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Rentrée scolaire : Najat Vallaud-Belkacem frappée par la malédiction des ministres de l’Education nationale dans les sondages

Publié le 02 septembre 2015
Les postes à l'Education nationale ont rarement profité à ceux qui en ont pris la charge... C'est en tout cas ce que révèle l'analyse des cotes d'avenir depuis Lionel Jospin dans les années 80, alors que Najat Vallaud-Belkacem doit gérer la mise en place de la réforme du collège pour cette rentrée 2015.
Yves-Marie Cann est politologue, spécialiste de l’Opinion publique. Il a dirigé les études d'opinion (Politique, société et affaires publiques) au sein de l'Institut CSA. Il est désormais Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'...
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Yves-Marie Cann est politologue, spécialiste de l’Opinion publique. Il a dirigé les études d'opinion (Politique, société et affaires publiques) au sein de l'Institut CSA. Il est désormais Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'...
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Les postes à l'Education nationale ont rarement profité à ceux qui en ont pris la charge... C'est en tout cas ce que révèle l'analyse des cotes d'avenir depuis Lionel Jospin dans les années 80, alors que Najat Vallaud-Belkacem doit gérer la mise en place de la réforme du collège pour cette rentrée 2015.

Atlantico : Quels enseignements peut-on tirer de l'évaluation de l'action du ministre de l'Education nationale ? Et en quoi la perception de cette fonction a pu évoluer depuis les années 1980 ?

Yves-Marie Cann : A bien des égards, le passage au Ministère de l’Education nationale ne bénéficie que rarement à ceux qui en prennent les commandes. Ministère très exposé politiquement, il se retrouve au point de rencontre de nombreux enjeux sociétaux, souvent inflammables. Plus qu’un tremplin, l’expérience ministérielle Rue de Grenelle s’apparente davantage au passage dans une essoreuse. Alors que personne ne conteste la nécessité de revoir le système éducatif français, force est de constater que les ministres de l’Education nationale sont régulièrement placés en situation d’échec. A vouloir aller trop vite, certains ont rapidement perdu toute capacité d’action en s’attirant les foudres de la communauté éducative, notamment des syndicats enseignants. A trop vouloir jouer la concertation et ménager l’avenir, d’autres se sont à l’inverse trouvés englués, dépourvus de réelles marges de manœuvre, faute du temps nécessaire pour mener à bien les processus engagés. En résulte une perte de qualité et d’efficacité dont témoigne les enquêtes internationales, au premier rang desquelles l’étude PISA.

Lionel Jospin (mai 1988 - avril 1992)

Sources : TNS-Sofres "cote d'avenir"

Nommé après la réélection de François Mitterrand en mai 1988 et l’évolution de la cote d’avenir de Lionel Jospin témoigne avant tout du rejet grandissant que suscita le Parti socialiste sous l’effet des affaires politico-financières. En tant que Ministre de l’Education nationale, Lionel Jospin fut à l’origine de la loi d’orientation éponyme du 10 juillet 1989 modifiant largement le fonctionnement du système éducatif français : l’éducation devient à cette occasion « la première priorité nationale », étudiants et élèves étant placés au centre du système éducatif. C’est notamment dans cette loi que fut fixé pour la première fois l’objectif de 80% d’une classe d’âge ayant au minimum le baccalauréat.

François Bayrou (mars 1993 - juin 1997)

La lourde défaite de la gauche aux législatives du printemps 1993 provoque une seconde période de cohabitation sous la Cinquième République, Edouard Balladur accédant au poste de Premier ministre. C'est à cette occasion que François Bayrou devient Ministre de l’Education nationale. Il a notamment à son actif la réforme du baccalauréat et la création des filières L, S et ES au lycée. Alors qu’il soutient Edouard Balladur au premier tour de l’élection présidentielle en 1995, François Bayrou est confirmé à son poste après l’élection de Jacques Chirac. Echaudé par les conflits de la période 1993-1995, François Bayrou se fait l’adepte d’une méthode de réforme prudente et concertée avec les syndicats enseignants. C’est d’ailleurs entre 1995 et 1997 qu’il obtient ses plus hauts niveaux de popularité.

Claude Allègre (juin 1997 - mars 2000)

Ambitionnant de « dégraisser le mammouth », Claude Allègre se met rapidement à dos le corps enseignant tout en bénéficiant d’une relative bienveillance de l’opinion publique, comme en témoigne une cote d’avenir souvent comprise entre 30% et 35%. Toutefois, en raison de la fronde suscitée par ses projets chez les enseignants, il perd son portefeuille lors du remaniement gouvernemental de mars 2000. Son passage au Ministère de l’Education nationale coûtera cher à Lionel Jospin : le candidat socialiste recueillera le 21 avril 2002 auprès des enseignants le plus mauvais résultat jamais obtenu par un candidat socialiste à la présidentielle.

Luc Ferry (mai 2002 - mars 2007)

Ministre de l’Education nationale de mai 2002 à fin mars 2004, Luc Ferry bénéficie jusqu’au second semestre 2003 d’une relative bienveillance des Français, sa cote d’avenir approchant voire dépassant les 30% au cours de cette période. La fin de son passage Rue de Grenelle est marquée par l’adoption de la loi du 15 mars 2004 encadrant le port de signes religieux dans les écoles, collèges et lycées publics, en application du principe de laïcité.

François Fillon (mars 2004 - mai 2005)

Ministre de l’Education nationale de mars 2004 à mai 2005, François Fillon suscite des opinions sensiblement plus contrastées que celles dont bénéficiait son prédécesseur. Il faut dire que François Fillon, précédemment Ministre des affaires sociales, a porté en 2003 la réforme des retraites augmentant notamment le nombre d’annuités requises pour bénéficier d’une retraite à taux plein. En tant que Ministre de l’Education nationale, il portera la loi d’orientation pour l’école du 23 avril 2005 fixant pour objectif que 100% des élèves sortant du système scolaire aient un diplôme et une qualification reconnue. Cette loi réaffirme (après la loi Jospin de 1989) l’objectif de 80% d’une classe d’âge accédant au baccalauréat.

Luc Châtel (juin 2009 - mai 2012)

Ministre de l’Education nationale du 23 juin 2009 au 10 mai 2012, Luc Châtel est le seul ministre de notre sélection pouvant se prévaloir d’une cote d’avenir sensiblement supérieure en fin de mandat à celle enregistrée lors de sa nomination. Inconnu du grand public à son arrivée Rue de Grenelle, Luc Châtel bénéficie à la fois d’un gain de notoriété et d’une gestion plus apaisée du Ministère de l’Education nationale au cours de la seconde partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy. A l’écoute des syndicats enseignants, son mode de gestion plaît aux Français. En tant que ministre, il met en place les internats d’excellence et instaure, par exemple, les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires. Autant de mesures appréciées du grand public dans un contexte toutefois marqué par une baisse des effectifs en raison du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Najat Vallaud-Belkacem (août 2014 - )

La nomination de Najat Vallaud-Belkacem comme Ministre de l’Education nationale fin août 2014 en remplacement de Benoît Hamon suscite un accueil plutôt positif au sein de l’opinion publique. Toutefois, sous l’effet de la généralisation de la réforme des rythmes scolaires à l’automne et des critiques qu’elle suscite, et plus récemment de l’adoption de la réforme du collège, Najat Vallaud-Belkacem enregistre une cote d’avenir plutôt erratique, très influée par l’actualité autour de l’éducation. Ayant placé la rentrée 2015 sous le signe la laïcité et de la morale, la ministre de l’Education nationale doit encore, de toute évidence, faire ses preuves aux yeux des Français.

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Commentaires (3)
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Anouman
- 04/09/2015 - 23:29
Grandeur et décadence des ministres de l'EN
Si leur aura décroit au fur et à mesure de leur mandat ce n'est pas à cause d'une malédiction (rien à voir avec les sept boules de cristal).
C'est simplement que leurs décisions ne sont pas pertinentes aux yeux de l'opinion. Et c'est aussi que suite à leur passage, l'éducation nationale plonge un peu plus dans la médiocrité.
Souvent on ne prend pas non plus des lumières, il faut le dire: Fillon, Belkacem, Bayrou, Jospin, Ferry (là on touche le fond, un pseudo-philosophe).
C'est un peu, droite-gauche confondues, une sorte de conjuration des imbéciles pour que surtout, l'école fasse en sorte que la plus grande partie de la population reste manipulable à merci par les médias afin de leur imposer une politique qui les spolient, mais qu'ils croient choisir, le miracle de la démocratie à la française.
vangog
- 02/09/2015 - 15:14
"Objectif de 80% d'une classe d'âge au BAC"
Je l'avais oublié, ce dogme socialiste "porté" ( comme disent les terranovistes) par Jospin, le plus trotskyste de tous...pour satisfaire cet objectif Stakhanoviste absurde, les socialistes ont fait toutes les conneries qu'il ne fallait pas faire...interdire les redoublements, ajouter des matières optionnelles qui permettent d'obtenir plus de 20/20, dévaloriser les épreuves du BAC et, en dernier recours, parceque le Gosplan n'est toujours pas atteint, rajouter un ou deux points aux notes déjà surévaluées... L'objectif du grand-timonier sera atteint, coûte que coûte au peuple! Le résultat? Des BACS sans valeur qui encombrent des facs de droit, de sociologie, de psychologie, de politologie...antichambres directs de pole-emploi...on dit "merci Jospin, pour ce beau diplôme qui ne sert à rien!"...
Psichari
- 02/09/2015 - 12:41
La rentrée déclasse
L'avenir des ministres est moins inquiétant que celui de nos enfants. Cette rentrée serait placée sous le signe de la morale? Heureusement de nombreux membres du gouvernement pourront être cités en (contre)exemple...