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De qui se moque-t-on ?
Des services publics aux… sévices publics !
Publié le 04 janvier 2015
La polémique stérile autour des "abus" des sociétés autoroutières a masqué les hausses de tarifs considérables qui sont effectuées en toute discrétion par des sociétés bien connues comme la SNCF, la RATP, La Poste ou EDF.
Christophe de Voogd est normalien et docteur en histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques qu’il enseigne à Sciences Po et à Bruxelles. Dernier ouvrage paru : « Réformer : quel discours pour convaincre ? » (Fondapol, 2017)...
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Christophe de Voogd
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Christophe de Voogd est normalien et docteur en histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques qu’il enseigne à Sciences Po et à Bruxelles. Dernier ouvrage paru : « Réformer : quel discours pour convaincre ? » (Fondapol, 2017)...
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La polémique stérile autour des "abus" des sociétés autoroutières a masqué les hausses de tarifs considérables qui sont effectuées en toute discrétion par des sociétés bien connues comme la SNCF, la RATP, La Poste ou EDF.

La semaine qui vient de s’écouler, avec son cortège de hausses vertigineuses des tarifs publics, aurait pu - et dû - être l’occasion d’un minimum de comparaison entre les prestations du privé et du public. Las ! A part quelques insolents, du genre Atlanticoles Echos, ou « C dans l’air », (qui décidément s’impose comme la grande émission citoyenne du PAF), l’occasion aura été manquée. Or la comparaison aurait été dévastatrice. Après des semaines entières passées à dénoncer les abus des (évidemment) prédatrices sociétés autoroutières, nos « grands médias » n’ont pas eu l’idée de leur comparer la hausse des tarifs de la SNCF : près de 5 fois supérieurs. Ni ceux de la RATP, ni de la Poste, ni d’EDF, ni ceux (réglementés) du gaz. Des hausses « comme chaque année », selon France info. Que l’on en juge : seulement entre 9 et…45 fois l’inflation constatée en 2014 ! Nul doute que la « bonne gestion » (publique évidemment) eût voulu que l’on confisque les profits des sociétés autoroutières, reprenne leur dette colossale et augmente (de 3 ou de 5% ?)  le tarif des péages…

Et l’on ne parlera pas des nouvelles taxes diverses, dans un pays où, c’est promis-juré, il n’y aura « pas de hausse d’impôts pour qui que ce soit » (F. Hollande) en 2015. Mais il est vrai qu’ « impôt n’est pas « taxe » et que « qui que ce soi » n’est pas « personne ». Comme il est vrai que les hausses des tarifs SNCF et de la RATP vont à l’évidence dans le sens de la « transition énergétique », dont on nous a tant rebattus les oreilles dans la même semaine, des voeux présidentiels à l’audience de Nicolas Hulot…

« Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience, » s’énervait, en son temps, Cicéron.

Mais non : notre patience est à l’évidence extensible à l’infini. « Les autoroutes, c’est un scandale, la SNCF c’est normal », dit en substance Ségolène Royal. Et pour une raison très simple : notre patience est tout simplement co-extensible à notre tolérance à l’Etat. Que celui-ci rompe ses contrats, n’applique pas les lois qu’il a lui-même promulguées et contreviennent à ses engagements internationaux, tout cela ne nous pose aucun problème, ni de cohérence, ni de conscience. Cet Etat n’est-il pas, par définition, le juge et le défenseur du sacro-saint « intérêt général » ? Marine Le Pen n’est-elle pas d’accord là-dessus avec Jean-Pierre Chevènement ? François Hollande avec Alain Juppé ? Henri Guaino avec Florian Filippot ? Culte français de l’Etat, « la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde », comme disait un grand penseur français (Frédéric Bastiat), inconnu des Français...

Oh ! J’entends déjà les protestations : « mais enfin  les Français veulent toujours plus d’enseignants, de juges, de policiers et d’infirmières » ! Sans doute mais j’invite les habitués de cette argumentation sempiternelle (le gouvernement y excelle !) à faire deux calculs très simples (que l’opposition, d’ailleurs, se garde bien de faire) :

1/Quel est le pourcentage d’enseignants, de juges, de policiers, et d’infirmières dans la fonction publique ? Réponse : 40% des effectifs totaux… En y rajoutant au passage les militaires, fonction régalienne s’il en est, que l’on oublie toujours dans le calcul, signe des temps…

2/ Quel est le taux d’absentéisme dans la fonction publique. ? Nous n’irons pas aux extrêmes (la mairie de Montpellier avec ses 39 jours annuels d’arrêt maladie) mais à la moyenne : le double du privé. Autrement dit, si l’absentéisme était simplement le même dans les deux secteurs, nous ferions l’économie de 250.000 postes de fonctionnaires… Il est vrai que depuis l’abolition du « jour de carence », les statistiques officielles sur la question ont tout bonnement disparu. Et sur cette « rente »-là, car c’en est une, pas un mot dans la loi Macron. Et pas le moindre rapport de la Cour des Comptes…

Mais j’entends aussi ceux qui, trop contents de ces chiffres, vont hurler contre « ces profiteurs de fonctionnaires », autre sport national dans un pays décidément schizophrène.

A ceux-là, je confesserai que l’auteur de ces lignes est un fonctionnaire. Et un fonctionnaire libéral. Quitte à se voir vilipender des deux côtés : « il crache dans la soupe ! » ; ou bien : « il est en pleine contradiction !»

Non pas : un libéral n’est nullement pour un Etat faible, contrairement à ce que dit la vulgate : il est pour un Etat fort, mais limité. Et, sans nulle vertu particulière, mais pleinement conscient du jeu, aussi déterminant que dissimulé, des intérêts particuliers, un « fonctionnaire libéral » sait en effet autre chose : un Etat financièrement soutenable est nécessaire… ne serait-ce que pour les intérêts à long terme de ses propres agents !

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Anguerrand
- 13/02/2015 - 10:40
Autoroutes à peage chers mais...
Ils ont des obligations de services publiques, ont l'obligation d'investir dans des tronçons non rentables, ils font des bénéfices, oui mais l'état leur récupèrent 36% d'impôt sur les société. De plus les taxes récupérées par l'état sont supérieures à 50% sur le prix des péages que l'état se met dans la poche. Remettre des fonctionnaires et renationaliser, mais vous verrez qu'en peu de temps avec les mêmes tarifs ces sociétés ne feront plus de bénéfices ( absentéisme, rendement des agents). Ou serait le bénéfice pour l'état?
2bout
- 05/01/2015 - 15:29
En un peu clair:
Quand après l'étude de nos droits à la retraite, on constate que l'on ne percevra mensuellement au jour de notre retraite que le cinquième des sommes que l'on verse tous les mois au RSI, que cette somme ne correspond même pas au montant alloué à un agent de maitrise d'un Régime spécial et bien plus tard dans sa carrière, et que toutes les lois Madelin plafonnées ne changeront rien, on souhaite alors : a) Que le système de Retraites s'écroule et que l'on reparte sur des bases saines ? b) On regarde son CA évoluer vers le haut ou le bas sans aucun intérêt ? c) on explore toutes les opportunités pour exercer cette activité dans un autre pays ?
2bout
- 04/01/2015 - 15:33
250 000 postes aisément surabondants.
Ajoutons à ces 250 000 faux emplois, le nombre de fonctionnaires dont les mandats électifs et syndicaux les dispensent de leurs obligations professionnelles. Allons-nous doubler ou tripler ce chiffre ? Soutenable, ce ne l'est plus quand le rendement des versements au RSI pour la retraite est de 20%.