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2 ans à Matignon
Edouard Philippe : "Nous tenons le rythme et notre cap, tout en revendiquant un changement de méthode"
Publié le 13 mai 2019
Edouard Philippe a accordé un entretien au Figaro à l'occasion du second anniversaire de son arrivée au Matignon. Le Premier ministre s'est récemment engagé dans la campagne des élections européennes en participant à des meetings de La République en marche afin de soutenir la tête de liste Nathalie Loiseau.
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Edouard Philippe a accordé un entretien au Figaro à l'occasion du second anniversaire de son arrivée au Matignon. Le Premier ministre s'est récemment engagé dans la campagne des élections européennes en participant à des meetings de La République en marche afin de soutenir la tête de liste Nathalie Loiseau.

Le Premier ministre Edouard Philippe a accordé un entretien à la rédaction du Figaro à l'occasion du second anniversaire de son arrivée à Matignon. Alors qu'Emmanuel Macron tente de résoudre la crise des Gilets jaunes et d'apporter des solutions dans le cadre de la fin du Grand débat national par une série de mesures, Edouard Philippe a tenu à faire un premier bilan de son action politique et des réformes menées par le gouvernement.

"Je ne verserai jamais dans l’autosatisfaction, ce n’est pas dans ma nature. Je savais, en entrant dans ce bureau il y a deux ans, qu’il y aurait beaucoup de choses à faire. Et nous en avons fait depuis beaucoup qui vont dans le bon sens: le chômage a baissé, et plus particulièrement pour les jeunes ; l’emploi industriel est reparti ; notre croissance dépasse désormais celle de l’Allemagne ; on a réformé la SNCF et fluidifié le marché du travail ; on a exécuté deux budgets avec un déficit inférieur à 3 % du PIB pour la première fois depuis dix ans ; et, pour la première fois depuis 1974, la dépense publique a baissé en volume l’année dernière… On avance donc, même s’il nous reste tant à faire".

Edouard Philippe a aussi évoqué sa mission à Matignon. Il considère que les conditions sont réunies pour son maintien au poste de Premier ministre : 

"Je ne dis pas que c’est facile, c’est une responsabilité exigeante que je prends très au sérieux et que j’exerce avec humilité. (…) C’est un honneur de servir la France à la place qui est la mienne. Je considère qu’un Premier ministre est à Matignon aussi longtemps que trois conditions sont rassemblées: la confiance du président, le soutien de la majorité parlementaire et la volonté de faire. À mes yeux, elles sont pleinement réunies".

Le Premier ministre s'est montré optimiste sur la capacité du gouvernement à continuer le rythme des réformes : 

"Nous tenons le rythme et notre cap, tout en revendiquant un changement de méthode, en associant davantage les élus, les partenaires sociaux et associatifs au plus près du terrain. C’est le sens de l’acte 2 voulu par le président. (…) Ces deux premières années, nous avons mené des réformes ambitieuses, et certaines d’entre elles n’ont pas été faciles. Nous allons continuer. La situation du pays l’exige, et les Français veulent des résultats comme l’a montré le grand débat. Je l’ai dit, notre politique produit des effets, ne serait-ce qu’en matière d’emploi et de pouvoir d’achat. Mais dès les prochaines semaines l’agenda est intense, avec la transformation de la fonction publique ou celle de l’assurance-chômage, ainsi que la mobilisation en faveur de nos territoires".

Edouard Phillipe est revenu sur les grandes lignes de la politique fiscale du gouvernement dévoilée lors des récentes annonces du chef de l'Etat Emmanuel Macron.

"Nous n’avons changé ni de politique ni de philosophie. Il y a au contraire une très grande cohérence dans ce qu’on fait, afin de libérer et de protéger. Pour redistribuer, il faut d’abord produire et pour cela il faut des entreprises fortes. C’est pourquoi nous avons fait beaucoup pour les entreprises depuis le début du quinquennat. Mais il est parfaitement cohérent de supprimer certaines niches fiscales inefficaces si, en même temps, on abaisse les taux d’imposition sur les sociétés. Mon ambition, c’est de rendre la France plus compétitive, que les entreprises créent plus d’emplois et que le travail paie mieux (...) Personne ne se plaindra que l’on baisse plus et plus vite les impôts sur le revenu en France ou les prélèvements obligatoires. Ce n’est pas un procès, je crois, que les Français nous feront".

Interrogé sur un éventuel tournant social-démocrate, Edouard Philippe a tenu à rappeler ses préoccupations pour l'action politique au service des citoyens. 

"Permettez-moi d’être prudent avec les concepts. Je ne suis pas philosophe même si j’aime la philosophie. Je suis davantage dans l’action. Qui est capable de définir ce qu’est la social-démocratie? Quand je regarde à gauche, on nous explique que nous sommes trop à droite, quand je regarde sur ma droite, on nous dit que nous sommes trop à gauche. Certains pensent qu’on est trop libéral et d’autres trop social-démocrate. C’est sans doute passionnant comme débat mais je trouve ça assez vain. Ce qui m’intéresse, c’est l’intérêt général, l’efficacité, la vraie justice sociale, et mettre davantage l’humain au cœur de nos politiques publiques".

Edouard Philippe a été interrogé sur son positionnement vis-à-vis de La République en marche : 

"Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, m’a dit un jour que j’avais un côté "Raymond Barre longiligne". C’était le dernier Premier ministre à n’avoir pas été membre d’un parti politique. J’ai évidemment pris cela comme un compliment qui m’a touché. En acceptant la charge que le président de la République m’a proposée, je me suis mis au service de la majorité qui le soutient. Je veux continuer à l’élargir parce que le pays a besoin d’unité pour réussir les réformes souhaitées par le président. J’ai choisi de faire de la politique sans être membre d’un parti, mais je suis évidemment très proche de La République en marche".

Le Premier ministre a été interrogé également sur le fait qu'il se sente éventuellement toujours comme un homme politique de droite. 

"Je sais d’où je viens. Je crois en la liberté, je suis prudent quand l’État intervient à l’excès, je suis un homme d’ordre et je suis soucieux des équilibres budgétaires. Ça fait sans doute de moi un homme de droite. Mais je ne sais pas si ces catégories ont beaucoup de valeur aujourd’hui. Dans la marque de fabrique d’Emmanuel Macron, au-delà du "et de droite et de gauche", j’aime le fait de considérer que les grands problèmes de notre temps ne correspondent plus à ces clivages. Les lignes de fracture ne sont plus dans une opposition entre la gauche et la droite quand il s’agit de compétition mondiale, de politique européenne ou de questions de société. Ne soyons pas prisonniers de nos appartenances partisanes, de schémas intellectuels anciens qui ne correspondent pas aux défis actuels. Le général de Gaulle l’avait bien compris à la Libération. Il faut savoir s’en affranchir pour travailler avec des personnes qui veulent avancer. C’est ça, le rassemblement qui a été initié par le président de la République. Et je suis persuadé que ce choix correspond à ce que souhaitent les Français (...) À droite, il y a encore beaucoup d’instabilité politique. Qu’il y ait en ce moment une reconstruction de la droite du Trocadéro, sans doute. Est-ce qu’elle se rapproche de la droite moderniste, proeuropéenne, pour laquelle je militais aux côtés d’Alain Juppé? Je ne le crois pas. Je suis parti de mon ancienne formation politique parce qu’elle était incapable de dire si elle préférait voter pour Emmanuel Macron ou pour Marine Le Pen, en rupture complète avec l’héritage de Jacques Chirac. Cette droite du Trocadéro était déjà très forte dans le maniement des objectifs et des symboles mais, je le constate depuis que je suis à Matignon, elle n’a que des postures politiciennes à opposer à ceux qui font des choix courageux".

Edouard Philippe a abordé la question des Européennes dans cet entretien et a apporté une nouvelle fois son soutien à Nathalie Loiseau, tête de liste LREM : 

"J’ai travaillé avec elle au gouvernement pendant près de deux ans. Je l’ai trouvée compétente, précise, patiente et tenace. Ces qualités ne sont pas les qualités les plus utiles dans un monde médiatico-spectaculaire, mais elles sont les plus nécessaires pour défendre les intérêts de la France et marquer des points au Parlement européen. (…) Je suis proeuropéen, mais je ne suis ni fédéraliste ni euro-béat. Simplement si on veut avoir une France forte, on a besoin d’avoir une Europe solide, et on a besoin d’une France influente en Europe. Les parlementaires français doivent avoir la capacité de peser sur les décisions prises par les institutions européennes. Or, cette capacité a manqué. Qui sont les sortants au Parlement européen? C’est le Rassemblement national, ex-FN!"

Le Premier ministre a aussi été interrogé sur la question sensible de la limitation de vitesse à 80 km/h. 

"Mes convictions ne changent pas sur ce sujet, comme sur d’autres, au gré de la situation politique. Je suis attaché à tout ce qui peut garantir le plus haut niveau de sécurité routière. Nous avons sauvé des vies, et j’en suis fier. En 2018, nous avons obtenu les meilleurs résultats de l’histoire de la sécurité routière. Cela représente tout de même encore plus de 3 200 morts. Après, il y a une loi en discussion sur les mobilités. Un article issu du Sénat propose que les présidents de conseils départementaux peuvent remonter la limitation de vitesse. Le président a pris des engagements, la majorité voudra se faire entendre, il y aura un débat parlementaire et on trouvera sans doute une excellente solution. Elle devra passer par une vraie prise en compte des impératifs de sécurité routière".

Sur la crise des Gilets jaunes, Edouard Philippe a indiqué vouloir "que le désordre cesse". Il a dénoncé la "ritualisation de la violence chaque samedi" tout en adressant une pensée envers les commerçants et les forces de l'ordre.

Edouard Philippe a également tenu, lors de cet échange avec les journalistes du Figaro, à rendre hommage aux deux militaires tués lors de l'opération de sauvetage des deux otages français au Burkina Faso. 

Vu sur : Le Figaro
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spiritucorsu
- 15/05/2019 - 18:01
Méfions nous plus que jamais!
Cela rappelle l'histoire de ces pauvres cochons dont la qualité de viande laissait à désirer à cause du stress de l'abattoir,depuis la méthode à aussi changé pour eux,ils ont droit à une douche pour se détendre juste avant la mise à mort.Le résultat est le même pour les cochons,mais la viande est parait-il meilleure.Fort de cette petite annecdote et puisque le sire de Rouen revendique un changement de méthode,méfions nous plus que jamais!
spiritucorsu
- 15/05/2019 - 17:54
Méfions nous plus que jamais!
Comme son maître le monarque aussi narcissique et éperdument amoureux de sa petite personne et de l'image que lui renvoie son miroir.Ce duo infernal qui mène le pays au chaos et à la ruine à déjà passé par perte et profit la révolte des gilets jaunes,le déni s'étant installé à nouveau,l'arrogance et le mépris ne vont pas tarder à revenir(chassez le naturel,il revient au galop).Totalement amnésique,le sire de Rouen nous explique savamment que la politique de destruction de la classe moyenne orchestrée industriellement et accélérée par par le pouvoir actuel a été mal expliquée et donc mal comprise et mal ressentie par les intéressés.A croire que les retraités et tous ceux qui en France ne font pas partie des oligarques milliardaires amis du pouvoir sont soit séniles soit des demeurés
zen-gzr-28
- 14/05/2019 - 09:49
un question-réponse du chef pour rien
Très efficace ce gouvernement... Il brasse beaucoup d'air, dépense sans compter l'argent publique et voudrait nous faire croire n'importe quoi.