qu'on connait actuellement, le débat sur la grande-région est aujourd'hui assez faible. Attachement identitaire pour partie, certes, mais pas nécessairement une volonté de défendre cette identité mordicus. Preuve en est : les régions sortent désormais du débat politique. Il est primordial de comprendre que se dire "attaché" à sa région lors d'un sondage n'implique pas forcément la certitude d'une mobilisation dans les urnes. C'est loin de signifier qu'il y aura plus de votants.

En outre, aujourd'hui, il devient difficile de savoir ce qu'est une région en tant que telle. Quand on se trouve dans des régions comme l'Île-de-France, les Pays-de-la-Loire, qui sont restées sur des périmètres comparables, les choses n'ont pas tant changé. Est-ce que les Français se déclarent toujours aussi attachés à leur région en tant que telle ? Pas vraiment, comme on a pu le constater avec l'incapacité à porter une revendication identitaire régionale (mais pas départementale). Les plaques d'immatriculation en témoignent tout particulièrement. Il n'y a pas de "marque" de la région en tant que telle. C'était, l'an passé, une grosse actualité mais aujourd'hui la problématique semble être retombée.

S'ils sont 75% à se dire attachés à leur ensemble communal ou leur région en septembre 2014, d'après un sondage TNS Soffre (voir ici), les Français sont 70% à se dire attachés à leur département et 88% à la France. Quel niveau territorial fait-il le plus de sens pour eux ? Pourquoi ? 

Indéniablement, il s'agit de la commune. Concrètement, c'est parce que la commune permet bien plus facilement des approches plus collectives. Dans une commune, les habitants connaissent le maire, qui devient une espèce de Président dans une communauté plus restreinte que la communauté nationale. Dans ce contexte, il sera ammené à  chercher la valorisation de son territoire. Quand nous interrogeons les Français sur une potentielle fusion des communes, les réponses sont majoritairement les suivantes : oui, il faudrait fusionner certaines communes ; oui, il y a trop d'argent dépensé, de manière générale, dans les communes ; non, nous ne sommes pas favorables à la fusion de notre commune avec la commune voisine.

Et pour cause ! Outre l'aspect uniquement pratique, la commune agrège également un aspect très identitaire. Cela joue fortement dans la perception que les Français peuvent en avoir et dans leur volonté de la préserver. C'est pourquoi la commune est la collectivité territoriale préférée, souvent devant la région. La proximité au sein de la collectivité et l'aspect identitaire font beaucoup de l'attrait de la commune, qui est souvent perçue comme plus "humaine", en termes d'échelle.

De la même façon, d'après un sondage BVA (voir ici) mené entre février et mars 2014, 51% des Français n'étaient pas favorables à un agrandissement de leur région. Comment s'explique ce rapport que les Français entretiennent à leur territoire ?  S'inscrit-il dans la durée ?

Tout ce qui ressemble de près ou de loin à une modification technique, et non pas à une modification politique, reçoit rarement un soutien appuyé de la part de l'opinion, faute de savoir le créer. Souvent, nous sommes faces à des évolutions purement administratives, qui ne touchent ni à l'identité, ni a la définition d'une action à proprement parler. Or, la France ne se met généralement pas en mouvement si elle ne sait pas où elle va. Cette réforme territotriale voulue par François Hollande souffrait d'un déficit de lisibilité et ne parvenait pas à guider ou indiquer une direction. De facto, les Français se sont montrés peu enclins à la suivre, quand bien même ils sont un peu moins attachés à leur région qu'à leur commune. 

Quant à savoir si c'est quelque chose qui s'inscrit dans la durée... C'est effectivement quelque chose que l'on peut dire. Il est assez frappant de constater que l'adhésion au territoire se manifeste de plusieurs façons. Qu'il s'agisse du regard qui est porté sur la commune (on est défini comme un habitant de telle ou telle commune), ou de la non-volonté de se projeter ailleurs que l'endroit où l'on se trouve en cas de catastrophe (comme les attentats de Paris) ; les manifestations sont multiples. Un drame renforce régulièrement la volonté des gens à s'ancrer dans la commune, le département ou la région dont ils se sentent proches.

Concrètement, cela pourrait-il avoir un impact sur les élections ?

Il y a quelques années, cela aurait vraisemblablement pu avoir un impact. Aujourd'hui, c'est beaucoup moins vrai : les débats ont nettement moins pris que par le passé. Ni à gauche, ni à droite, personne ne s'empare du sujet. Dès lors, il apparaît peu probable que la thématique joue véritablement sur les urnes. L'actualité récente a naturellement eclipsé ce sujet, réduisant logiquement son impact électoral. Cela ne traduit pas nécessairement un désintérêt de nos concitoyens pour la problématique, néanmoins. Un débat à caractère politique, donc traitant d'identité par exemple, intéresserait probablement beaucoup les Français. Comme la question des moyens et de l'utilité des régions à proprement parler, ce sont des sujets qui ont un certain écho auprès des Français. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Auchan, Carrefour, Casino : mais que vont devenir toutes ces galeries marchandes et hypermarchés qui se vident ?
02.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
03.
Laura Smet a épousé Raphaël Lancrey-Javal au Cap Ferret
04.
Les nouvelles figures « modérées » de l’islam de France et l’ombre des Frères-musulmans
05.
Crise au sein de LREM dans le Nord : six députés claquent la porte
06.
Merci Trump ! Pourquoi Trump est utile en nous forçant à changer nos habitudes économiques
07.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
01.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
02.
Auchan, Carrefour, Casino : mais que vont devenir toutes ces galeries marchandes et hypermarchés qui se vident ?
03.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
04.
Cette nouvelle technique du dépistage du cancer de la prostate qui pourrait sauver de nombreuses vies
05.
Crise au sein de LREM dans le Nord : six députés claquent la porte
06.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
01.
PMA : la droite est-elle menacée de commettre la même erreur qu’avec le progressisme des années 60 qu’elle a accepté en bloc au nom de l’évolution de la société ?
02.
Voulez-vous savoir dans quelle France on entend vous faire vivre ? Regardez bien l'affiche de l'UNICEF !
03.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
04.
Mais pourquoi s’abstenir de faire des enfants pour sauver la planète alors que le pic démographique est passé ? Petits arguments chiffrés
05.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
06.
Les nouvelles figures « modérées » de l’islam de France et l’ombre des Frères-musulmans
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
RBD
- 02/12/2015 - 20:50
normal
Ces résultats ne sont pas étonnants, la France a fonctionné uniquement avec les communes et les départements depuis la Révolution, si efficacement qu’aucuns des régimes successifs du XIXe siècle n’y avait touchés. Les régions correspondaient à un projet d’aménagement du territoire conçu à peu près in abstracto autour de métropoles sensées équilibrer à terme le poids de Paris. La fusion opérée par Valls était évoquée depuis au moins Raffarin et rend ce cadre encore moins lisible.

La France est, à ma connaissance, le seul pays en Europe où l’échelon supérieur des collectivités locales est autant coupé des réalités historiques, c’est aberrant.
zouk
- 02/12/2015 - 15:09
Surprenant
La région n'est que la création d'une ambition, ratée de décentralisation, alors que communes et département existent depuis plus de 200 ans. Nous croirons à la région lorsqu'elle correspondra à un territoire ayant une véritable cohérence économique, elle lui conférera alors un poids certain dans le débat national.
lasenorita
- 02/12/2015 - 13:14
La région Languedoc-Roussillon.
En 15 ans le nombre de fonctionnaires territoriaux a augmenté de 800.000...parce que ces ''collectivités locales'' embauchent des ''copains'' qui votent ''à gauche'' et qui sont payés à ne rien faire...40% des habitants de la région Languedoc-Roussillon sont imposables et ceux-ci paient des impôts exorbitants parce que les gauchistes dépensent sans compter les sous des contribuables: un magnifique hôtel de région qui ne sert à rien,...des ordis aux élèves de seconde (achetés chez le cousin de l'ancien président de région) que les élèves revendent aussitôt....des trains à 1 euro pour les islamos-racailles (payés aussi avec les sous des contribuables) pour se rendre dans la station balnéaire du Grau-du-Roi où ils ''cassent tout'' dès qu'ils y arrivent, volent, etc...etc... la dette des collectivités territoriales est de 173 milliards, soit 10% de la dette nationale!...