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Diplômes de CAP / Selon l'INSEE, près de 10% des jeunes diplômés d'un cursus long sont au chômage dans les quatre premières années suivant leur sortie du cursus scolaire
La valeur des diplômes, partie 2

La longue et difficile quête du CDI chez les jeunes diplômés

Publié le 25 février 2014
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Longtemps épargnés par la crise, les jeunes diplômés en souffrent désormais. 11% d'entre eux ne parviennent pas à trouver un emploi stable dans les années suivant la fin de leur cursus scolaire. Ce n'est pourtant pas une fatalité.
Olivier Galland est sociologue et directeur de recherche au CNRS. Il est spécialiste des questions sur la jeunesse.Jessica Gratuze est une stéphanoise de 29 ans. Diplômée en 2007 d’un Master 2 en Management du Tourisme, elle est entrée sur le marché du...
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Olivier Galland est sociologue et directeur de recherche au CNRS. Il est spécialiste des questions sur la jeunesse.Jessica Gratuze est une stéphanoise de 29 ans. Diplômée en 2007 d’un Master 2 en Management du Tourisme, elle est entrée sur le marché du...
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Longtemps épargnés par la crise, les jeunes diplômés en souffrent désormais. 11% d'entre eux ne parviennent pas à trouver un emploi stable dans les années suivant la fin de leur cursus scolaire. Ce n'est pourtant pas une fatalité.
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Atlantico : Les jeunes ont été particulièrement touchés par la crise de 2008-2009. Selon l'INSEE, près de 10% des jeunes diplômés d'un cursus long sont au chômage dans les quatre premières années suivant leur sortie du cursus scolaire, ce chiffre montant à 11% pour les études supérieures courtes. Comment expliquer ce chiffre relativement élevé ? 

Olivier Galland : On ne peut pas parler de jeunes diplômés en général. En effet, il y a une grande hétérogénéité parmi les diplômés. D’abord, ce qu’il faut dire en préambule, est que le diplôme reste un atout considérable par rapport au chômage. Il vaut mieux être diplômé que non diplômé quand on est au chômage. Ce que montrent les différentes études du CEREQ est que l'avantage du diplôme s'est accru. La situation des diplômés s’est dégradée avec la crise, c’est évident, mais elle s’est moins dégradée que celle des non-diplômés. Ensuite, il y a une grande hétérogénéité de diplômes. Il y a des filières qui protègent bien contre le chômage et d'autres qui protègent moins bien. Notamment dans les filières de lettres et de sciences sociales, les étudiants rencontrent plus de difficultés à se stabiliser dans l'emploi.

Aujourd’hui, il est rare d’obtenir un CDI immédiatement après ses études. La plupart des jeunes, au sortir de leurs études, connaissent une période de transition plus ou moins longue, qui va être faite de chômage, de CDD, de stages éventuellement. Jusqu’à ce qu’ils accèdent à ce fameux CDI. Il y a donc deux périodes à la suite des études : une période de transition et de tâtonnement et une période de stabilisation. Pour les diplômés du supérieur en moyenne, après 25 ans, 80 % accèdent à ce CDI. 

Comment appréhendez-vous ce chiffre au quotidien ?

Jessica Gratuze : La situation pour les jeunes diplômés est de plus en plus précaire, mais il existe des différences entre les cursus. A compétences égales, l’accès à l’emploi va s’avérer plus facile pour un jeune diplômé d’une "grande école", grâce au prestige de l’école et du diplôme. Ceci est valable pour les diplômés quittant les bancs de l’école mais aussi pour ceux déjà sur le marché du travail.

Un autre élément est à prendre en considération. Après mes études, pendant presque 4 ans, j’ai enchainé les CDD saisonniers. Mon parcours est pour certains recruteurs un frein à l’embauche, car instable. Les recruteurs veulent des gens diplômés et expérimentés. Sans emploi, pas d’expérience.

Les diplômes sont en quelque sorte "dévalorisés" par le marché du travail que ce soit au niveau des compétences mais aussi du salaire. Cette situation est d’autant plus catastrophique qu’elle pousse les jeunes à quitter la France pour l’étranger, où ils seront reconnus à leur juste valeur.

Les chiffres du chômage mettent principalement en exergue la situation relative aux jeunes et aux seniors. Les jeunes, trentenaires, diplômés, compétents, et sans emploi sont-ils les "oubliés" du chômage ? En quoi ? Comment ressentez-vous cette mise à l'écart ?

Jessica Gratuze : Bien sûr, ce sont les grands oubliés du chômage. Cette catégorie de "chômeurs" n'est jamais évoquée par le gouvernement ou par les médias. Des jeunes comme moi, diplômés d'un DUT, puis d'une licence, puis d'un master 2 se retrouvent eux aussi sans emploi et de longue durée. Rien n’est fait pour nous. De qui parle-t’on quand on parle de chômage ? Des jeunes sans diplômes et des séniors.

Deux mesures me viennent à l’esprit pour illustrer ces propos. D'abord, les emplois d’avenir (selon cette source) qui concernent les jeunes de 16 à 25 ans (jusqu’à 30 ans pour les jeunes reconnus travailleurs handicapés), sans diplôme ou titulaires d'un CAP/BEP, en recherche d'emploi. A titre exceptionnel, sont concernés aussi jusqu’au niveau bac+3, les jeunes sans emploi résidant dans une zone urbaine sensible (ZUS), une zone de revitalisation rurale (ZRR) ou outre-mer. Ensuite, les contrats de génération (selon cette source) qui concernent des salariés jeunes et seniors des entreprises de 300 salariés et plus, soit 800 000 jeunes de moins de 26 ans et 400 000 seniors de 57 ans et plus.

N'est-ce pas justifié par le fait que ces jeunes diplômés sont les plus susceptibles de trouver rapidement du travail ?

Olivier Galland : La raison est objective. Effectivement, les seniors et les jeunes diplômés ont des taux de chômage plus élevés. Maintenant, c'est sûr qu'avec la crise très profonde qu'on connaît depuis 2008, les diplômés eux aussi ont été impactés par cette crise, ont connu une période plus longue avant de trouver un emploi, ont touché un salaire d’embauche revu à la baisse, etc. Ils ont donc, bien sûr, été impactés par la crise mais de façon moins violente que les non-diplômés et les faiblement diplômés.

Postuler, surtout en Ile-de-France, avec un trou de plusieurs années sur son CV est-il une tare ? Comment se manifestent les difficultés ?

Jessica Gratuze : Il est très compliqué de justifier un trou dans un CV. Un jour, un recruteur me contacte pour me proposer un poste sans que je n’ai postulé. La conversation commence et elle me dit " je dois vous dire que de toute façon, un trou dans un CV, dans l’hôtellerie à Paris est très mal vu.  Dans ma société, on ne comprend pas ça". Je souhaite à cette personne de conserver son emploi et de ne pas se retrouver au chômage. Je suis encore sans emploi, parce que je n’ai pas trouvé le poste qui me correspond. Je refuse de perdre espoir et de devoir prendre un job alimentaire. Je veux y croire encore. Mais il va falloir être réaliste…

Que doivent faire ces jeunes diplômés pour "se vendre" efficacement sur le marché du travail après plusieurs années de chômage ? Leur est-il conseillé de partir à l’étranger ?

Olivier Galland : La proportion de ceux qui ont connu plusieurs années de chômage après leurs études ne représentent pas la situation moyenne des jeunes diplômés du supérieur. La situation moyenne est plutôt d’avoir un certain nombre de CDD qui s’enchaînent et qui finissent par déboucher sur une stabilisation.

Si on se concentre sur ceux qui ont un trou dans leurs CV, il faut reconnaître qu’ils ont un profil de formation qui n'est pas adapté au marché du travail : formations trop généralistes et très peu professionnalisantes. Ils ne correspondent pas aux profils recherchés par les entreprises. On peut peut-être leur conseiller de se reconvertir et d’essayer de se former dans d'autres spécialités plus professionnalisantes.

S'ils ont un mauvais profil de formation, ce n'est pas forcément en tant que tel un départ à l'étranger qui va améliorer leur situation. Sauf s'ils sont prêts à se déclasser professionnellement et à occuper des emplois qui ne sont pas en rapport avec leurs niveaux d'études.

Pour autant, si les filières peu professionnalisantes comme les filières littéraires ou de sciences sociales peuvent être appréciées par les entreprises si elles sont de bonnes qualités. Mais il faut qu’elles se professionnalisent. Les étudiants littéraires, par exemple, au sortir de leurs études, auront donc plus de chances de ne plus être chômeurs.

Les réseaux sociaux, les sites spécialisés, les formations prises en charge par Pôle emploi et par l'Apec sont-ils autant de solutions fiables et durables ?

Jessica Gratuze : Je crois beaucoup plus dans les réseaux sociaux, comme Viadeo ou LinkedIn qu’en Pôle Emploi. Je ne jette pas la pierre aux conseillers qui ont chaque jour de plus de plus de chômeurs dans leur portefeuille. Le problème aujourd’hui est qu’il n’y a pas d’offre, vous retrouvez les mêmes offres sur tous les sites jour après jour, seule la date est actualisée. Sans compter sur les entreprises qui postent des offres pour se constituer un vivier. D’après ce que je constate autour de moi, la solution qui fonctionne le mieux à l’heure actuelle est l’utilisation de son réseau personnel.

Propos recueillis Marianne Murat

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Ory-Nick
- 26/02/2014 - 12:03
@Satan
Allons, allons ! Un fonctionnaire a une sécurité de l'emploi que n'aura JAMAIS un salarié du privé sous CDI.
Le fonctionnaire n'a aucune obligation de résultats. Il n'y a qu'à voir la façon dont son traité les bénéficiaires.
Ory-Nick
- 26/02/2014 - 11:57
@G6K
Un des gros problème est ce besoin bien français de se doter de moutles diplomes... En oubliant que de nombreuses entreprises permettent de bonnes perspectives d'avenir...
Beaucoup de jeunes sont surdiplomé !
La preuve ? Je ne sais pas si s'en est une, mais tout mes camarades de BTS qui se sont lancé vers des études plus hautes sont en inactivité la plus totale.
Pourquoi ? Principale raison : ils sont surdiplomés.
Autre raison ? Ils se sont trop spécialisé, ou dans un domaine qui n'est pas porteur.
Rien que c'est deux points peuvent disqualifier beaucoup de prétendants...
Quand je pense que les profs m'ont poussé vers un master.. franchement, j'ai bien fais de suivre mon propre avis.
Satan
- 25/02/2014 - 20:54
ça critique les fonctionnaires mais ça veut du CDI
quelle belle bande de bouffons ces Français!