En direct
Best of
Best of du 6 au 12 juillet
En direct
© Reuters
Politico scanner

L’étrange rapport des Français à la réforme : un changement profond de leur vision de l’État mais une difficulté à en tirer les conséquences

Publié le 08 octobre 2014
Au fil des échecs successifs des pouvoirs publics à résoudre les problèmes du pays, les Français pensent majoritairement que la France a besoin de réformes et sont convaincus de la nécessité de réduire les déficits. Une opinion qui ne se retrouve pas toujours dans les mesures qu'ils plébiscitent.
Robin Rivaton est chargé de mission d'un groupe dans le domaine des infrastructures. Il a connu plusieurs expériences en conseil financier, juridique et stratégique à Paris et à Londres.Impliqué dans vie des idées, il écrit régulièrement dans...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Robin Rivaton
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Robin Rivaton est chargé de mission d'un groupe dans le domaine des infrastructures. Il a connu plusieurs expériences en conseil financier, juridique et stratégique à Paris et à Londres.Impliqué dans vie des idées, il écrit régulièrement dans...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Au fil des échecs successifs des pouvoirs publics à résoudre les problèmes du pays, les Français pensent majoritairement que la France a besoin de réformes et sont convaincus de la nécessité de réduire les déficits. Une opinion qui ne se retrouve pas toujours dans les mesures qu'ils plébiscitent.

Atlantico : Selon un sondage Ifop paru le 5 octobre, 93% des Français estiment que la mise en oeuvre de réformes est urgente, et qu'elle doit aller dans le sens des économies budgétaires pour 65%. Dans une autre question en revanche, celle sur le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, ils ne sont plus que 50% à approuver la mesure. Comment expliquer ce décalage entre un engouement largement partagé pour les réformes, mais une frilosité devant les mesures concrètes ?

Robin Rivaton : L’analyse qu’on peut en faire réside en le fait que certains débats ont porté davantage sur le fait que le remplacement d’un fonctionnaire sur deux par exemple se traduirait par la disparition des infirmières… Et ceux-ci viennent parasiter le débat technique alors qu’au fond, les Français comprennent très bien que réduire certaines dépenses revient à décider de coupes dans les budgets, et ils sont plutôt favorables à des baisses de fonctionnaires plutôt que des baisses d’aides sociales.

Dans un sondage BVA datant de 2013, et à la question de savoir quels acteurs de la société sont les plus crédibles pour changer les choses, les entrepreneurs apparaissent à la deuxième position (après la société civile) avec 55% d'opinions. Peut-on considérer qu'il y a une rupture dans la confiance des Français à croire que l'Etat peut régler les problèmes ?

Cliquez pour agrandir

Ce qui est intéressant, ce n’est pas tant de voir le rapport des Français à la réforme technique, car ils n’ont pas tous le niveau de compétences pour y être confronté et en comprendre entièrement les tenants et les aboutissants. La vraie question se porte effectivement davantage dans le changement culturel des Français, de plus en plus convaincus de la nécessité de la diminution du rôle de l’Etat. Une grande majorité d'entre-eux veulent plus de libertés pour les entreprises, et donc les entrepreneurs. D’ailleurs le souhait de devenir son propre patron –passé de 2% à 16% en l’espace de 10 ans-, de créer une activité augmente sensiblement là où il y a encore quelques années le fonctionnariat prévalait. Ils se sentent donc concernés par l’entreprise, et y transfèrent leurs espérances.

 

Les Français étaient également 81% à faire confiance aux PME pour sortir de la crise, dans un sondage TNS Sofres réalisé également en 2013. Comment expliquer cette nouvelle "foi" en l'entreprises ?

La complexité bureaucratique des services publics est telle qu’elle empêche une grande partie de l’activité économique du pays. Certains secteurs leurs sont ou entièrement interdits, ou très réglementés –on en a entendu parler dans l'actualité-. L’intérêt d’un marché concurrentiel est immédiatement évoqué à l’augmentation des prix pratiqués à la SNCF  par exemple, alors que le monopole soutient soit disant le maintien des prix bas.

Il y a une lassitude autour de la solution provenant du secteur publique, qui échoue régulièrement et depuis 40 ans. La voix du changement se révèle alors séduisante, même si l’on n’envisage pas dans sa globalité les implications. Le diminution de l’emprise de l’Etat sur la vie publique se retrouve alors dans la position du dernier "debout sur le ring". De même, cette idée est très bien illustrée dans la confiance que les Français donnent aux associations pour s’occuper de certaines problématiques sociales. Elles fonctionnent mieux, les gens les côtoient au quotidien, en gère aussi parfois…

On le voit dans le sondage, les Français ne sont pas si réticents que cela à la mise en place concrète des réformes. Si vous considérez la population sans les fonctionnaires (24% de la population active ndlr) qui ne peuvent dans votre exemple rationnellement pas afficher une position pour la réduction de leurs effectifs, cet engouement prends alors une nouvelle ampleur.  

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Guillaume Larrivé à droite toute ; François-Xavier Bellamy refuse d’enfoncer Wauquiez après les européennes ; Ziad Takieddine nie toute "machination" contre Nicolas Sarkozy ; Benjamin Griveaux ou les ravages de la transparence (anonyme)

02.

Si vous pensiez que la dette américaine détenue par la Chine met Washington à la merci de Pékin, ce graphique pourrait vous surprendre

03.

Finale de la CAN : cinquante nuances de troubles de la visibilité (identitaire) en France

04.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

05.

Face au "séparatisme islamiste" qui menace l’unité de la France, la tentation de "l’autonomie relative"...

06.

Anorexie : une nouvelle étude montre que les causes ne sont pas seulement psychologiques

07.

Contamination au tritium des rivières françaises : anatomie d’une opération destinée à générer une peur infondée sur le nucléaire

01.

Céline Dion envoie DEUX stylistes à l’hosto; Nabilla veut de grandes études pour son bébé; Elizabeth II recueille une milliardaire en fuite; Laeticia Hallyday humiliée à Saint-Tropez; Cyril Hanouna achète à Miami, François H. & Julie Gayet à Montsouris

02.

Auriez vous le brevet des collèges ou... signé une pétition car les épreuves étaient trop difficiles ?

03.

Safari des gérants du Super U : pourquoi leur cas est bien plus défendable qu’il n’y paraît d’un point de vue environnemental

04.

Ces 6 questions que soulèvent les révélations sur François de Rugy et qui en disent long sur le niveau de dysfonctionnement politique et économique de notre pays

05.

Le Sénégal triompha de la Tunisie par 1-0 : les supporters sénégalais se livrèrent alors en France à une orgie de violences

06.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

01.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

02.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

03.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

04.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

05.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

06.

Les trois (fausses) excuses de Macron pour ne pas mettre en œuvre son programme de réduction de dépenses publiques

Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
lafronde
- 02/04/2015 - 11:10
L'opinion publique et sa représentation politique.
Si la presse économique, l'expérience des acteurs d'entreprises engagés dans la compétitivité à l'international, convainquent peu à peu l'opinion de la nécessité de davantage de liberté économique tant mieux. L'article relève justement l'écart entre cette opinion publique et la velléité réformatrice des gouvernants.
C'est que précisément entre l'opinion (le corps électoral) et le Parlement, il y a l'effet du lobbying. Ce lobbying étatiste est connu : il s'agit de tous les corps d'administration, et de tout le secteur plus ou moins subventionné, ou favorisé. Ce lobby pousse à la dépense et à la réglementation pour juguler la concurrence. En face où est le lobby de la simplification réglementaire et législative ? Où est le lobby de la réduction du périmètre de l'Etat, et de la réduction des dépenses publiques ? Où et quand se font ses réunions et manifestations ? Face à l'Etat, le citoyen isolé ne compte que pour un. Les citoyens groupés par leurs intérêts légitimes (ou non) sont bien plus à même d'influencer le parlementaire.
Si vous ne faites pas de politique pour défendre vos intérêts, la politique se chargera de poursuivre ses intérêts au détriment des vôtres !
Mao Zedong.
kayric
- 08/10/2014 - 21:45
Puissance publique
La société française est une société bloquée. La bureaucratie à scléroser le système économique.
Une révolution culturelle est nécessaire.
Nos élites politiques et administratives ne sont plus à la hauteur de la situation