En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© Reuters
Les points sur les "i"
Quand Jean-Christophe Cambadélis charge ses anciens camarades dans un livre
Publié le 26 septembre 2017
Dans un essai "Chronique d'une débâcle", l'ex-premier secrétaire du Parti socialiste rhabille François Hollande, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Emmanuel Macron.
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dans un essai "Chronique d'une débâcle", l'ex-premier secrétaire du Parti socialiste rhabille François Hollande, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Emmanuel Macron.

Après le désastre aux législatives, Jean-Christophe Cambadélis a décidé de régler ses comptes avec les ténors du Parti socialiste - Benoît Hamon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et surtout François Hollande - dans un essai intitulé "Chronique d'une débâcle", publié aux éditions L'Archipel. Challenges a repéré quelques passages croustillants de cet ouvrage qui paraîtra mercredi dans les librairies.

François Hollande "impuissant", "balloté par les événements" et "incapable de dire non"

L'ancien premier secrétaire du PS n'hésite pas à dézinguer l'ex-chef de l'Etat qu'il décrit comme président "impuissant", "balloté par les événements" et "incapable de dire non". "Le soir de sa victoire, place de la Bastille, déjà, il est sommé par sa compagne Valérie Trierweiler de l’embrasser en public", se souvient Jean-Christophe Cambadélis, estimant que cette scène "révèle à la France entière la manière dont il la présidera : on pourra tout lui demander, même le plus grotesque, il y répondra". "Il ne sera pas l’homme qui dit non. Il fera au mieux".

Quant au quinquennat qu'il juge "terriblement illisible", Jean-Christophe Cambadélis note qu'il y a eu plus d'échecs que de "réussites", jusqu’à la décision finale de François Hollande de ne pas se représenter. "Je ne sais pas pourquoi, sur l’instant, j’ai pensé à Joseph Ratzinger, Benoît XVI", glisse l’ancien patron du PS. Il se remémore également la première prise de parole de François Hollande après l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York et se souvient de l'impréparation du président du Conseil départemental de Corrèze : "devant tant de regards qui sont autant de demandes, il hésite, recule sur son siège et, d’une intervention courte – alors qu’il a pour habitude de faire long –, pointe uniquement le nécessaire respect du calendrier". "Une sortie désincarnée, sans compassion aucune, au ton neutre pour ne pas dire froid. On le sent : il n’est pas prêt. Lui qui se voyait volontiers Premier ministre de DSK, le voici en première ligne. (…) Il se dérobe à la fonction à laquelle il est désormais censé aspirer. Il ne se résignera à enfiler le costume qu’en le retaillant à sa mesure, ou à ce qu’il était capable à ce moment- là d’assumer: "l’homme normal'", écrit Jean-Christophe Cambadélis.

Arnaud Montebourg, "il ne pense pas, il plaide"

L'ancien locataire de Solférino dresse aussi le portrait d'Arnaud Montebourg : Il "est un homme de cause. Son style, c’est la plaidoirie. Il ne pense pas, il plaide. Il ne discute pas, il plaide. Il ne débat pas, il plaide... sans cesse. Il lui arrive d’ailleurs assez souvent de plaider en dépit du bon sens et de faire de mauvais procès".

Puis il s'attaque à Manuel Valls qui le 19 avril 2017 a appelé à voter Emmanuel Macron, en poignardant ainsi le candidat socialiste Benoît Hamon. Même si Jean-Christophe Cambadélis déclare que "sans être grand clerc, on pouvait penser que Benoît Hamon ne gagnerait pas la présidentielle", il estime que l'attitude de Manuel Valls "équivaut pour le coup à un hara-kiri". "Qu’il soit en désaccord avec l’orientation de Benoît Hamon, que cette gauche lui semble incapable d’être à la hauteur du temps présent, on l’avait compris. Mais, il suffisait d’attendre", écrit-il, avant de fustiger son ex-collègue. "Non seulement Manuel Valls n’attendit pas, provoquant l’éparpillement de ses propres amis, mais il s’engagea avec Emmanuel Macron dans une stratégie digne du 'génie des Carpettes' (…) dans le seul but de ne pas avoir de candidat EM face à lui à Évry... (…) Il s’acharna à vouloir entrer par effraction dans le macronisme, acceptant l’humiliation de l’apparentement".

Le jour où François Hollande a appris la candidature de Macron à la présidentielle

Jean-Christophe Cambadélis ne se montre pas plus enthousiaste face à l'élection d'Emmanuel Macron, " l'homme qui vient de la gauche et qui convient à la droite ". Il explique avoir averti à plusieurs reprises François Hollande au sujet de son ministre de l'Economie. Hélas, le chef de l'Etat se montrait à chaque fois confiant : "Je l’aime beaucoup. Il a un esprit juvénile, inventif, et il est tout à fait loyal". Cambadélis n'était pas du même avis, il disait au président de la République : "Il est quand même bizarre, ton gars. Je ne suis pas certain qu’il ait en tête notre maintien au pouvoir. Il se voit jouer un rôle plus autonome". In fine, les deux hommes ont découvert ensemble les intentions de celui qui allait devenir le nouveau président.

"Nous dînons dans les appartements privés du président, dont la salle à manger n’est pas équipée d’une télévision permettant de voir Emmanuel Macron poser les jalons de sa future candidature. Les agents de l’Élysée s’activent pour dresser un immense écran qui ne fonctionne pas bien. Il s’éteint puis redémarre, avec un Macron couleur pastel puis virant au rouge... pendant que Didier Guilaume, président du groupe socialiste au Sénat, mime l’orateur, reproduisant ses propos, étant donné que nous n’avons plus de son", se souvient l'ex-patron du PS, avant de décrire ce que François Hollande avait ressenti.  "Le président rit jaune. Il s’énerve même, fait rarissime. Les huissiers se dépêchent, changent la télévision de place. Emmanuel Macron vire au vert pâle et sa voix tourne au ralenti. La tablée est prise d’un fou rire. Stéphane Le Foll rappelle qu’il l’avait bien dit. Le président est au paroxysme de l’agacement en éteignant le téléviseur. Tout le monde comprend qu’Emmanuel Macron ne reviendra pas, ne se retirera pas, ne se rabattra pas".

Emmanuel Macron : "J’attaquerai tout cela au pic à glace"

Jean-Christophe Cambadélis explique alors qu'il avait tenté de désamorcer la candidature de l’ancien banquier en lui proposant de prendre la tête… du parti Radical. "Je lui suggérai de prendre le plus vieux parti de France et de le transformer... radicalement". Une proposition qui n'a pas séduit Emmanuel Macron… En effet, comme le raconte Jean-Christophe Cambadélis, le jeune homme avait  d’autres ambitions. "Stéphane Le Foll me conta cette anecdote qui éclaire le personnage. La veille de la nomination du gouvernement Valls I, le ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement attend dans l’antichambre. Emmanuel Macron sort du bureau de Manuel Valls, embrasse Le Foll et lui glisse, amer : 'Je m’en vais, mais je reviendrai. J’attaquerai tout cela au pic à glace'". "Il était fâché de n’avoir pu être nommé ministre", conclut Cambadélis.

 

 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
02.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
03.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
04.
Pourquoi la trahison d'Emmanuel Macron envers François Hollande pourrait bien lui revenir en boomerang le jour où il aura besoin d'appuis...
05.
Attention danger (politique) : les gilets jaunes, une crise pour rien ?
06.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
07.
Céline Dion a refait 2 fois sa vie... en même temps; Laura Smet, mariée & heureuse, Karine Le Marchand seule mais heureuse, Charlotte C.&Dimitri, ni seuls ni mariés; Gala nous dit tout sur la vie sexuelle de Houellebecq, Match sur le divorce de Jeff Bezos
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
03.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
07.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
04.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
05.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
06.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
01.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
02.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
03.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
04.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
05.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
Commentaires (6)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
KOUTOUBIA56
- 27/09/2017 - 10:48
Cambadelis!!!!!!!!!!!!!!!!!
Cambadelis!!!!!!!!!!!!!!!!! un comportement de mange merde. avec des rigolos de ce genre on voit bien que ce qui les intéresse est de garder le pouvoir pas pour servir les francais mais pour faire joujou et snober les copains en vivant luxueusement. pas étonnant que nous ayons 7 millions de chomeurs et 2200 milliards de dette!!!!!!!!!!!!!!! pauvre france et ce n'est halas pas avec Macreux moussa darmanin et les lecheurs de bottes du style solere que cela ira mieux.
vangog
- 27/09/2017 - 00:59
Le mafieux grec narre (pour du fric, toujours!)
la défaite humiliante qu'il a dû encaisser, lorsque Macron-Rothschild lui a refusé la baronnie qu'il lui proposait pour désamorcer sa candidature à la présidence...trop drôle! À propos... Macron est bien un gauchiste (23000 chômeurs par mois et une dette qui explose, et il le dit lui-même!), et ne séduit que quelques benêts à droite...très peu!
Atlante13
- 26/09/2017 - 19:21
Je me réjouis de sa déconfiture,
ce n'était qu'un pauvre type, tricheur et menteur, un vrai parasite malfaisant. ll a fini par trouver sa vrai place, celle des minables.