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Des militants de la Manif pour tous.
Histoire, histoires...

Si la Manif pour Tous signe le retour aux "années 1930" où est donc la grande manif anti-fasciste de gauche ?

Publié le 05 février 2014
L’Histoire se répète toujours deux fois. La première sous forme de tragédie, la seconde sous forme de farce.
Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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L’Histoire se répète toujours deux fois. La première sous forme de tragédie, la seconde sous forme de farce.

Le 6 février 1934, des milliers de manifestants de droite et d’extrême droite se ruèrent à l’assaut de la Chambre des députés. Ils avaient été mobilisés par des associations d’anciens combattants et des ligues nationalistes et fascisantes comme les Camelots du roi ou les Croix-de-feu. Il y eut des morts. Le choc fut terrible et précipita l’union des gauches, SFIO, PC, Parti radical, syndicats. Quelques jours après le 6 février une grève générale de protestation paralysa le pays et une immense manifestation antifasciste se déroula dans les rues de Paris. Tel fut le prélude de la victoire du Front populaire en 1936.

Depuis plusieurs jours on nous joue le remake de ces années-là. Des remakes il y en a parfois de réussis. Celui-ci est raté, lamentable et contre-productif. Il ne se passe pas de jours sans que tel ou tel dirigeant du PS ou tel ou tel membre du gouvernement n’évoquent avec des trémolos anxieux dans la voix le retour des années 1930. Le fascisme est à nos portes, répètent-ils tous, avec quelques nuances sémantiques selon le degré d’intelligence des locuteurs.

Même Manuel Valls, le plus lucide de tous, le plus avisé de tous, le plus compétent de tous, s’y est mis la veille de la grande manifestation d’hier. Ce n’est plus comme naguère chez le médecin : « Dites 33, dites 33… » C’est : « Dites 30, dites 30… » Ainsi, et pour les besoins d’une bataille qui n’aura sans doute pas lieu et qui – si par hypothèse elle avait lieu – serait perdue d’avance, on mélange volontairement tout. Les excités du Printemps français à l’origine du Jour de colère, les frénétiques du GUD et de l’œuvre française. Les haineux antijuifs de Dieudonné. Et l’immense foule de ceux qui ont défilé hier à Paris dans le calme et dans une atmosphère plutôt bon enfant. En majorité des catholiques bon teint et bon ton. Les assimiler aux fascistes de 1934 est au mieux une bêtise au pire un mensonge.

La méthode Coué a quand même ses limites. Ce n’est pas parce qu’on répète une ânerie qu’elle devient une pensée lumineuse. Mais, dira-t-on, c’est de bonne guerre. Tous les partis politiques – et le PS n’y fait pas exception – cherchent régulièrement à disqualifier et à diaboliser leurs adversaires. Le problème est que quand on agite la menace du fascisme et le souvenir du 6 février 1934 on s’engage nécessairement à préparer une riposte de taille. C’est-à-dire une immense manifestation antifasciste.

« Il faut que la gauche se réveille », a déclaré Manuel Valls dans Le Journal du dimanche. Ah bon, elle dort ? Mais non, monsieur le ministre de l'Intérieur, elle est tout simplement dans le coma. La gauche fut et n’est plus. Enfin, la gauche qui au-delà de ses différences et de ses divergences avait un socle de valeurs communes. En un mot un âme. Elle a fait des erreurs, formulé des diagnostics erronés, s’est maintes fois trompée.

Mais ce n’est pas parce qu’elle avait tort que ceux qui la combattaient avaient raison. Cette gauche-là n’est plus. Et en tout cas elle n’est plus représentée. Si la gauche, c’est Harlem Désir et son parti autant l'accompagner le plus rapidement au cimetière. Si la gauche, c’est un gueulard nommé Melenchon, des écologistes tordus et arrivistes, des Osons le féminisme, des LGBT, des syndicats en soins palliatifs, alors il est évident qu’il y a usurpation d’identité. Si Hollande prétend être l’héritier de Jaurès, de Blum, de Mendès France et de Mitterrand, alors là il y a pire : une captation d’héritage.

Donc ceux qui commencent à réclamer une grande manifestation antifasciste se trompent et trompent eux-mêmes. Le retour de manivelle risque pour eux d’être dévastateur. Il y aura peut-être une manifestation de gauche. Mais elle ne sera ni grande ni massive. Car qui voudrait encore défiler dans un cortège ouvert par un président en scooter ?

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

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zelectron
- 05/02/2014 - 18:40
socialo-fascisme évident
que dit-on faire quand la gauche est fasciste ?
Laurent de Angelis
- 05/02/2014 - 18:12
LE (VERITABLE) FASCISME: 1918-1945
Le fonds de commerce idéologique de la gauche – qui a échoué partout dans le monde et dans tous les domaines - est aujourd’hui tellement exsangue, que tout ce qu’il leur reste, c’est d’essayer d’agiter le chiffon (noir) d’une menace fasciste imaginaire.
Monsieur Valls s’essaye à cet exercice, avec un certain talent, il faut le reconnaître.

L’ennui c’est que Mr Valls se trompe d’époque. Le Fascisme est né en 1918 et il est mort en 1945. Si il existe aujourd’hui des groupuscules fascisants, ce sont toujours les mêmes depuis 50 ans et ils sont bien trop peu nombreux pour constituer une menace. Car l’histoire ne repasse jamais les plats.

Alors, de grâce, cessons de se laisser “gonfler” avec ces slogans ridicules de la “république en danger”. Nous ne sommes ni en 1793, ni le 6 Février 1934, ni aux accords de Munich !
Parigott4
- 05/02/2014 - 17:08
Ce serait plutôt le contraire...
C'est plutôt la gauche et de son utilisation politicienne de la police qui fleure bon le passé soviétique...