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Chronique du pot aux roses

Qui dégonflera le plug socialiste ?

Publié le 22 octobre 2014
Le président de la République a apporté son soutien à l'artiste Paul McCarthy, qui a renoncé à regonfler son arbre (ou du plug anal, c’est selon) vandalisé place Vendôme à Paris. Pendant ce temps, on ne voit toujours pas à l'UMP qui sera capable de dégonfler le plug élyséen.
Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.
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Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.
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Le président de la République a apporté son soutien à l'artiste Paul McCarthy, qui a renoncé à regonfler son arbre (ou du plug anal, c’est selon) vandalisé place Vendôme à Paris. Pendant ce temps, on ne voit toujours pas à l'UMP qui sera capable de dégonfler le plug élyséen.

1 - Souillé jusqu’en son fondement

"La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy, qui a été finalement souillé dans son œuvre, quel que soit le regard que l’on pouvait porter sur elle", a déclaré, empreint d'une solennité un peu forcée, François Hollande lors de l'inauguration pipolissime de la nouvelle fondation LVMH dans le bois de Boulogne.

Mais qui diable écrit donc ces discours mal fagotés, fautes de goût dans ce nouveau temple du prêt à porter et de l'art contemporain réunis ? Lacan se serait délecté de l’in-con-science de cette formule, la notion d'oeuvre ayant un acception mystique et physique. La Vierge était par exemple grosse des oeuvres du Seigneur selon les saintes écritures. Et l'on se réfère parfois à l'oeuvre de chair pour désigner pudiquement la bagatelle. Bref, le pauvre Mac Carthy aurait subi d’extrêmes outrages. Pour faire bonne mesure et parce qu'il n'ose pas afficher un entier soutien à l'artiste plugeur, Hollande a toutefois relevé qu'on peut considérer le godemiché monumental de la place Vendôme de bien des manières. En tout, son courage est calculé. Il est tempéré jusque dans la souillure.

Il n'y a pas qu'en France que la petite coterie internationale de l'art provocateur autoproclamé a sévi ces dernières années. L'italien Maurizio Catellan par exemple s'est distrait et a été fort bien rémunéré par des nouveaux riches en quête de frisson contestataire pour représenter un Jean-Paul II écrasé par une météorite ou pour dresser un doigt d'honneur marmoréen géant face à la bourse de Milan. Naturellement, les cibles sont toujours les mêmes et garantissent le bon repos des conformistes : George W. Bush, les prélats catholiques, les banquiers, etc. On n'imagine guère les mêmes s'en prenant à la Kaaba, à Obama ou aux journalistes par un détournement blasphématoire ou un rêve homicide. Trop dangereux ou trop mal vu ...

Tous ces gens revendiquent l'héritage de Marcel Duchamp qui parvint à être refusé par le salon des refusés. Mais Duchamp rendait hommage aux maîtres anciens par des touches minimalistes et délicatement insolentes, en ajoutant par exemple moustache et formule ambiguë au portrait de Mona Lisa. Beaucoup n'ont toujours pas compris qu'il faut articuler distinctement L.H.O.O.Q. pour en saisir le sens.

Catellan, Mac Carthy ou Koons trahissent leurs intentions purement mercantiles et la faiblesse de leur inspiration par leur recours au gigantesque. Il s'agit d'en imposer. Leur art est tout entier dans son concept. Ce sont d'autres qu'eux qui fabriquent et parfois même dessinent leurs sculptures.

Ils sont de simples récupérateurs/recycleurs de matériaux et d'idées, ne prennent aucun risque réel alors que le véritable artiste ne sait jamais, quand il apprête une toile ou entame un marbre, s'il parviendra à une résultat satisfaisant. Bref, ils n'explorent pas leurs propres limites mais tirent parti de celles des autres. Ce sont des démagogues dont la seule particularité est de s'adresser à un public riche et restreint. De quoi rassurer un socialiste français dansant du ventre devant la finance ennemie ...

En attendant, on ne voit toujours pas à l'UMP qui sera capable de dégonfler le plug élyséen. Sarkozy chante une vieille antienne et promet des referendums sur des sujets mineurs alors qu'il faudrait les utiliser pour réformer en profondeur la république et ses administrations.

Juppé se contente de surfer sur une vague atlantique de sondages favorables et le pauvre Fillon n'a plus assez de doigts pour compter les fidèles qui le trahissent. Le gouvernement vient de porter un coup de canif historique au principe d'universalité des prestations familiales mais la droite n'est pas capable de descendre massivement dans la rue pour le contraindre à reculer. Ce serait d'autant plus opportun que, même à gauche, de nombreuses voix s'élèvent pour critiquer une mesure qui étend indûment et dangereusement aux prestations sociales la logique de l'impôt.

Le seul succès de François Hollande, sa seule manière d'opérer depuis toujours consistent à énerver au sens premier du terme ses opposants ; à les enliser, les fatiguer, les dégoûter. Nom d'un plug, il y parvient, quitte à endormir la France.

2 - L'attrape-Macron

En apparence, Macron prend les députés frondeurs et autres crypto gauchistes du PS à rebrousse poil. Il parle de réformes des allocations chômage, de seuils sociaux, de la libéralisation des transports en autobus, de travail du dimanche, etc. Enfin ... il ne fait en réalité que les évoquer de manière ambiguë. Aussitôt, Hollande ou Cambadélis font savoir qu'il ne s'agit que de débats éthérés, pas même de propositions murmurées. Puis Valls dit tout et son contraire.

A ce degré de constance dans la cacophonie, on peut légitimement soupçonner une attitude concertée et une répartition des rôles. Quand président et premier secrétaire du PS s'adressent au marigot socialiste, le ministre de l'économie tente de faire croire à Bruxelles, Berlin et Francfort que la volonté réformatrice est bien là.

Le gros "hic" est que les mesures envisagées, concernant par exemple les professions réglementées, ne réduiraient en rien les déficits publics, souci premier de nos partenaires en Europe. Si elles étaient vraiment adoptées, elles amélioreraient peut-être un peu la croissance. Mais dans des proportions dérisoires au regard des effets de la politique de change de la BCE, du caractère dissuasif pour l'activité économique des hausses d'impôt décidées en début de quinquennat, de la loi Duflot, des combats d'arrière-garde des taxis, soutenus par le gouvernement, de la paralysie du pouvoir sur le dossier explosif du financement des régimes de retraites dont la faillite devient une perspective crédible ... Du reste, sur la plupart de ces sujets, l'action gouvernementale omet soigneusement de préciser que les notables locaux peuvent parfaitement et ont d'ailleurs fermement l'intention de la contrecarrer. Ainsi en est-il de la baisse des prélèvements, de l'embauche d'agents publics, du recours à l'emprunt, du travail du dimanche, de la règlementation locale des taxis et transports publics. On en est encore, alors que le commerce parisien est en crise grave, à se demander s'il est opportun d'autoriser les Galeries Lafayette et le Printemps à accueillir la clientèle du dimanche ! Pour autant que le TGV ne soit ni en grève ni trop en retard, Chinois, Russes et Arabes du Golfe ont vite fait d'aller à Londres acheter leurs sacs Birkin et leurs tailleurs Chanel.

Macron est un valet de trèfle manipulé devant la commission européenne par le joueur de bonneteau élyséen. Mais les temps sont durs et il y a de moins en moins de gogos à plumer. Espérons qu'il en reste suffisamment à la Commission de Bruxelles pour croire - ou faire semblant - que les déficits publics français ne dépasseront pas allègrement les 5 % du PIB cette année comme l'an prochain.

3 - Le grand bazarnement

Ségo est déchaînée, c'est comme cela qu'on l'aime. Grande Mammamouchi de la transition énergétique, la ministre de l'Environnement, des Transports et de l'heure d'hiver flingue à tout va. En une seule semaine, elle a réussi à abattre l'écotaxe, viser les sociétés d'autoroute et tirer sur les transporteurs routiers étrangers. Aussitôt, elle est "recadrée", mot du vocabulaire gouvernemental le plus utilisé ces derniers temps. En attendant, les services juridiques de l'Etat vont plancher pour éviter de dédommager Ecomouv', l'entreprise d'origine italienne victime des atermoiements et capitulations de l'exécutif. Et ils se demandent comment faire pour revenir sur les conditions en bitume doré que les sociétés d'autoroute ont obtenues il y a quelques années. Au même moment, Hollande réunit des patrons étrangers pour leur dire d'investir en France. L'exemple de la signature reniée dans le contrat des portiques va certainement les convaincre de céder aux sirènes gouvernementales...

4 - Heureusement il y a Libé

Tout à son entreprise de défense des éclopés gouvernementaux, Joffrin nous gratifie de "unes" rassérénantes. Le grand tort de l'autodidacte Proglio à EDF n’était évidemment pas de trop pactiser avec la CGT. Personne à gauche ne lui reprochera jamais une chose pareille même si la paix sociale est achetée au prix de tarifs exorbitants de l’électricité et d’investissements désormais insuffisants. Sa vraie faute alors, selon Libé ? Il a été évincé à bon droit parce que le gouvernement veut mettre un terme au poids des "réseaux". Et, pour cela, il sera remplacé par ... un polytechnicien ingénieur des ponts. Ce n'est pas un réseau sans doute ! Enfin, cela permettra, conclut Libé, de mettre en oeuvre la transition énergétique si bien conduite par Ségolène. Nous voilà rassuré.

Autre exemple de cette ligne éditoriale "philocialiste", les efforts extrêmes du quotidien de la rue Béranger pour expliquer que les déclarations lénifiantes et filandreuses des Allemands sur une prétendue relance européenne sont un succès pour le gouvernement français. Il s'agit pourtant de formules creuses qui seront précisées en décembre, après que la Commission se soit prononcée sur le projet de budget français. Une pure opération d'enfumage donc. Mais que n'écrirait pas un journal qui a été jusqu'à qualifier les clones technocratiques que sont Macron et Pellerin de "jeune garde sociale-démocrate", empruntant au vocabulaire révolutionnaire pour décrire le conformisme le plus désespérant ?

A lire de l'auteur de cet article : "Français, prêts pour votre prochaine révolution ?", de Serge Federbusch, publié chez Ixelles, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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zen aztec
- 23/10/2014 - 17:21
@jg
T'es chiant
JG
- 22/10/2014 - 19:25
j'aime bien le fond de vos interventions, mais la forme....
S'il vous plait, "après que" appelle le mode indicatif et non le mode subjonctif....!!!
"Après que la Commission se sera prononcée..." et non "après que la Commission se soit prononcée...".
"Après que", même s'il s'agit du futur , parle de quelque chose qui aura eu lieu donc dont on sera certain au moment de l'action, il n'y a donc pas de place ici pour le subjonctif, mode de l'incertitude et de la supposition. (contrairement à "avant que")
Ce n'est pas facile messieurs les journalistes, mais si vous faites vous même des fautes de grammaire, comment demander à ceux parmi les enfants qui vous lisent de ne pas en faire...
Bon au moins, vous ne confondez pas le participe passé et l'infinitif des verbes du premier groupe, faute la plus répandue parmi les journalistes, c'est déjà cela...
vangog
- 22/10/2014 - 19:09
Il a raison de défendre le plug-anal-géant, Flamby!
...car il est parfaitement conforme à la tradition de l'art-provoc. et celle de l'art éphémère qui sévissent depuis que l'art a été mis en niche fiscale par les socialos, par Lang et sa clique de frappes...dans le plug-anal, la véritable originalité n'a été ni son élaboration, ni le choix de la Place Vendôme, tous deux répétant de manière artisanale maints choix artistiques plus récréatifs que créatifs, mais, bel et bien, sa "deconstruction"!
Et cette "deconstruction" est tellement dans l'air du temps glorifié par les néo-marxistes qui ont envahi l'école, les syndicats et les médias, qu'on se demande comment la paternité de cette "deconstruction" a pu leur échapper?
Oui, le "dégonflage du plug-anal" rentrera dans celle-ci, car il illustre à merveille la décomposition de la France, la deconstruction de ses valeurs et la dispersion de ses forces-vives. En ce sens, il est bien témoin-voyeur de notre temps et Flamby ne s'y est pas trompé...