En direct
Best of
Best of du 13 au 19 juillet
En direct
© Reuters
Revue d'analyse financière

La chute du prix du pétrole accentue le risque d'une nouvelle crise financière

Publié le 16 décembre 2014
Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.
Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Jacques Netter
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

La chute du pétrole en dessous de 60$ est pourtant une bonne nouvelle pour les pays importateurs. Elle s’analyse comme une diminution de la fiscalité payée aux pays pétroliers qui bénéficient de la rente pétrolière. Pour les Etats-Unis, cela représenterait l’équivalent d’une hausse du pouvoir d’achat pour les ménages en année pleine de 45Md$. En France, le chiffrage effectué pour les entreprises montre que l’impact pourrait être le double de celui du CICE. Rappelons que ce sont des chocs pétroliers à l’envers qui ont provoqué les fortes reprises économiques de la fin des années 80 et 90…

La baisse du pétrole serait en revanche, pour de nombreux investisseurs, le signe d’une baisse de la demande, ce qui fait entrer les marchés dans une phase de forte turbulence. L’indice S&P 500 Energy représentatif des valeurs pétrolières américaines est en baisse de plus de 50% par rapport à son plus haut de juin dernier ; le CAC a ainsi perdu près de 10% en six jours ; les obligations High Yield US, fortement exposées au secteur de l’énergie offrent maintenant un rendement supérieur à 9%, car les faillites vont augmenter fortement ; la rouble russe s’est effondrée, obligeant la banque centrale de Russie à augmenter  son taux de base de 10% à 17% dans la journée ; la hausse du dollar déstabilise les pays émergents dont les sociétés auront du mal à rembourser leurs emprunts contractés dans la devise américaine.

L’Europe est entrée dans une phase de reflation lente, selon François-Xavier Chauchat de GaveKal à Paris. La BCE a accordé 130Md€ de prêts à 0,15% sur quatre ans à 306 établissements. C’est la moitié du chiffre qui pouvait être alloué. Comme les montants empruntés par les banques ont été faibles, la BCE sera obligée d’annoncer de nouvelles mesures l’année prochaine. Jens Weidman, président de la Bundesbank, a une fois de plus expliqué ses réticences à l’égard d’une nouvelle offensive monétaire voulue par Mario Draghi, le président de la BCE. Si aucune mesure n’est prise, il serait dangereux que les Etats, les entreprises, les ménages et les marchés ne croient plus dans la capacité de la BCE à faire remonter l’inflation à 2% à moyen terme.

En France, l’économie détruit toujours des emplois. Plus de 55 000 postes ont été encore supprimés entre juillet et septembre. La vague de faillites reste à un niveau historiquement élevé (63 000 en 2014 contre 50 000 en 2007). La production industrielle s’inscrit en baisse de 1% sur les douze derniers mois. La baisse du pétrole n’est pas suffisante pour compenser un marché du travail qui est structurellement malade. L’année 2015 est partie pour être encore une année noire.

La Loi Macron ne sera pas suffisante pour relancer l’économie. C’est un ensemble de mesures qui vont dans la bonne direction, car tout ce qui peut redonner de l’espoir aux jeunes générations et aux entrepreneurs est positif. Toutefois, la vision pragmatique du ministre de l’Economie est en opposition frontale avec celle de Martine Aubry, maire de Lille,  qui souhaite mettre en avant un socialisme français  dans lequel "la société est gentille et tout le monde est gentil, car la vraie vie se situe forcément hors du travail".

Une fois n’est pas coutume, Dominique Saint Georges de Carmignac, pense que les réformes à la française de la Loi Macron pourraient produire des résultats.

La Grèce a retrouvé le chemin d’une croissance positive mais les porteurs de dette grecque sont inquiets de la situation politique. L’élection présidentielle avancée en décembre pourrait encore renforcer le pouvoir du parti d’extrême gauche Syriza. En Italie, la production industrielle est en baisse en octobre de 3% sur un an. Le taux d’endettement de l’Etat représente maintenant 134% du PIB, soit le même niveau que celui de la Grèce en 2009. Les banques italiennes ont désormais 440Md€ d’encours sur l’Etat italien… Les mauvaises créances des banques ont augmenté de 20% sur un an.

C’est probablement, après la Grèce,  le pays le plus fragile de l’Union.

En Belgique, on assiste aux débuts chaotiques du gouvernement. La contestation sociale et le nationalisme flamand mettent la coalition de droite en difficulté.

Grand succès électoral de Shinzo Abe

Au Japon, après deux années de politique économique baptisée "Abenomics", le pays est en récession et la baisse de la confiance des consommateurs s’est encore détériorée en novembre. Pourtant, aux dernières élections Shinzo Abe, le Premier Ministre a vu sa confiance largement renouvelée. Pour Joyce Poon de GaveKal à Hong Kong, il faut s’attendre à une poursuite de la baisse du yen.

Parmi les valeurs qui profitent de la baisse du yen on peut retenir : Astellas Pharma, Shinetsu Chemical, Toyota. Les valeurs composant l’indice MSCI Japon réalisent 40% de leur chiffre d’affaires en dehors du Japon.

Les Américains vont pouvoir dépenser plus

Aux Etats-Unis, les ventes de détail ont progressé en novembre. Les ventes de Noël devraient être bonnes. On assiste à une forte hausse de la consommation due à la création d’emplois et à la chute du pétrole. Tout cela pousse les Américains à la dépense.

Will Denyer de GaveKal à Hong Kong reste encore favorable sur les valeurs de consommation discrétionnaire qui sont nettement moins sensibles à une remontée des taux d’intérêts. Dans l’univers investissable on trouve : Ralph Lauren, Tiffany, Richemont.

Les matières premières agricoles n’échappent pas aux turbulences.

Pour le riz, l’Iran a décidé de cesser d’importer du riz d’Inde et de Thailande. Pour les producteurs de riz indiens, l’Iran achetait 1/3 de leur récolte de riz basmati, celui qui est de meilleure qualité. Parmi les sociétés indienne concernées par cette évolution figurent : REI Agro, Kohinoor Foods. La production de noisettes turques a baissé de 70% cette année, ce qui a pour conséquence que le prix de la noisette vient de doubler en un an à 6,27$ le kilo. Parmi les sociétés concernées on peur citer bien sûr Nutella en Italie et Hershey aux Etats-Unis. La production de Châtaignes est aussi affectée par un insecte japonais, le cynips qui attaque les arbres. Il a fait chuter la production de 30% en Ardèche. La production mondiale de châtaignes est de 1,9MT dont 1,6M en Chine suivie par Corée du Sud, Turquie, Italie, Portugal et Espagne. La France est n°10 avec 10 000T produites en Ardèche, Corse, Périgord Limousin. La situation du sucre est aussi complexe avec un prix américain supérieur en ce moment de 58% au cours mondial. Quand au marché du coton, les producteurs chinois et américains croulent sous les subventions, 6,5b$ pour la campagne 2013-2014 (ICAC 10/12/2014). Cela pénalise fortement les affaires de la Sofitex au  Burkina Faso : pour qui c’est la première exportation du pays représentant 30% du PIB. La CMDT et Biotex au Mali sont aussi dans une situation difficile. Enfin, en Zambie, le coton fait vivre 21% de la population, or le prix actuel n’est plus suffisant pour assurer la pérennité des exploitations. A suivre...

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

02.

Anorexie : une nouvelle étude montre que les causes ne sont pas seulement psychologiques

03.

Finale de la CAN : 48% des Français pensent qu'il est normal pour des personnes d'origine algérienne de manifester leur joie et leur attachement à leur pays lors des victoires de l'Algérie en football

04.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

05.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

06.

Le pape François a transmis un message "très touchant" à Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert

07.

Quand Benjamin Griveaux crie tout haut ce que Benjamin Griveaux pense tout bas : "fils de pute", "abrutis"

01.

Auriez vous le brevet des collèges ou... signé une pétition car les épreuves étaient trop difficiles ?

02.

Le Sénégal triompha de la Tunisie par 1-0 : les supporters sénégalais se livrèrent alors en France à une orgie de violences

03.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

04.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

05.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

06.

La dangereuse complaisance du planning familial avec l’islam radical

01.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

02.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

03.

Face au "séparatisme islamiste" qui menace l’unité de la France, la tentation de "l’autonomie relative"...

04.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

05.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

06.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
bjorn borg
- 16/12/2014 - 17:48
Quel pétrole?
Le but du jeu est de couler le pétrole de schiste des US. Il paraîtrait que ce sont le Qatar et l'Arabie qui sont à la manœuvre. C'est sûr que les Russes vont souffrir dans cette histoire. Tout ça, c'est une lutte d'influence entre pays! Là, il s'agit de ruiner les producteurs du schiste américain. Qu'Est-ce que ça va donner? Bien malin qui peut le dire, sûrement de grands bouleversements en bourse et ailleurs dans les économies des différents pays. Comme le dit ISABLEUE, ce n'est pas une bonne nouvelle pour les Russes ni pour les US. Au dessous de 70 $ le pétrole de schiste n'est plus rentable à ce qu'il se dit. Attention à la bourse, c'est pas trop le moment d'être sur le marché!
Christophe Bugeau
- 16/12/2014 - 16:22
Baisse du pétrole, jusqu’à quand ? Et jusqu'où ?
Les prix du pétrole sont en forte baisse : l’on est passé d’environ 100 $ le baril à 60 $ en seulement quelques mois, et les bourses s’en ressentent désormais. Le CAC 40 a chuté de 7 % la semaine dernière, même chose aux Etats-Unis où les valeurs pétrolières plombent la bourse de New York. Comment s’est déclenché le phénomène et cela peut-il aller plus loin ?

La suite : http://www.christophebugeau.fr
ISABLEUE
- 16/12/2014 - 14:36
Peut être pas une bonne nouvelle pour les Russes ???
C'est fait exprès ???
On joue les collabos avec Obama ??? les russes vont ils crever de faim ???