En direct
Best of
Best of du 13 au 19 juillet
En direct
© Reuters
Chronique du pot aux roses

Faux-semblants, chiffres truqués, mensonges et impostures : la méthode Hollande se répand en Europe

Publié le 15 juillet 2015
Après d'âpres négociations, un accord a a finalement été trouvé entre la Grèce et l'EuroGroupe. Un bal de faux-semblants : les Grecs font semblant d'engager des réformes, l'Europe fait semblant d'y croire et l'Allemagne fait semblant de payer...
Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Serge Federbusch
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Après d'âpres négociations, un accord a a finalement été trouvé entre la Grèce et l'EuroGroupe. Un bal de faux-semblants : les Grecs font semblant d'engager des réformes, l'Europe fait semblant d'y croire et l'Allemagne fait semblant de payer...

1 - De Charybde en Syriza

Quel magnifique accord que voilà ! En résumé, les Grecs font semblant d'engager des réformes, l'Europe fait semblant d'y croire et l'Allemagne fait semblant de payer. L'usage de termes contradictoires et d'adjectifs aussi imprécis que grandiloquents rythme l'accord conclu au sein de l'Eurogroupe. Des "mesures directes pour améliorer la viabilité à long terme du système des retraites (seront prises) dans le cadre d'un programme global de réforme des retraites". On appréciera la conjonction du direct, du long terme et du global sans autre forme de précision. Une "rationalisation" du régime de TVA sera "engagée" pour "un élargissement de l'assiette fiscale afin d'accroître les recettes". Bienheureux celui qui traduira cet engagement en termes précis tout comme celui qui définira la savoureuse "pleine mise en oeuvre des dispositions pertinentes du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire, notamment en rendant opérationnel le conseil budgétaire avant la finalisation du protocole d'accord et en introduisant des réductions quasi automatiques des dépenses en cas de dérapages par rapport à des objectifs ambitieux d'excédents primaires". Ouf ! L'important étant bien sûr le mot "quasi". S'agissant des retraites, les Grecs avancent du bout des lèvres que l'âge de départ sera repoussé à 67 ans... ou à 40 ans de cotisations, ce qui est loin du compte pour la deuxième branche de l'alternative et très éloigné de ce qui se fait ailleurs en Europe et même en France.

Partout dans l'accord, la Grèce est censée "mettre en oeuvre", "engager", des termes qui en réalité peuvent aboutir à une inaction totale dès lors qu'ils seront interprétés par Tsipras, maître ès manoeuvres retorses. Ainsi, sur le verrouillage syndical de l'économie, la Grèce devra : "en ce qui concerne le marché du travail, entreprendre un réexamen rigoureux et une modernisation des négociations collectives et de l'action syndicale ...". Le fameux fonds de privatisation lui-même ne fait que reprendre un objectif de 50 milliards de recettes défini dès février 2011 et dont moins du dixième a été effectivement encaissé à ce jour. Bref, l'accord européen fait penser à une vulgaire loi Macron : des grandes tirades qui se traduisent surtout par l'ouverture de quelques magasins le dimanche.

Ce que voulait le Premier ministre grec, c'était avant tout la quinzaine de milliards d'euros qui lui permettront de tenir quelques semaines et faire face aux échéances de remboursement qui l'attendent jusqu'à l'automne. Par un tour de passe-passe et le truchement du Mécanisme européen de solidarité, la BCE se remboursera elle-même en rachetant des obligations émises par les créanciers de la Grèce. Pour prix de tous ses bras de fer et de son referendum, Tsipras obtiendra peut être dix milliards supplémentaires "ségrégués" (sic) au MSE pour recapitaliser des banques exsangues. Mais la seule fuite des capitaux observée ces dix derniers jours est largement supérieure à ce montant. Le problème grec s'est singulièrement aggravé durant les dernières négociations.

Au-delà de cette brève échéance, quid ? Rien si ce n'est des formules creuses. "L'Eurogroupe est prêt à envisager, si nécessaire, d'éventuelles mesures supplémentaires (un allongement éventuel des périodes de grâce et des délais de remboursement) afin de faire en sorte que les besoins bruts de financement demeurent à un niveau soutenable. Ces mesures seront subordonnées à la mise en oeuvre intégrale des mesures à convenir dans le cadre d'un nouveau programme éventuel et seront envisagées après le premier réexamen qui aura abouti à un résultat concluant." Plus éventuel tu meurs ! A malin, malin et demi.

Ce qu'il faut malheureusement conclure de toutes ces palinodies est que la Grèce, plombée par un taux de change de l'euro qui ne correspond en rien à ses capacités économiques, ne fera que s'enfoncer dans la déshérence. Le seul homme qui a manifesté un tant soit peu de goût pour la cohérence et la vérité fut Varoufakis, ministre des Finances démissionnaire, qui a avoué quelle était son alternative : émettre des quasi-euros en reprenant le plein contrôle de la Banque de Grèce. Il est probable que cette solution jusqu'au-boutiste réapparaisse rapidement. Elle seule agit comme un épouvantail sur l'oligarchie financière européenne et l'a contrainte au compromis en trompe l'oeil de ces derniers jours.

L'enfumage, que François Hollande a élevé au rang de méthode de gouvernement, gagne l'Europe entière. Pas étonnant qu'il s'en gargarise dans son entretien du 14 juillet ! L'audace dont il se vante sans sourire consiste à répandre ce nuage jusqu'en Grèce.

2 - En attendant Godot

Le président audacieux attend que la reprise vienne de l'Europe et l'Europe attend désormais que la reprise vienne d'ailleurs. Ailleurs, on attend que l'Europe tire la reprise. Il est temps qu'en Avignon on réhabilite le théâtre de l'absurde et Samuel Beckett.

3 - Fous d'artifice

Pendant que le président audacieux protégeait la France et les Français du grand désordre européen et mondial, tous les records de voitures embrasées, commerces et équipements détruits et policiers caillassés ont été battus durant la nuit du 13 au 14 juillet. Toujours de l'audace ...

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Ces raisons pour lesquelles le marché de l’immobilier n’est pas vraiment favorable à ceux qui veulent se loger malgré des taux d’intérêt historiquement bas

02.

Critiquée pour son poids, Miss France réplique : "Moi au moins, j’ai un cerveau"

03.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

04.

Implants cérébraux : se dirige-t-on vers un accroissement des inégalités sans précédent dans l’histoire de l’humanité ?

05.

Vous croyez que l'Algérie a gagné par 1:0 ? Erreur : le score final est de 3:0 !

06.

Dépenses publiques : Emmanuel Macron s’est-il définitivement converti au chiraquo-hollandisme ?

07.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

01.

Ces raisons pour lesquelles le marché de l’immobilier n’est pas vraiment favorable à ceux qui veulent se loger malgré des taux d’intérêt historiquement bas

02.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

03.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

04.

Le Sénégal triompha de la Tunisie par 1-0 : les supporters sénégalais se livrèrent alors en France à une orgie de violences

05.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

06.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

01.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

02.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

03.

Face au "séparatisme islamiste" qui menace l’unité de la France, la tentation de "l’autonomie relative"...

04.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

05.

François de Rugy a démissionné

06.

Les trois (fausses) excuses de Macron pour ne pas mettre en œuvre son programme de réduction de dépenses publiques

Commentaires (32)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Nicolas V
- 17/07/2015 - 16:05
Je vous conseille cette lecture

http://reseauinternational.net/leurope-des-beaufs-cretins-lobotomises/

En aparté, notre dette est proche de 2100 milliards, si la Grèce, qui est un bon débiteur, ne ns avait pas remboursé 2 milliards 400 millions au 1er trimestre, ce serait en +. Mais tt ceci n'est que de l'argent virtuel. Il N'EXISTE PAS.
Nicolas V
- 17/07/2015 - 12:49
Les interets de la "dette"
Cf tableau du FMI, montant : 41 milliards encore dûs.
Mike Desmots
- 17/07/2015 - 06:17
Victoire historique de l'Allemagne de Mme Merkel...>
> qui rappelle à tous les pays européens ..que le mur de Berlin fut bien abattu par de vrais démocrates il a 26 ans ...! et que les nostalgiques et les résurgences du paradis marxo/socialiste... qui se cachait derrière ...ne sont plus reproductibles....